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Pédophilie


60px Attention : cet article est en travaux. Tant que cet avis n'aura pas disparu, veuillez en considérer le plan et le contenu encore incomplets et en préparation, temporaires et sujets à caution.

Si vous souhaitez participer, il est vous est recommandé de consulter sa page de discussion au préalable, où des informations peuvent être données sur l'avancement des travaux.


La pédophilie désigne l'attirance sexuelle hors-norme d'un adulte ou d'un adolescent envers les enfants non pubères. Elle est distincte de la pédérastie qui est un autre concept.

Dans la plupart des sociétés modernes, cette attirance est considérée comme une perversion sexuelle. Certains la classent dans le domaine des maladies mentales, mais cela n'a jamais été clairement établi.

Il est difficile aujourd'hui de trouver une définition précise du terme, tant celui-ci est utilisé de manière floue pour désigner nombre de concepts distincts : attirance sexuelle, relation sexuelle, érotisme et pornographie, abus et viol... L'histoire étymologique du terme est particulièrement chaotique.

La pédophilie est historiquement et durablement présente dans l'ensemble des sociétés et des cultures, bien que niée par quelques gouvernements totalitaires qui la prétendent officiellement inexistante. Elle a souvent constitué un grand tabou social. Depuis une dizaine d'années, elle est devenue un fait de société qui, au tournant de ce XXIe siècle, fait débat et déchaîne les passions dans nos sociétés occidentales. Trouver des références informatives et non polémiques sur le sujet est aujourd'hui difficile, tant le sujet remue certains sentiments violents et peu contrôlés parmis les êtres humains.

Enfin, la relation sexuelle effective entre adulte et enfant, que la pédophilie peut induire suite à un passage à l'acte, est très fortement condamnée dans la plupart des législations du monde, considérée comme un grave délit ou crime, une transgression majeure de la norme sociale désignée sous le terme d'abus sexuel sur mineur. Il en va de même de la pornographie infantile, aujourd'hui très largement condamnée y compris lorsqu'elle est d'imagination (dessins, image virtuelles, parfois même textes).


Sommaire

Définitions

Il convient d'abord de s'entendre sur le sujet, à l'aide de quelques définitions.

Etymologie

Le mot pédophilie est formé sur les radicaux grecs paid-, de «païdos=enfant» et phil-, de «philein=qui aime».

Ce terme est d'usage récent. Il est proche de celui, très ancien, de pédérastie, formé sur le grec paid-, de «païdos=enfant» et erast-, de «erastès=amant, amoureux».

La distinction est subtile : philein signifie aimer au sens d'apprécier, comme dans philantropie (aimer l'humanité), philosophie (aimer la sagesse) ou cinéphilie (aimer le cinéma). erastès par contre contient une dimension amoureuse au sens sexuel. Au strict sens étymologique, on devrait donc pouvoir dire : « De nos jours, un bon professeur est généralement pédophile, mais jamais pédéraste ». L'affirmation est assez choquante pour conclure que l'étymologie ne suffit pas à se mettre d'accord sur le concept.


Evolution sémantique

Si le mot pédérastie existe depuis 2500 ans, le mot pédophilie n'a que 30 ans.

Il a été créé dans les années 1970 par un courant socio-politique post-soixante-huitard, proche de « l'éducation alternative », et qui réfléchissait sur la place de l'enfant dans la société et les relations adultes-enfants. On y trouvait des sociologues, des philosophes, des architectes, des écrivains, des éducateurs, des enseignants, des médecins, qui avaient en commun une curiosité pour les organisations sociales qui mettaient l'enfance au centre de leurs préoccupations.

Malgré une absence de tabous toute scientifique, ce courant intellectuel a voulu se démarquer de la pédérastie, et évacuer la dimension sexuelle des relations adultes-enfants. Il a donc inventé le mot « pédophilie » qui, comme dit dans la définition étymologique, vient du grec paidos=enfant et philein= aimer.


Ce petit cercle intellectuel ne pouvait maintenir longtemps le sens sémantique du mot pédophilie dans sa stricte étymologie. Dès que la langue vernaculaire à adopté ce mot, elle en a fait l'équivalent de « pédérastie », réintroduisant une dimension sexuelle que ses créateurs voulaient justement exclure. L'usage a rapidement adopté ce sens nouveau, qui avait l'avantage de ne plus faire référence à la pédérastie culturelle grecque, et qui faisait plus « moderne ».

Ainsi dévoyé et débarassé du passé, le mot a eu un certains succès dans diverses publications savantes des années 1980, notamment auprès des psychiatres (qui voyaient ressurgir là la « pedophilia erotica » de la classification de Krafft Ebing au XIXe siècle), en particulier dans la communauté scientifique québequoise, qui en a fait grand usage. Il permettait de parler des relations sexuelles adultes-enfants comme d'une perversité médicale contemporaine, coupée de toute antériorité culturelle.

Repassé dans le langage courant par ces publications, les médias s'emparaient du vocable dans les années 1990, pour qualifier de neuf les affaires judiciaires de mœurs entre adultes et enfants. À ce stade de diffusion publique incontrôlable, bien peu savaient ce qu'il signifiait exactement. Les médias utilisèrent largement la déclinaison « pédophile », pour qualifier les prévenus concernés.

Vu la gravité des affaires judiciaires de ces dernières années (Dutroux...), le mot « pédophile » a aujourd'hui pris le sens sémantique courant de « violeur d'enfants », voire d'assassin. Il est largement usité par les médias, dont les titres raccoleurs pratiquent les amalgames les plus vendeurs, certains « crimes pédophiles » contemporains ne concernant même pas des mineurs. Quant à la « pédophilie », la compréhension courante du mot aujourd'hui associe le champ des relations adultes-enfants, et celui de la contrainte sexuelle sur autrui, qu'il s'agisse de sollicitation, de viol ou de meurtre.

Discussion

Loin de leur origine, le mot « pédophilie » -et sa déclinaison « pédophile »- sont aujourd'hui du registre du vocabulaire médiatico-judiciaire, et par extension souvent utilisés par les lobby qui veulent influencer l'opinion publique et les corps constitués, grâce à une charge émotionnelle forte. Cet écho renforce le sens de contrainte sexuelle sur l'enfant, comme concept central usuellement retenu pour définir la pédophilie.

Il est intéressant de noter que contrairement à une idée répandue, la pédophilie n'est nullement condamnée par la loi, le législateur s'étant méfié avec juste raison d'un vocable aussi insaisissable, qui ne figure en fait dans aucun texte de loi.


Il faut bien accepter cependant la situation inconfortable d'un concept assez mal défini pour avancer dans le débat. Certains considèrent la pédophilie comme un penchant sexuel de certains adultes pour les enfants, sans passage à l'acte systématique, et voient d'abord dans la pédophilie un « quelque chose » qui relève de la maladie, de la déviance, de la perversité, en un mot de la psychiatrie, et peut-être du soin. Il existe un discours de la psychiatrie en accord avec cette conception, mais tous les psychiatres ne sont pas d'accord.

D'autres y voient d'abord une menace pour nos sociétés, et souhaitent s'en protéger activement, voire radicalement. Des associations diverses s'y emploient, par une prévention auprès des enfants, voire du « dépistage », du lobbying auprès des législateurs, ce qu'on appelle usuellement « la lutte contre la pédophilie ».

Enfin il existe des personnes qui pensent que le débat est ailleurs, qu'il s'agit de morale de la société au-delà de la pédophilie. Ils contestent un cadre de discussion qu'ils estiment mal fondé, contenant trop de présupposés moraux et sociaux discutables à leur goût, une judiciarisation trop aveugle, et des comportements viscéraux qui excluent la sérénité du débat.

Fondements sociaux du concept en occident

Pour éclairer le débat, on évoquera ici quelques valeurs cardinales de nos sociétés, qui sont fondatrices de la perception qu'elles ont de la pédophilie.

la morale laïque des démocraties

Trois principes qui font consensus dans les démocraties occidentales pour rester policées peuvent être évoqués:

le point de vue du droit

Dans l'étendue des choses qu'il traite en matière de droit des personnes, et pour éclairer le sujet, le droit peut s'analyser en deux notions complémentaires:

Cette analyse dichotomique appelle trois remarques:

le point de vue médical

La médecine contribue au débat en répondant à la question de la maturité biologique par rapport à la sexualité. Elle apporte la notion de puberté, laquelle recouvre l'ensemble des modifications du corps humain qui le rendent apte à la reproduction. Ces modifications sont de l'ordre de l'anatomie (développement des organes et des caractères sexuels), et de la physiologie (existence d'hormones induisant l'appétence pour les activités sexuelles, apparition des règles). L'âge d'apparition et de fin de la puberté est en fait très variable selon les individus, mais il y a consensus pour dire qu'elle commence rarement avant 10 ans, et qu'elle est généralement achevée à 15 ans, avec un âge médian vers 12-13 ans.

le point de vue psychologique

Au-delà de la simple maturité du corps envisagée par la médecine, se pose la question de la maturité psychologique de l'individu. C'est une notion assez vague, où l'on peut ici distinguer deux aspects :

Il n'y a aucun âge qu'on puisse valablement fixer sur cette question, certains restent comme on dit « puceau » au-delà de 25 ans, d'autres franchissent le pas à peine pubères voire même avant.

Ce qu'on peut en tous cas affirmer sur les deux alinéas précédents, c'est qu'ils sont très dépendants de l'éducation et des circonstances de vie de chacun. Il existe des familles unies et sans histoires, au sein desquels les enfants sont protégés et choyés, et qui considèrent l'éducation sexuelle comme un tabou qu'on remet régulièrement à plus tard. Il existe des mineurs à l'abandon, très tôt confrontés à de dures réalités d'adultes, voire à une simple survie dans la solitude, qui deviennent adultes par nécessité avant l'âge ordinaire dans nos sociétés. Entre ces deux tableaux extrêmes, tous les intermédiaires existent, et il n'y a que des cas particuliers.

rapprochements

Les approches explicitées ci-dessus forment l'essentiel des « idées communes » qui participent à la façon dont nos sociétés perçoivent la pédophilie. Certaines fournissent des critères très clairs d'appréciation, et prennent le dessus, d'autres sont difficilement utilisables, et paraissent accessoires.

Elles aboutissent en tous cas, dans une subjectivité confuse qui fait débat, à une sorte de théorème social : l'enfant n'a ni libre arbitre, ni capacité de choix, et doit être protégé. Il n'a rien à faire avec la sexualité, surtout celle des adultes. En cas de relations sexuelles adulte-enfant, il est victime, a subit un dol, a droit à réparation. L'adulte doit être puni, et mis hors d'état de nuire.

Ce sentiment très largement partagé fait de la pédophilie une transgression majeure et intolérable de la norme sociale de nos sociétés, donc une déviation et plus généralement une perversion sexuelle. Mais c'est évidemment dans les nuances que se glissent les tenants d'une autre perception des choses.


Psychiatrie, psychanalyse et pédophilie

psychopathologie de la pédophilie

La pédophilie rassemble en psychiatrie tout ce qui à trait aux relations sexuelles adultes-enfants. Elle peut être hétérosexuelle, homosexuelle, ou mixte. Elle concerne des hommes comme des femmes de tous âges. Elle peut coexister avec une sexualité par ailleurs normale de l'adulte en cause, ou s'associer à une impuissance, une anomalie anatomique. Elle peut s'exercer au sein des familles, souvent dans le cadre de relations incestueuses, ou dans le cadre d'une fréquentation usuelle des enfants, comme l'école, les mouvements de jeunes, -ce que les psychiatres appellent des « structures facilitantes »- mais aussi au hasard des rencontres.

Elle ne fait pas forcément l'objet d'un passage à l'acte, ou pas systématiquement. Le simple désir de relations sexuelles avec un enfant, même frustes, entre dans le cadre de la pédophilie. Elle peut aussi dépasser le cadre de relations purement sexuelles, et s'associer à des vexations, des atteintes à la personne, voire des meurtres. Elle peut être un acte isolé, ou une habitude.


En tous cas, elle se manifeste à la société par un désir ou un acte transgressif qui ne respecte pas la norme. L'adulte qui désire ou commet ce raptus social a en principe conscience de la gravité de son désir ou de son acte, du fossé creusé avec le reste de la société, du renvoi à sa marginalité, son isolement.

La conscience de cette transgression -potentielle ou réelle- est le plus souvent une culpabilité douloureuse, et entraine chez l'adulte des mécanismes de résolution variés sur le mode névrotique.


Le névrosé

Dans le cas du pédophile névrosé, on peut distinguer:

L'abstinence volontaire


L'acte circonstanciel
Parfois le passage à l'acte est circonstanciel, et l'adulte n'a nullement cherché à réunir les conditions de ce passage à l'acte. Il s'est simplement laissé aller, sans avoir spécialement conscience de désirs pédophiles, dérapant devant un enfant séducteur, « pervers polymorphe » comme on sait, et la relation une fois consommée (généralement de simples attouchements dans ces cas-là), l'adulte prend brutalement conscience de ce qu'il vient de commettre. Une tendance préalable à la pédophilie est très probablement en cause.
Certains adultes fourvoyés ainsi accidentellement et échaudés s'en tiendront là, et le silence retombera sur ce qui est probablement le cas le plus banal, le plus répandu et le plus discret de relations pédophiles, dont la publicité ne dépassera pas le cercle familial. D'ailleurs ces relations isolées n'ont pas été mise en évidence comme constitutives de traumatismes psychologiques graves pour l'enfant, elles sont le plus souvent de découverte fortuite ultérieure.


L'acte justifié
L'acte commis, l'adulte peut aussi le nier à sa conscience, souvent par des constructions mentales qui visent à accréditer la thèse d'un désir de l'enfant ou d'un consentement supposé, visant à requalifier l'acte comme normal et naturel ("je n'avais pas conscience de faire du mal"). Ainsi justifié, l'acte pédophile peut se reproduire sans aucune mauvaise conscience, voire avec l'idée (assez fréquente) que cela « fait du bien à l'enfant ».

Le pervers

Il existe par ailleurs des structures de personnalité, notamment perverses (au sens psychiatrique), très différentes des cas ci-dessus. Il s'agit de sujets qui n'intègrent pas les interdits sociaux ou qui les contestent. L'acte pédophile peut être un moyen de transgression sociale, volontaire et délibérée, il est revendiqué. Ces pédophiles ont souvent un discours parfaitement structuré, voire prosélyte, pour justifier leur conduite, présentée comme éducative et saine pour l'enfant. Le pervers pédophile recherche volontairement la relation sexuelle avec un ou des enfants, parfois de façon systématique en passant des uns aux autres au fil du temps ou en entretenant des relations avec plusieurs enfants en même temps.

Le psychopathe

Enfin, en dehors des pédophiles présentant une personnalité névrotique, psychotique ou perverse, il existe aussi des pervers sadiques, capables d'atteintes physiques graves envers les personnes, voire de meurtre. Peu d'entre eux s'attaquent aux enfants, même si les cas de ce genre provoquent une émotion considérable, ils restent en réalité exceptionnels. Les psychiatres les considèrent d'abord comme des psychopathes, auteurs de crimes sexuels (Marc Dutroux), pas comme des pédophiles comparables aux précédents, même quand les enfants sont leurs victimes préférentielles.

remarques

L'acte névrotique justifié, parfois répétitif, et l'acte pervers revendiqué ou systématique, représentent la cohorte principale des cas judiciarisés. En général, il y a plusieurs victimes successives, car l'absence de violences directes sur l'enfant fait longtemps ignorer la situation. De plus, il s'agit souvent de personnes qui organisent leur vie dans des « contextes facilitants » en fréquentant les structures de jeunes, qu'elles soient scolaires, sportives, etc. Les psychiatres s'accordent à reconnaitre que de tels pédophiles usent rarement de violence mais plutôt de séduction, et qu'en tous cas ils ne tuent pas. C'est sans doute là qu'on peut parler de « pédomanie » (mot forgé par les mouvements de lutte contre la pédophilie), c’est-à-dire de consommation compulsive d'enfants, au sens psychiatrique d'une manie.

On a récemment évoqué comme étiologie de la pédophilie le fait que certains sujets ont pu être traumatisés dans leur enfance, en étant eux-mêmes l'objet de raptus pédophiliques. Si cela est souvent évoqué devant les tribunaux comme circonstance atténuante de la responsabilité, le peu d'études actuellement disponibles, souvent controversées, ne permet pas de trancher avec certitude.

Le traitement psychiatrique de la pédophilie

La psychiatrie descriptive, dont Krafft-Ebing est le précurseur, n'apporte aucune réponse à la question. Même si le catalogue encyclopédique des perversions sexuelles, illustrées par des cas cliniques, s'est modifié depuis, la psychiatrie clinique descriptive n'explique pas la pédophilie, et ne prétend à aucune thérapie.

Restent la psychiatrie comportementale et la psychiatrie biologique. Elles proposent des solutions, mais beaucoup de psychiatres restent dubitatifs sur le fondement des méthodes et les résultats. La psychiatrie comportementale propose le reconditionnement, auquel on reproche son côté « Orange mécanique » violant la personne sans limite éthique claire, et la psychiatrie biologique propose la castration chimique, difficile à maitriser même avec l'accord de l'intéressé. Rappelons que la castration chirurgicale, proposée également, est illégale en France.

Dans les deux cas, il y a une sérieuse difficulté pour garantir durablement la « guérison », et surtout prévenir les récidives. Malgré l'arsenal de mesures d'accompagnement thérapeutique que le droit a créé récemment, la pratique carcérale consiste souvent à attendre 55-60 ans avant d'envisager des libérations conditionnelles, en se disant que la chute de la libido est la plus sûre garantie.

Du reste, les experts-psychiatres spécialisés dans ces affaires, souvent contestés par leurs confrères, qui leur reprochent leurs prises de positions sans nuances et dictées par l'institution judiciaire, partagent entre eux cette conviction : « pédophile un jour, pédophile toujours ».

le regard de la psychanalyse

La psychanalyse ne s'embarrasse pas des conventions de société pour discourir sur l'inconscient (Freud déjà avait fait scandale), elle a même tendance à mettre en cause ces conventions sociales dans son discours.

Cela ne manque pas avec le sujet de la pédophilie : le psychanalyste Serge André, dans une conférence princeps fort intéressante sur la pédophilie faite à Lausanne en 1999 (lire l'article ) donne un certain nombre de réponses au sujet de la pédophilie, mais s'interroge longuement sur l'attitude de la société à ce propos, en particulier sur les manifestations monstres qui se sont produites sous le nom de « marches blanches ». On peut en rapprocher le fait, quand on tape « pédophilie » sur un moteur de recherche Internet, de récolter une écrasante majorité de réponses d'associations ou de particuliers qui tiennent des discours enflammés sur le sujet, pour une large minorité de réponse dans le champ de la psychiatrie ou de la psychanalyse.

Bref, pour Serge André, comme pour les autres psychanalystes qui participent au débat (et dont certains appartiennent à l'institution carcérale), ce qui fait problème, c'est plus l'attitude ambigue de la société que la pédophilie elle-même. Il leur semble que l'importance qu'a prise cette question dans la société en fait un des éléments-clefs d'une reconstruction du pacte social contemporain.

Au-delà de ce recadrage -signifiant- du sujet, les psychanalystes s'accordent à considérer les pédophiles comme des pervers essentiellement (au sens psychanalytique), ni névrotiques, ni psychotiques, sans que cela soit pour autant pathologique. Il s'agit pour eux de structure de personnalité, et non de maladie. Ils n'excluent pas les actes pédophiles dans un cadre névrotique ou psychotique, mais la personnalité perverse leur semble par essence coïncider idéalement avec l'analyse qu'ils font des conduites pédophiles. Ils parlent de « perversion pédophile », sans rien y voir de péjoratif.

Si les psychanalystes trouvent compréhensible qu'on réprime l'abus sexuel et qu'on en enferme les auteurs, ils rechignent à apporter leur concours à l'institution judiciaire comme le font les psychiatres, car ils ne sont pas d'accord avec l'approche judiciaire, ni même psychiatrique, de la question.

Ils ne contestent pas, du moins pour les rares qui acceptent de prendre en charge de tels patients, comme Serge André et ses collègues, qu'ils puissent obtenir des résultats « thérapeutiques » intéressants. Mais ils se refusent à toute systématisation de « la pédophilie », qu'ils estiment illusoire, pour ne prendre en compte que l'auteur des faits (ou du désir), personne unique, dont l'histoire personnelle reste à dénouer, entre autres sur ce comportement qui fait problème à la société.

Il s'agit là de l'attitude du courant le plus récent de la psychanalyse, à savoir les lacaniens. Il est impossible de résumer ici l'ensemble des débats engendrés par cette conférence, mais ils sont d'une grande qualité intellectuelle et méritent lecture.

Il y est fait au passage référence à la violence symbolique des contes pour enfants, pain béni de la psychanalyse. Sans évoquer ici (avec malice) la sexualité de Lewis Caroll (« Alice au pays des merveilles »), ou l'incontournable ouvrage de Bruno Bettelheim, « Psychanalyse des contes de fées », on peut quand même citer quelques figures de l'inconscient collectif qui ont à voir avec le sujet : l'archétype de l'Ogre, dont Gilles de Rais, le sadique pédophile, tend la main au « Roi des aulnes », version Michel Tournier, sans oublier « Le joueur de flûte de Hameln » des frères Grimm.


Approche ethnographique de la pédophilie


La pédophilie dans la société

Si les abus sexuels sur mineurs sont longtemps restés méconnus ou sous-estimés dans les sociétés modernes, c'est à cause du silence qui les entouraient. La nouveauté tient au fait que, de nos jours, on écoute les enfants parler des relations sexuelles qui peuvent leur être imposées par les adultes. Longtemps on crut que l'essentiel de ces récits relevaient du fantasme. Ainsi en était il de Freud qui, dans le cas Bertha Pappenheim crut discerner le phantasme quand elle lui parlait de son oncle attoucheur.

La pédophilie et la loi

Dans la majorité des législation la simple attirance sexuelle ainsi que les fantasmes ne sont pas réprimés par la loi, car ils appartiennent au domaine de la pensée et du ressenti personnel.

Par contre, dans la plupart des législations du monde l'acte sexuel entre un adulte et un enfant est illégal et sévèrement réprimé vis à vis de l'adulte, considéré comme seul coupable et responsable. Contrairement aux lois sur l'agression sexuelle d'un adulte, l'absence de consentement de l'enfant n'est pas requis pour que l'infraction soit constitué: la relation sexuelle en elle même est illégale. La séparation entre ces deux formes de traitement de l'infraction sexuelle dans la loi est généralement basée sur une limite d'age, appellée majorité sexuelle, qui diffèrent en fonction des pays et des orientations sexuelles (la relation homosexuelle est souvent autorisée plus tardivement que l'hétérosexuelle).

Il existe également des lois réprimant la simple incitation d'un enfant à un acte sexuel. Par ailleurs, la production, consommation, échange et simple détention de matériel pornographique impliquant des enfants sont souvent interdites. Dans certains pays, cette derniere loi s'applique également pour des œuvres d'imagination (dessins, textes, etc.).

Eut égard à l'émotion importante que causent les affaire d'abus sexuel sur enfants dans la plupart des sociétés, certaines legislations adoptent des lois d'exception parfois extrème pour réprimer avec plus de force les infractions sexuelles concernant des mineurs.


La loi française

Dans la loi Français, le terme de pédophilie n'apparait pas dans les codes et règlement du droit et de la justice: les termes utilisés sont atteinte sexuelle pour une relation avec consentement de l'enfant, agression sexuelle ou viol lorsque le consentement n'est pas reconnu. Il existe également des infractions de corruption de mineur pour l'incitation de mineur à des actes sexuels, ainsi que Exploitation à caractère pornographique de l'image d'un mineur pour les infractions liées à la production ou l'échange d'images représentant des mineurs.

La production, diffusion et détention d'images pornographiques impliquant des mineurs est illégale en France. L'article de loi tel qu'il a été écrit en mai 2002 ne parle pas seulement de photographie, mais de tout type d'image : dessin, peinture, images virtuelles, etc. La jurisprudence a depuis fixé quelques exceptions, afin de protéger certains objets d'art ou historiques : peintures explicites datant de la Grèce antique, œuvres d'art, bandes dessinées, etc. Toutefois la loi reste floue et sujette à interprétation sur ce point, ce qui risque d'attirer des problèmes à certaines professions comme l'édition ou la conservation de musées, et de faire évoluer la jurisprudence.

La loi française applique le principe de majorité sexuelle pour déterminer les limites de l'infraction, qui est de 15 ans pour les relations sexuelles en général et de 18 ans dans le cas particulier où le partenaire est un ascendant légal du mineur (parent, professeur...). L'age limite est également de 18 ans pour la pornographie, avec la spécificité que pour les cas limites (apparence physique d'un mineur) une preuve de la majorité de la personne doit être apportée pour qu'il n'y ai pas délit.

Enfin, plusieurs lois d'exceptions existent pour les crimes ou délits de nature sexuels concernant les enfants: possibilité de poursuivre en France un citoyen Français pour des crimes ou délits sexuels sur mineurs commis à l'étranger (par exemple dans le cadre du tourisme sexuel), levée du secret professionnel en cas de connaissance d'une infraction, inscriptions spécifique dans une fichier d'empruntes génétique sur condamnation ou simple mise en examen, prescription courant à partir de la majorité de la victime, obligation de soins une fois la peine de prison purgée.

D'autres lois d'exception, souvent extrèmes, sont régulièrement proposées par des acteurs sociaux ou politiques au grès de l'émotion causée par l'actualité: annulation de toute prescription, inscription des crimes sexuels comme crimes contre l'humanité, rétablissement de la peine de mort, etc.

Tous les textes législatifs français peuvent être consultés sur ce site , plus particulièrement dans la section Code pénal.


Notons que le viol est un crime, jugé en Cour d'Assises alors que les autres infractions citées sont des délits, jugés en tribunal correctionnel.

La loi suisse

(à compléter...)

La législation a été nettement durcie par une loi d'avril 2002 intégrée dans l'article 197 du code pénal . Désormais le téléchargement sur un disque dur et la copie de clichés illicites, sur divers supports peuvent être assimilés à des cas de fabrication déjà réprimés sous l'ancien droit et s'ils sont obtenus depis un site étranger il constitue également un acte d'importation pouvant être sanctionné. Par contre une simple consultation non conservée ne serait pas directement sanctionnée. Sans compter que les navigateurs (comme Safari) ont désormais une option de ne pas laisser de trace.

Arrêt 6P.117/2004 et 6S.311/2004 du 11 octobre 2004


Réglementation européenne

La pédophilie et la justice

(a remanier, compléter, neutraliser et généraliser...)

La stigmatisation sociale de la pédophilie, et la gravité des peines encourues en justice, en font un puissant moteur de chantage ou d'instrumentalisation dans nos sociétés.

On peut constater une vague d'instrumentalisation judiciaire de la pédophilie par des parents en instance de divorce. Elle permet aussi de « regler des comptes » entre enfants et enseignants (Les Risques du métier), voire entre enfants et adultes. Il y a de jeunes délinquants arrêtés pour de petits délits, qui accusent des adultes de pédophilie ou de recours à la prostitution de mineurs, pour se transformer en victimes.

Beaucoup de ces affaires se dégonflent, après avoir fait la une des journaux, et non sans détruire la vie d'innocents mis en cause (affaire d'Outreau).

Il existe aussi des chantages financiers à la délation de relations pédophiles réelles ou mensongères.

Il a été dit que les pédophiles tueraient les enfants pour échapper à la sévérité de la loi. En conséquence, certains évoquent un adoucissement des peines ou une dépénalisation pour les cas les plus bénins.

En réalité, les pédophiles ne se posent pas la question en ces termes : ou ils ne se la pose pas du tout, ou ils pensent qu'ils ne seront pas pris, comme tous les autres délinquants. La question peut prendre un intérêt particulier en ce qui concerne les récidivistes : ceux-là connaissent la sévérité de la loi, et si parmi eux se retrouvait un taux nettement supérieur d'homicides, la question deviendrait pertinente.

L'instrumentalisation peut aussi être politique : certains ont tenté de compromettre Daniel Cohn Bendit en évoquant son passé soixante-huitard, et la rumeur court toujours avec une instrumentalisation flagrante (voir article ).

La pédophilie dans les médias

(a remanier, limite POV...)

La pédophilie a été et reste encore une remarquable vache à lait des médias. La presse papier, et notamment certains quotidiens peu scrupuleux, ont surexploité certaines affaires, préféré le sensationalisme et la diabolisation à la stricte vérité, réduisant le concept à ce qu'il avait de plus révoltant. Il est faux de prétendre que tous les pédophiles sont des criminels ou des abuseurs, beaucoup de pédophiles ne passent jamais à l'acte. Quand à ceux qui passent à l'acte, la majorité le font en usant de séduction plutôt que de violence ou de contrainte.

Les affaires les plus retentissantes impliquant enlèvement, séquestration, violences ou meurtres, ne sont pas de l'ordre de la pédophilie, mais de la criminalité. Bien que très médiatisées quand elles concernent des enfants, elles restent l'exception. Les médias sont très largement responsables de la confusion qui règne sur les limites exactes de la pédophilie, et les journalistes des journaux télévisés ne sont pas les derniers à faire preuve d'une coupable ignorance de ce dont ils parlent.

La pédophilie dans l'art

Certains artistes évoquent la pédophilie dans leurs œuvres, ce qui provoque souvent des scandales. Des écrivains comme Gabriel Matzneff (les moins de seize ans) ou Tony Duvert (Prix Médicis en 1973 pour Paysages de Fantaisie) ont régulièrement été accusés de faire l'apologie de la pédophilie dans leurs œuvres. « Le bon sexe illustré », écrit par ce dernier, se veut une critique féroce du carcan normatif de l'éducation sexuelle contemporaine. Plus récemment en septembre 2002 la sortie du roman Rose Bonbon de Nicolas Jones-Gorlin a fait polémique suite à la plainte déposée par une association de protection de l'enfance. D'autres auteurs, qui ont fait scandale à leur époque, ont été absous par leur célébrité ou leur décès: par exemple Vladimir Nabokov (Lolita), Roger Peyrefitte ("Les amitiés particulières") ou encore Henry de Montherlant ("La ville dont le prince est un enfant").

Sur le plan de l'image, certains artiste dépeignent la figure de l'enfant sous un jour teinté d'érotisme ou de sensualité: on peut citer en matière de photographie les travaux de Bernard Faucon, Sally Mann ou Mike Tedder.

(à compléter)

Dispositions pour lutter contre l'abus sexuel

Depuis quelque années l'abus sexuel sur mineur, qui peut être une conséquence de la pédophilie, bénéficie d'une attention sociale intensive. De nombreuses associations se sont crée dans le but proclamé de protéger les enfants et de lutter contre l'abus sexuel. L'expression lutte contre la pédophilie est souvent évoquée, bien que pas forcément pertinente du fait que la pédophilie est une attirance sexuelle: l'action sociale peut lutter contre des actes d'abus sexuel, mais seule une approche médicale ou psychologique peut éventuellement travailler à la disparition ou l'évolution d'attirances pédophiles chez un être humain.

Le sujet est traité plus en détail dans l'article abus sexuel sur mineur.

La pédophilie et l'enfant

Rappels sur la sexualité infantile

(a compléter)

Les conséquences psychiques d'une relation sexuelle adulte-enfant

(à compléter)

Les conqéquences physiques et sociales de l'abus sexuel chez un enfant sont traitées plus en détail dans l'article abus sexuel sur mineur.

Le désir sexuel de l'enfant

(à modifier?)

On a vu qu'au-delà de la condamnation morale, la société sanctionne la pédophilie quand elle tombe sous le coup de la loi. Ce critère est déterminant dans l'appréciation de la transgression sociale. À y regarder de près, et quelles que soient les distinctions des différents délits possibles, tout se ramène à une notion de majorité sexuelle, fondatrice des poursuites.

Or ce n'est pas parce que la sexualité est interdite aux mineurs que leurs désirs n'existent pas. Cet angle de vue, même s'il dérange, existe. Beaucoup de mineurs ont des relations sexuelles avant 15 ans, en tous cas suffisamment pour que la question soit pertinente.

On peut penser que ces désirs de mineurs sont de l'ordre d'une sexualité enfantine, très différente de celle de l'adulte. Mais cela n'exclut pas complètement la possibilité que le mineur puisse avoir un désir sexuel pour un majeur, en dehors de ses parents (et du complexe Œdipien), visant à partager une activité sexuelle fondée par un consentement mutuel.

La difficulté morale provient du fait que la réalité de ce désir est -à priori- mise en doute. Non sans raison quand on voit les moyens déployés par les pervers pédophiles.

Comment avoir la garantie qu'un tel désir est sincère et volontaire? Et comment faire pour que la justice écoute le mineur comme une personne qui a une volonté propre, ce qui est contraire à ses fondements?


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