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Paul Bley

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Pianiste et compositeur canadien (Montréal, 10-11-1932). Etudes de violon à cinq ans; à huit, il se tourne vers le piano, et obtient à onze ans son diplôme au McGill Conservatory. II dirige ensuite l'orchestre de son lycée, monte un quartette (1945), joue régulièrement à Montréal. Fervent admirateur d'Oscar Peterson, il lui succède dans les clubs après son départ pour les États-Unis, le remplacent auprès de sa rythmique (1949). II part lui-même en 1950 à New York, s'inscrit à la Juilliard School (composition et direction d'orchestre). Premier disque en 1953: il y est soutenu par Charles Mingus et Art Blakey. 1955-1958 : il séjourne principalement en Californie, y joue avec Chet Baker, forme un trio (avec Charlie Haden et Billy Higgins) qui, en 1958, s'adjoint Ornette Coleman et Don Cherry; il y sollicitera également le bassiste Scott LaFaro. New York, 1959: Bley devient membre de l'orchestre de Mingus; 1960: il enregistre sous sa direction pour Candid en compagnie d'Eric Dolphy; participe à la séance « Jazz in the Space Age »' de George Russell y dialoguant avec Bill Evans; Il rejoint ensuite, en compagnie de Steve Swallow, Jimmy Giuffre pour une expérience décisive en trio (1961-1962). II croise Gary Peacock dans un autre trio avant-gardiste. celui de Don Ellis (1962), puis travaille avec Sonny Rollins (1963-1964) qu'il assiste dans son historique invitation de Coleman Hawkins ("Sonny meets Hawk"). 1964 voit sa séparation d'avec Carla Bley, épousée en 1957 (elle reste toujours son compositeur de prédilection), mais aussi sa collaboration à la fondation de la Jazz Composers' Guild de Bill Dixon (il est l'un des rares Blancs de cette coopérative de jeunes musiciens libertaires et se trouve impliqué, aux côtés de Cecil Taylor, Dixon, Archie Shepp etc., dans la révolution d'octobre de 1964 mouvement-manifeste du free jazz). En 1968, Bley commence de s'intéresser aux synthétiseurs, s'y consacrant essentiellement de 1969 à 1972 (époque du « Synthetiser Show » conçu avec la pianiste-chanteuse Annette Peacock) et délaissant ainsi pour un temps la formule du trio acoustique piano-basse-batterie qu'il a toujours affectionnée et qu'il aura portée à un point d'originalité flagrant depuis 1962 (avec les bassistes Steve Swallow, Gary Peacock, Mark Levinson, Kent Carter, Niels-Henning Ørsted Pedersen Dave Holland, Jesper Lundgaard, Ron McClure, Bob Cranshaw, Charlie Haden, Marc Johnson; les batteurs Pete LaRoca, Paul Motian, Barry Altschul, Billy Elgart, Billy Hart, Keith Copeland, Jeff Williams.). Son activité va s'organiser, après son moindre intérêt pour la lutherie électronique, prioritairement autour du solo, dont il devient l'un des tout premiers spécialistes au piano, et à nouveau du trio (mais bien plus fréquemment en studio qu'en concert). En 1974, if fonde sa propre compagnie de disques, IAI (Improvising Artists Incorporated). Dans la seconde moitié des années 80, il retrouve, pour des duos marquants, Chet Baker ("Diane" 1985), Paul Motian ("Notes « ', 1987) et Gary Peacock ( »Partners", 1989), joue en quartette avec John Surman, Bill Frisell et Paul Motian, répond, comme Giuffre et Swallow, au souhait du producteur Jean-Jacques Pussiau que se reforme le Jimmy Giuffre 3 de 1961-1962 ("The life of a Trio: Saturday & Sunday", 1989) qui va recommencer d'enregistrer, de tourner et va voir enfin paraître d'exceptionnelles bandes « live » ("Emphasis, Stuttgart 1961", « Flight, Bremen 1961 »). Au début des années 90, Bley salue ses deux musiciennes de cœur: Annette Peacock, en trio avec le trompetiste-bugliste Franz Koglmann et Gary Peacock ("Annette", 1992), et, encore et toujours, Carla Bley (en trio: « Paul plays Carla », 1991 en solo; « Homage to Carla », 1992), il donne également un album « modulaire » à Hat Hut ("12 (+6) « In a row »: solos, duos et trios avec Koglmann et le clarinettiste-saxophoniste Hans Koch, 1990) et, à ECM, deux disques en compagnie de Surman, Peacock et Tony Oxley (1991).. Jamais d'orages dans la musique de Paul Bley: elle est au comble de l'intériorise, allusive et toujours soucieuse avide de remises en cause et d'ouverture, ainsi que le laisse entendre la part qu'elle ménage aux interruptions du phrasé, au silence, où elle reprend leçon de sa loi d'implosion. Mais elle est aussi chant, sans contradiction avec sa retenue, glissant des plages solitaires d'un piano très vocalisé, aimanté par le trait mélodique, cellules rythmées par la physique du souffle, à des échanges ou contrebasse et batterie sont conviées à tenir, au plan de leurs interventions, le même niveau d'intensité de parole, comme en prise à une circulation lyrique qui s'électriserait par la déliaison posée en principe, la mise en espace des diverses voix dans la suspension et la concentration, l'évidement de chacune. Paul Bley peut être tenu, au même titre que Bill Evans, pour l'inventeur du trio de piano moderne: privilégiant, dans cette structure, le trilogue, l'entrelacs des affects à l'idée d'accompagnement Mais son inclination à déborder le cadre harmonique autorise ses groupes à une souplesse accrue, à une insaisissabilité véritable des lignes et de leurs passages dont ses propres solos sont, littéralement, la quintessence.. . "Introducing Paul Bley (1953); Chromatic universe (Russel, 1960); avec Jimmy Giuffre: Trudgin' (1961), Ictus (1961), Emphasis (1961), Sensing (1989), Angel eyes (Don Ellis, 1962); Syndrome (1963), Ida Lupino (1965), Butterflies (1967), Open, to love (1972), « Tears » (1983), avec Chet Baker: If I should loose you(1985), avec Gary Peacock: Again anew (1989); I can't get started (1985), Triste (1987), « Solo Piano » (1988), « Memoirs » (avec Charlie Haden et Paul Motian, 1991), Caravan suite (1992)..



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