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Paul (Louis-Toussaint) Héroult (10 avril 1863-9 mai 1914) était un physicien français.
Né dans un faubourg de Thury-Harcourt appelé Saint-Bénin dans le département français du Calvados. Il est l'inventeur de l'électrolyse de l'aluminium et du four à arc électrique pour l'acier. « Paul Héroult n'avait rien des attributs d'un écolier classique. Il était sensible, turbulent, quelques fois difficile et insolent ; il ne correspondait pas à l'image des hommes de sciences sages et disciplinés. Il aimait les jeux, la compagnie des femmes, les voyages sur terre et en mer; il avait un esprit libre et impulsif. Aucune comparaison avec le scientifique austère s'obstinant sur des mystères. Ses découvertes n'étaient pas le résultat de longues nuits sans sommeil passées dans un laboratoire, ou de démonstrations scientifiques compliquées. Héroult aimait la vie, et n'aurait jamais supporté de telles restrictions. Au contraire, ses inventions apparaissaient soudainement, d'un éclair de génie, souvent pendant une partie mouvementée de billard, son passe-temps favori. » (*)
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Son père (Patrice) et son grand père étaient tanneur. Sa mère, Élise Lepetit Desaunay était la fille du relais de poste d'Harcourt.
A l'age de sept ans pour éviter la guerre de 1970, ses parents l'envoie chez une parente en Angleterre. Il apprend l'anglais. Langue qui lui sera extrêmement utile dans sa vie future. A son retour, il sera mis au pensionnat à Caen. Le responsable de l'établissement à une conception « à la dure » de l'éducation des élèves. Il gardera un dégoût de l'enseignement classique. Son père prend la direction d'une tannerie dans la région parisienne. Paul part en pension dans la ville de Gentilly
Paul Héroult lut le traité d'Henri Sainte-Claire Deville sur l'aluminium (« De l'aluminium, ses propriétés, sa fabrication et ses applications » publié en 1859), lorsqu'il avait 15 ans. À cette époque, l'aluminium était aussi cher que l'argent. Il était utilisé, par exemple, pour des objets de luxe, des bijoux... Héroult voulait le rendre moins cher. Ce qu'il réussit à faire en découvrant le procédé de l'aluminium électrolytique en 1886. Une étrange coïncidence fit que la même année, aux États-Unis, Charles Martin Hall (1863-1914) inventait le même procédé.
Il obtiens son baccalauréat es sciences à l'age de 17 ans. Il est reçu en octobre 1881 à l'école Jean-Baptiste Say en classe préparatoire à Ecole des Mines|l'école des Mines]]. En juillet 1882, il devient élève de l'école des mines (numéro douze sur vingt six). Il a comme professeur de chimie générale Henry le Chatelier. A l'examen d'octobre, Paul Héroult n'est que dix-septième sur vingt. Seules les dix première places sont reçues. Il échoue. Il prétend que son éviction est la conséquence d'un chahut et notamment d'une éponge lancée en direction du directeur des études.
Il part s'engager volontairement au 20e régiment d'artillerie à Poitiers. Il est libéré en 1884.
Son père meurt en 1885. les affaires de la tannerie familiale sont mauvaises.
Plutôt que de s'attaquer directement aux problèmes de la tannerie, il se lance dans une recherche pour la production d'aluminium. En juillet 1885, il réunit une équipe dont certains membres étaient éléves à l'école des mines avec lui : Louis Merle, Jules Faucher, Lucien van Kerguistel, de Dianous de la Perrotine, Longuet. Louis Merle est le fils de Henry Merle qui créa l'usine de production chimique d'aluminium de Salindres (département français du Gard).
A l'issu d'un échec causé par une température trop importante, il a l'idée d'ajouter de la cryolithe pour abaisser la température. Puis, il a l'idée d'ajouter une petite quantité d'oxyde métallique.
Après divers avatars, échecs et avec le soutien financier de sa mère, Il dépose son brevet le 23 avril 1886. Le brevet portant le numéro 175 711 s'intitule : « Procédé électrolytique pour la production de l'aluminium ».
Il exprime sa demande de la manière suivante : « Le procédé que je désire breveter pour la préparation de l'aluminium consiste à décomposer de l'alumine, en dissolution dans un bain de cryolithe en fusion, par le courant électrique aboutissant au bain. L'oxygène se rend à l'anode et brûle avec elle. L'électrode positive, c'est à dire l'anode, est à remplacer après combustion, mais cette combustion empêche la polarisation et assure, par cela même, la constance dans l'énergie et dans l'action du courant électrique. Le bain sert indéfiniment s'il est alimenté d'alumine. »
La même année, le 22 février, Charles Martin Hall fait la même découverte. Il déposera son brevet le 9 juillet 1885.
Il rencontre Alfred Rangod dit Péchiney qui dirige la Compagnie chimique d'Alais et de la Camargue pour trouver un partenaire. La rencontre est un échec. Il échoue également à trouver des capitaux auprès de la banque Rothschild à la suite d'une expertise défavorable d'Adolphe Minet.
Finalement, il trouve des partenaires en Suisse. Ces partenaires (colonel Hubert, société Oerliken et Gustave Naville, société Escher Wyss) fondent la Scheizerische Metallurgische Gesellschaft (Société métallurgique suisse) à Neuhaussen. Paul héroult en est le directeur technique.
En août 1888, il se marie avec son amie d'enfance Berthe Belliot.
Le 12 novembre 1888, la Scheizerische Metallurgische Gesellschaft constitue avec la société allemande Allgemaine Elektritâts (AEG) la société Aluminium Industrie Aktiengesellschaft in Neuhaussen (AIAG) destinée à commercialiser le procédé Héroult.
En 1888, il échouera à démontrer aux États-Unis l'antériorité de son brevet.
En 1888, il est créé en France la Société électrométallurgique française dans laquelle Paul Héroult est impliqué bien qu'il ne possède pas d'action. Il recevra des royalties (65000 Francs plus 1 franc par kilogramme d'aluminium. Elle installe une usine à Froges (département de l'Isère, France).
Les démarrages sont difficiles mais de nombreuses améliorations comme le piquetage permettent d'obtenir les productions prévues.
Le prix de revient de l'aluminium baisse : 15,60 F (1ier semestre 1890, 11,69 F (2ième semestre 1890), 10,95 F (1891).
1892 : Paul Héroult crée avec Gustave Munerel une nouvelle usine d'électrolyse à la Praz dans la vallée de la Maurienne dans les Alpes française (département de Savoie). Le site est choisi à cause des cours d'eau qui permettent de produire de l'électricité.
1895 : La SEMF rachète la Société française de l'aluminine pur qui tente d'exploiter le procédé Bayer pour produire de l'alumine. Il part à l'usine de Gardanne (département des Bouches-du-Rhône, France) pour aider au démarrage. Il rencontrera Karl Josef Bayer à Gardanne qui se montre incapable d'obtenir une production suffisante. Les relations entre les deux hommes sont difficiles. Il fera de nombreuses modifications et améliorera sensiblement la production.
Il perd sa femme qui décède. Il a deux enfants : Paul (4 ans) et Henriette (2 ans).
1898 : il se marie avec Mlle Châteaux qui lui donnera deux filles : Anne-Marie et Élisabeth.
Il commence à s'intéresser à la production de l'acier.
Sa seconde invention la plus importante est le four à arc électrique pour l'acier en 1900. Le four comporte deux électrodes et deux trous de coulée superposés. Il a l'idée de faire jaillir deux étincelles en monophasé et trois étincelle en triphasé entre les électrodes et le bain. Par effet Joule, la température du bain s'élève. Le four Héroult ne peut remplacer les haut-fourneaux. C'est en revanche un excellent outil pour l'affinage de la fonte en acier. Le four Héroult remplacera progressivement tous les autres fours d'affinage pour devenir l'unique type de four utilisé pour cette opération.
En 1905, Paul Héroult fut appelé aux États-Unis, pour être nommé ingénieur de plusieurs compagnies, dont notamment l'United States Steel Corporation (contrat provisoire en octobre 1908 et définitif le 28 avril 1911). Cette dernière étant le plus gros groupe producteur d'acier à cette époque.
A la demande d'Adrien Badin président de l'Aluminium français. Paul Héroult retourne aux États-Unis pour créer la première usine de la Southern aluminium company. Cette société vient d'être créée par Adrien badin afin pour prendre pied en Amérique du Nord. Le site choisi se situe en Caroline du Nord, à coté d'une chute d'eau sur la rivière Yadkin. Le site est une brousse infestée de moustiques et de serpent. Une ville nommée Badinville est créée.
Paul Héroult ne supporte pas le climat. Il travaille avec son fils Paul Héroult junior âgé de 21 ans.
Fin 1912 Sur l'insistance de son fils Paul Héroult malade rentre en France. En 1913, il devient ingénieur conseil.
1913 Il achète un yacht de 35 m, le Samva. Il voyage sur la Méditerranée.
1914 Au printemps, il est atteint de la fièvre typhoïde qui se complique par des troubles hépatiques. Paul Héroult meurt le 9 mai 1914 à l'age de 51 ans.
Paul Héroult est connu pour d'autres inventions parmi lesquelles la conduite auto-portée (inventé en 1896 à l'usine de la Praz) toujours utilisée pour transporter l'eau du haut des montagnes, au-dessus des rivières jusqu'aux usines hydrauliques, évitant ainsi la construction onéreuse de ponts.
Il a travaillé sur des projets d'aéroglisseurs 1904). Il déposera également un brevet expérimental à Chicago sur les prémisses du stratoréacteur. Il s'agissait d'une roue de bicyclette portant des tuyères sur sa jante.
En 1903, il reçoit le titre de docteur honoris causas de l'université d'Aix-la-Chapelle.
En 1904, il est fait chevalier de la légion d'honneur.


