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Pauvreté


C'est du premier sens qu'il est question ici.

Sommaire

définition et mesure

Par défaut, la pauvreté sans précision désigne le manque d'argent, puisque c'est le principal élément de comparaison (pauvreté monétaire). Mais les pauvres (ceux qui vivent dans la pauvreté) cumulent souvent d'autres manques dans leurs conditions de vie qui ne sont plus de quantité mais de qualité : habitat dégradé, travail précaire, alimentation insuffisante, mauvaise santé, peu d'accès à l'eau, à l'éducation, aux services etc.

L'évaluation de la pauvreté est difficile, non seulement en terme de mesure, mais déjà en terme de définition. On utilise deux types de critères :

On peut aussi construire des indicateurs synthétiques qui tiennent compte à la fois de critères absolus et de critères relatifs (notamment pour faire des comparaisons internationales, le même dollar pouvant acheter bien plus de services dans un pays pauvre qu'aux États-Unis d'Amérique). C'est ce qui conduit à définir la notion de seuil de pauvreté, qui est donc différent financièrement dans chaque pays.

Les seuils de pauvreté

Deux définitions principales, voisines, en existent, avec leurs modes de calcul propres :

Est considérée comme pauvre toute personne qui ne parvient pas à satisfaire un certain nombre de besoins jugés fondamentaux (alimentation, habillement, logement, santé...)
Un panier de biens et services considérés comme nécessaires dans le pays considéré est estimé et évalué, et son montant est indexé sur l'évolution des prix.
La pauvreté y est définie par l'exclusion des modes de vie considérés comme minimaux d'une société : sont pauvres les individus, les familles, les groupes de personnes dont les ressources (matérielles, mais aussi culturelles et sociales) sont si faibles qu'ils sont doivent adopter un mode de vie différent de la majorité des habitants de l'État membre dans lequel ils vivent.

Nombre de pauvres

De nombreux organismes tentent d'évaluer le nombre de pauvres, en fonction de leur champ d'action. Très naturellement, les estimations divergeront faute de parler vraiment de la même chose. Par exemple, en 2003, la Banque mondiale définissait comme pauvres les ménages qui disposent de moins de deux dollars par jour, dont extrêmement pauvres ceux qui ont moins d'un dollar par jour. Selon cet indicateur, ce sont respectivement 2,8 dont 1,2 milliard de personnes qui sont concernées (le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation en 2002 est, lui, de 800 millions).

Si on s'intéresse à la situation française, cet indicateur réduit à presque rien le nombre de pauvres. S'il est adapté à une analyse globale, il est donc peu utilisable pour mesurer la situation de ce seul pays. Pour cette raison, on y définit localement comme seuil de pauvreté la moitié du revenu médian (c'est-à-dire la moitié du revenu de la moitié des Français) ; le nombre de pauvres devient en un tel cas plus élevé, quel que soit l'enrichissement général.

IPH-1 et IPH-2

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a créé deux indicateurs synthétiques de pauvreté : l'IPH-1 et l'IPH-2 (indicateur de pauvreté humaine).

Voir l'article Indicateur de pauvreté.

Ces indicateurs permettent de classer les pays ; ainsi, en 2000,

mais tous les pays ne sont pas classés, les statistiques manquent pour certains d'entre eux). Le pays ayant le moins de pauvreté est la Suède.

Voir l'article Classement IPH des pays, 2000.

Note

  1. c'est le dernier des 88 pays classés pour l'IPH-1, t il se trouve bien évidemment derrière les 17 pays classés de l'OCDE

Lutte contre la pauvreté

De tous temps, les sociétés ont cherché à lutter contre cette situation. Ainsi, on retrouve trace au IIIe siècle de distributions de soupe aux pauvres en Asie Mineure.

Cette action empruntera plusieurs canaux, selon les lieux et les époques

De même la forme de l'action est très variable, et parfois même répressive

Enfin, les pauvres aidés varient également

intervention étatique

Depuis le XIXe siècle, certains pays occidentaux ont tenté de remédier à la pauvreté en instituant des garanties de ressources minimales.

Pour les enfants, afin que la situation de leurs parents ne soit pas pour eux un trop lourd handicap :

Pour les adultes, les aides au logement sont apparus massivement au milieu du XXe siècle.

Les aides au revenu sans conditions d'utilisation sont plus récente. l'Allemagne fut l'une des premières à l'établir. En France, le Revenu Minimum d'Insertion (RMI) fait partie de ce filet de sécurité censé empêcher des personnes de tomber dans la pauvreté. Il est à noter que ce fut l'une des rares lois votées par l'Asemblée nationale sans une seule voix s'y opposant.

Au début du XXIe siècle, la mondialisation, la désindustrialisation et la révolution numérique ne permettraient plus, d'après quelques spécialistes, à ces filets de sécurité de jouer leur rôle. Ceux-ci évoquent alors la fin de l'état-providence,

La lutte contre la pauvreté est de plus en plus déléguée par les pouvoirs publics a des associations, ce qui pour certains est considéré comme un désengagement de la mission de solidarité, principe considéré comme essentiel dans la définition des missions de l'État, le recours a des associations permet grace au recour au bénévoles de faire des économies, mais pose de nombreux problèmes éthiques comme les problèmes de confidentialité.

intervention mondiale

La lutte contre la pauvreté fait partie des Objectifs de développement de l'ONU pour le millénaire. C'est devenu une priorité mondiale.

voir le lien externe :[Objectifs de développement pour le millénaire de l'ONU ]

La Banque mondiale a pour mission de lutter contre la pauvreté en finançant des projets pouvant réduire la misère. Certaines organisations non gouvernementales comme Oxfam encouragent le commerce équitable pour que les producteurs puissent vivre dans de meilleurs conditions. D'autres comme ATD Quart Monde, refusent avec les pauvres que la personne humaine soit réduite à ses manques, s'attachent à ce que les personnes, familles et groupes en situation d'extrême pauvreté puissent reconquérir leurs droits, réassumer leurs responsabilités et contribuer à la société par eux-mêmes. Ils sont alors acteurs centraux de la lutte contre la pauvreté.

pauvreté et politique

Les appréciation divergent sur l'évolution de la pauvreté. En général, les interventionistes étatiques ont tendance à la voir gravement croitre (et à préférer les indicateurs relatifs) alors qu'au contraire les libéraux ont tendance à trouver que la pauvreté est plutôt en régression (et à préférer les indicateurs absolus).

De même, le clivage est similaire sur les causes et les remèdes : les uns pensant que la pauvreté résulte d'un manque d'intervention des pouvoirs publics, les autres estimant au contraire que la meilleure façon de lutter contre la pauvreté est de laisser les institutions caritatives et les âmes charitables agir.


Durant la Révolution Française est apparu un moment le « Quatrième Ordre », celui des pauvres journaliers, des Infirmes, des Indigents... à côté des trois « ordres » (Noblesse, Clergé, Tiers État) convoqués aux États généraux.

voir lien externe [Cahiers du Quatrième Ordre ]

En 1987, le Conseil économique et social français publiait un rapport intitulé « Grande pauvreté et précarité économique et sociale ». Il est toujours consultable à l'adresse : http://www.atd-quartmonde.org/intern/fondam/WRES_JO87.pdf (site d'ATD Quart Monde, édité avec l'autorisation du Journal Officiel français).

Le rapporteur, Joseph Wresinski, y avait proposé une définition qui fait le lien entre plusieurs réalités : « La précarité est l'absence d'une ou de plusieurs sécurités, notamment celle de l'emploi, permettant aux personnes et familles d'assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales et de jouir de leurs droits fondamentaux. L'insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande pauvreté, quand elle affecte plusieurs domaines de l'existence, qu'elle devient persistante, qu'elle compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible. » (page 6 du document pdf).

Termes proches : misère, exclusion sociale, sous-prolétariat

Pays

Le terme « pauvreté » s'appliquant à des pays a peu à peu disparu pour faire place à d'autres notions comme « les Pays_les_moins_avancés » plus liées à des questions de développement.

Alors que dans les siècles passés on opposait « pays pauvres » et « pays riches », l'opinion publique a petit à petit pris conscience que la pauvreté et la misère, même si elles étaient réparties différemment selon les pays, les concernait tous.

Même si, dans les enceintes internationales, quand on parle de lutte contre la pauvreté, on continue de regarder vers des pays du Tiers Monde (à cause du nombre de personnes concernées), plusieurs organismes internationaux, comme l'UNICEF ont aussi engagé une réflexion et une action de lutte contre la pauvreté dans les pays occidentaux.

Le cercle vicieux de la pauvreté

La pauvreté résulte généralement de conditions de départ défavorables (mauvais accès à la formation, santé déficiente, ...), et parfois d'accidents (destruction de biens, accident de santé, perte d'emploi, etc.).

Mais cela engendre souvent un cercle vicieux. La pauvreté oblige à se loger à bas prix, donc dans des quartiers ayant mauvaise réputation, où il y a peu de travail et une offre éducative dégradée, une criminalité sinon plus élevée du moins plus violente, une prévention médicale moins active, etc. Les chances de trouver un revenu par le travail sont moindres, la tentation plus forte de faire appel à des sources de revenu illusoires (loteries, paris) ou dangereuses (crime), les risques d'accidents sont plus importants. Ce phénomène touche évidemment les enfants, qui dans un tel contexte commencent leur vie avec un handicap, même si le pire n'est nullement certain pour eux.

Dans les pays en développement, où les ressources sont rares, les conséquences sont encore plus marquées (famines, catastrophes sanitaires,...)

Voir aussi



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