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Le Parthénon ─ en grec ancien Παρθενών Parthenốn,
proprement « appartement de la vierge (παρθένος parthénos) », c'est-à-dire « d'Athéna » ─ est probablement le plus connu des temples grecs. Il est aussi généralement considéré comme le plus achevé au point de vue architectural.
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Symbole de l'Acropole d'Athènes, il était dédié à la déesse Athéna. Après l'évangélisation de la Grèce, il a été transformé en église au VIe siècle de notre ère puis en mosquée en 1460, ce qui l'a conservé presque intact jusqu'au XVIIe siècle.
Il a été en partie détruit lors d'une attaque turque et pillé par des archéologues au XIXe siècle. C'est ainsi que sa célèbre frise se trouve aujourd'hui à Londres, au British Museum.
La Grèce demande ─ jusqu'à présent en vain ─ sa restitution à la Grande-Bretagne.
D'abord simplement nommé « Grand temple » voire « le temple » sous Périclès, il devient Parthénon au IVe siècle avant notre ère. Son nom, lié à Athéna Parthénos, « Athéna la vierge », indique bien sa fonction : celle d'abriter la statue de la déesse sous son aspect de protectrice des vierges. On y a aussi placé les trésors d'Athènes et de Délos du temps de l'hégémonie athénienne.
Il a fallu quinze ans pour bâtir le temple (de -447 à -432), qui a demandé le travail de centaines d'artisans / artistes (les deux notions ne sont pas clairement séparées chez les Grecs de l'Antiquité (cf. Art grec). Phidias en a conçu les plans et la décoration, sous la direction de l'architecte Ictinos et de l'entrepreneur Callicratès.
Le Parthénon a été bâti sur l'espace laissé vide par les pillages et les incendies du sac d'Athènes par les Perses. Le financement du projet, comme pour le reste des constructions de l'Acropole, s'est fait en utilisant (ou détournant) les ressources de la ligue de Délos. Le Parthénon, avec la statue d'Athéna et les Propylées, a coûté 2000 talents, somme colossale. Plutarque rapporte dans sa Vie de Périclès (14, 1-2) que celui-ci proposa de prendre à sa charge les dépenses, pourvu qu'on inscrivît son nom sur le monument. L'anecdote est douteuse, mais témoigne des résistances rencontrées à l'époque face à ce projet pharaonique.
Le Parthénon mesure 70 mètres sur 31, des dimensions somme toute modestes face aux gigantisme des grands temples précédents, comme l'Héraion de Samos ou l'Artémision d'Éphèse, qui font tous plus de 100m. Il est en marbre du Pentélique.
C'est un temple dorique périptère (entouré d'une colonnade ─ ou portique ─ extérieure au mur d'enceinte) octostyle (à huit colonnes en façade). Bâti selon un plan rigoureux, il compte deux fois plus de colonnes en longueur, soient 17 (8 × 2 + 1 pour l'angle) × 2 pour les longueurs et 8 × 2 - 4 (colonnes d'angles) pour les façades, pour un total de 46 colonnes.
Il est assez atypique pour l'époque, qui connaissait majoritairement des temples hexastyles. Roland Martin, dans le volume consacré à la Grèce antique de la collection L'Univers des formes, parle du « moins classique des temples grecs ».
Un sytème de correction optique très précis permet de donner l'illusion d'une verticalité et d'une horizontalité parfaite alors que les stylobates et les architraves sont incurvés. De plus, les colonnes ne sont pas parallèles mais sont inclinées vers un point de fuite situé en hauteur (ce qui se voit d'autant plus que la colonne est loin du centre du temple). Enfin, les colonnes elles-mêmes sont modifées pour ces raisons optiques : les colonnes d'angles sont plus épaisses (car, se détachant sur le vide, elles sembleraient sinon trop minces) et elles sont, ce qui est très courant, légèrement renflées au ⅓ de la hauteur (l'œil ayant tendance à voir à cet endroit un étranglement).
Outre le coté esthétique, ces corrections ont aussi, plus prosaïquement, des avantages techniques : elles facilitent l'écoulement des eaux par la courbure du sol, et renforcent la structure de l'ensemble par l'élargissement des colonnes d'angle.
Le temple se compose de quatre pièces. Dans l'ordre, depuis l'entrée jusqu'au fond :
À l'instar des autres temples grecs, le Parthénon était richement décoré et polychrome. Les siècles passant, il ne reste plus grand-chose de sa splendeur outre la blancheur nue du marbre, qui aurait étonné les Grecs, et la frise, maintenant au British Museum.
Elle est a été perdue (il en reste cependant des copies) mais les descriptions parlent d'une statue chryséléphantine (d'or et d'ivoire) de douze mètres de hauteur composée d'une carcasse de bois sur laquelle étaient posées des plaques d'ivoire. Ce matériau étant fragile et pouvant se dessécher, on l'entretenait au moyen d'une eau huilée qu'on gardait à disposition dans un bassin. La couche d'huile laissait une pellicule protectrice empêchant l'évaporation et donnant un lustre à l'ivoire.
Athéna était en armes, portant casque et bouclier. Sur ce dernier était représenté le combat contre les Amazones. Or, Périclès et Phidias y auraient été inclus comme personnages, ce qui, pour l'époque, était scandaleux, l'art religieux devant rester anonyme et ne pas glorifier l'auteur.
Ordre dorique oblige, la frise extérieure est faite de triglyphes (trois bandes verticales) alternant avec des métopes (parties plates) sur lesquelles sont sculptées des scènes traditionnelles :
La colonnade possède sa propre frise intérieure, d'ordre ionique cette fois-ci, donc en continu. C'est celle-ci qu'on nomme généralement « frise du Parthénon » ou « Frise des Panathénées » car c'est en effet ce qu'elle représente (une grande Panathénée, fête de la naissance d'Athéna). De structure complexe, mesurant 160 mètre de long, comprenant 360 personnages, elle représente une procession comprenant hommes, héros éponymes des tribus grecques, dieux, chevaux d'une cavalcade, de divers objets cultuels. De nombreux chars pour les apobatai (pluriel d'ἀποϐάτης apobátês) sont aussi présents. Ce sont des guerriers en arme sautant en marche des chars pour y remonter après avoir couru à côté ; ces athlètes participaient à un concours et le meilleur d'entre eux recevait comme prix une amphore d'huile tirée des oliviers sacrés. Il est possible que cet exercice d'essence religieuse provienne du fait qu'Érichthonios passait pour l'inventeur du char.
Parmi les mortels se trouvent peut-être ─ les exégètes ne s'accordent pas ─ les ergastinai ἐργαστῖναι, femmes chargées de tisser le péplos dont on habillait une statue de bois d'olivier d'Athéna Polias (Πολιάς, « protectrice de la cité », gardée dans l'Érechthéion) pendant les Panathénées. Il est notable que des mortelles soient représentées : en effet c'est une des rares cérémonies auxquelles elles étaient conviées.
La frise n'a, comme les autres formes d'art religieux pour les Grecs, aucune valeur esthétique en soi : c'est une représentation. De plus, elle était trop haut placée pour être admirée. C'est cependant, pour un public moderne, l'une des frises grecques les plus achevées. De plus, bien que parfois d'interprétation délicate, elle renseigne sur la vie quotidienne et dépeint des scènes de la procession avec luxe de détails.
Le temple possède deux frontons triangulaires sculptés. L'un représente Athéna, l'autre la querelle entre Athéna et Poséidon pour l'attribution de l'Attique (voir aussi à Athènes).


