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Pétrole


Le pétrole est une huile minérale. Le mot vient du latin petraoleum « huile de pierre ». On le trouve principalement dans le sous-sol par forage, mais en certains endroits, on le trouve à même le sol où il remonte naturellement.

Sommaire

Utilisations

Les civilisations mésopotamiennes ont très tôt, utilisé le pétrole affleurant à même le sol dans certaines régions du Golfe Persique comme produit cosmétique et comme combustible pour les lampes à huile.

Au Moyen Âge, il a été utilisé par les byzantins sous le nom de « feu grégeois » pour brûler et couler les navires ennemis.

C'est depuis la fin du XIXe siècle et plus encore au début du XXe siècle que le pétrole a pris toute son importance comme combustible en vue de produire de l'énergie puis, dans l'entre-deux-guerres, comme matière première pour la production de multiples matières plastiques.

Ces deux derniers usages du pétrole se sont tellement généralisés au cours du XXe siècle que toute l'économie mondiale repose maintenant sur lui, à tel point que les problèmes d'approvisionnement des pays consommateurs induit un équilibre géo-politique fragile avec les pays producteurs (cf. les sections Économie et Géopolitique).

Composition, chimie, produits du pétrole

Formation

Le pétrole est le résultat de la décomposition d'organismes du carbonifère (micro-organismes, animaux et végétaux), pris au piège dans les sédiments. Il se forme en milieu réducteur (cette condition est généralement liée à la pauvreté du milieu en oxygène), par un ensemble de réactions chimiques complexes dans des conditions de température et de pression élevées.

On parle de produit fossile, comme pour le charbon (résultat d'une transformation différente qui se produit sur des organismes de la même époque), en raison de la durée nécessaire pour la formation des sédiments, de l'ordre de dizaines voire des centaines de millions d’années.

La formation proprement dite du pétrole commence par la formation de la roche dite mère : il s'agit initialement de boues dans lequel les molécules organiques sont présentes. Les boues se solidifient en roches poreuses, pouvant se retrouver à plusieurs centaines de mètres de profondeur (jusqu'à trois kilomètres pour les plus profondes), tandis que les matières organiques se transforment en plusieurs phases en eau, en pétrole et en gaz.

Ces derniers finissent par quitter la roche mère sous la pression du gaz. Si aucune barrière naturelle ne s'oppose à cette migration, le pétrole peut remonter jusqu'à la surface et y affleurer. En revanche, s'il rencontre une couche suffisamment poreuse (comme du sable par exemple), il peut l'imprégner, ce qui en fait une couche de stockage, ou roche réservoir. La condition pour que cette couche conserve le pétrole est qu'elle soit surmontée par une couche imperméable, dite de couverture (argile par exemple).

Ce n'est que lorsque toutes ces conditions sont réunies que l'on obtient un système pétrolier. On obtient alors un gisement exploitable.

Composition

Le pétrole est un mélange d'hydrocarbures. On distingue les différents types de pétrole selon leur densité, leur fluidité et leur teneur en différentes classes d'hydrocarbures. On les distingue aussi parfois selon leur provenance (Golfe Persique, Mer du Nord, Amérique du Sud...).

Quelques noms de pétroles :

Chimie

La densité et la fluidité d'un pétrole sont liées à la présence de molécules organiques longues et complexes. En particulier, de longues chaînes de carbone et d'oxygène et des molécules aromatiques le composent. Les produits tirés du pétrole le sont par deux techniques de raffinage :

Produits du pétrole

Par ordre de légèreté décroissante, les produits pétroliers sont (liste non exhaustive) :

C'est par destructuration et recombinaison des molécules des éléments les plus lourds que l'on obtient certaines matières plastiques.

Voir aussi l'article de fond : Pétrochimie.

Procédés de recherche et d'extraction

Prospection

géologie : composition des terrains, utilisation de la sismographie et des explosions contrôlées, échantillonage par carotage

Forage

Un forage est constitué d'un mât (ou derrick en anglais) servant à soutenir la tige de forage, au bout de laquelle se trouve un trépan. La tige de forage est constituée d'un ensemble de tubes vissés les uns au bout des autres, au fur et à mesure de sa descente au fond du puits. Le trépan découpe la roche au fond du puits, à la tête du forage. Un fluide (mélange à base d'eau et d'argiles) est injecté dans le puits pour contenir les bords du puits et remonter les déblais (cuttings en anglais).

Un forage peut se situer en mer, il se trouve alors sur une plate-forme pétrolière (voir l'article spécifique sur la conception, la construction, l'acheminement, le montage et la mise en exploitation des plate-formes).

Voir aussi :

Exploitation

Économie et marchés financiers

Économie

Le développement des transport motorisés, et notamment de l'automobile, des applications pétrochimiques et de la consommation énergétique en général a démultiplié les besoins mondiaux en pétrole.

Les pays producteurs de pétrole bénéficient ainsi d'une rente de situation, où leurs exportations génèrent des recettes importantes, injectées dans leur économie locale sous forme d'investissements ou redistribuées à leurs ressortissants. La production mondiale de pétrole s'élève à environ 70 millions de barils par jour (en 2003). Les pays de l'OPEP produisent à eux seuls environ 24 millions de barils par jour, soit environ le tiers de la production mondiale de pétrole. Les pays exportateurs nets sont :

Pour les pays consommateurs de pétrole, lorsqu'ils ne le produisent pas eux-même, l'importation de pétrole représente un poste de dépense extérieure très important.

Ainsi, la plupart des pays sont fortement dépendants des cours pétrolier ; si bien que la forte augmentation des cours du pétrole imposée en 1973 par les pays producteurs — à la suite de la création de l'OPEP — a eu des conséquences très marquées sur la santé économique des pays industrialisés et a été le point de départ d'une longue crise économique : ce fut le premier choc pétrolier. Le deuxième choc pétrolier a eu lieu en 1979, lorsque l'OPEP releva encore les prix de vente du pétrole.

C'est pour limiter leur dépendance vis-à-vis de leurs importations de pétrole et donc par rapport aux pays producteurs que beaucoup de pays consommateurs ont cherché par la suite à développer diverses stratégies : réduction de leur consommation en faisant des économies d'énergie, développement de filières de production locale d'énergies alternatives comme le nucléaire, l'énergie hydro-électrique, solaire, géothermique ou encore éolienne.

Le résultat de ces efforts a permis de stabiliser durablement les prix du pétrole, ceux-ci oscillant autour d'un prix d'environ 25 dollars US par baril, jugé idéal par les experts des pays producteurs comme ceux des pays consommateurs. Des fluctuations importantes dans le cours du pétrole apparaissent néanmoins lors des crises internationales que constituent les guerres : le pétrole est un élément central en Géopolitique. Ainsi, lors des conflits dans la région du Golfe Persique, le prix du pétrole a dépassé les 30 dollars US par baril.

Cependant, d'autres tensions peuvent perturber le cours du pétrole : ce sont les contraintes que font peser les pays gros consommateurs, dont notamment les États-Unis d'Amérique, dont les stocks et le raffinage ne parviennent que difficilement à répondre à leur consommation en particulier de ce qu'il y a de plus précieux, l'essence raffinée, qui représente un tiers de la consommation mondiale de ce type de produit (en comparaison, la population des États-Unis d'Amérique ne représente que moins de 5% de la population mondiale). Le nécessaire durcissement des normes antipollution et en particulier de retirer le soufre est rendu plus difficile par la diversité des règlementations des États.

Le résultat de la crainte des opérateurs pour l'approvisionnement de cet énorme marché s'est par exemple fait sentir sur les cours par un prix du baril dépassant ponctuellement les 50 dollars US en octobre 2004, bien que cette hausse des prix soit aussi structurelle en raison de la demande en très forte augmentation du marché chinois dont l'économie est dans une phase de croissance sans précédent.

Quelques chiffres sur la production et la consommation de pétrole dans le monde :

Production Consommation
Total mondial : 3450
Pays Production
Arabie saoudite 427
ex-URSS 393
États-Unis d'Amérique 359
Iran 186
Venezuela 172
Mexique 171
Chine 163
Norvège 158
Irak 127
Royaume-Uni 127
Canada 126
Émirats Arabes Unis 112
Nigeria 103
Koweït 102
Libye 68
Algérie 66
Indonésie 65
Brésil 64
Oman 49
Égypte 39
Angola 37

Chiffres ministère de l'Industrie français
2000, en million de tonnes

Total mondial : 3531
Pays Consommation
États-Unis d'Amérique 881
Japon 266
Chine 215
ex-URSS 187
Allemagne 135
Corée du Sud 100
Inde 94
Mexique 93
France 90
Brésil 89
Italie 89
Canada 86
Royaume-Uni 83
Espagne 64

Chiffres Ministère de l'Industrie français
1999, en million de tonnes


D'après un rapport du ministère français de l'économie et des finances, 90% des gisements mondiaux de pétrole étaient en ??année?? aux mains d'entreprises d'état.

Marchés financiers

Après le choc pétrolier de 1973, les prix du pétrole ont commencé à beaucoup fluctuer. Les producteurs, raffineurs et consommateurs ont ressenti le besoin de se protéger contre cette volatilité, grâce à des instruments financiers.

À cette fin, à New York, le NYMEX (New York Mercantile EXchange) introduit en 1978 les contrats futures sur le fioul domestique (heating oil). En 1980, un groupe d'entreprises des secteurs financiers et de l'énergie fonde à Londres l'IPE (International Petroleum Exchange) et lance, un an plus tard, des contrats futures sur le gazole. Les options sont introduites sur le NYMEX en 1986.

Aujourd'hui, le NYMEX et l'IPE sont les deux plus importants marchés organisés dans le domaine de l'énergie. On peut y échanger des contrats notamment sur le light, sweet crude oil (brut léger contenant peu de soufre), le heating oil, le unleaded gasoline (essence sans plomb) à New York et sur le brent crude (également un brut léger peu soufré, mais produit en Mer du Nord) et le gas oil à Londres.

Ces contrats ont connu un vif succès avec des volumes de transactions en croissance chaque année. En 2003, il s'est échangé plus de 180 millions de barils par jour au travers de contrats futures light, sweet crude oil sur le NYMEX !

Voir aussi bourse de commerce, bourse de valeurs

Géopolitique

Le pétrole, en tant que source majeure d'énergie, fut depuis le XXe siècle un enjeu stratégique important, cause sous-jacente de conflits voire de guerres.

Exemples de conflits visant à contrôler des régions de production :

Perspectives

Une méthode prédictive a été mise au point par le géologue King Hubbert, pour déterminer le moment où la production d'un champ pétrolifère atteint son point culminant. En 1956, il avait ainsi prédit le pic de la production pétrolière des États-Unis d'Amérique pour 1970, et les faits lui ont donné raison. Transposée à d'autres pays, sa méthode a toujours bien fonctionné. Or selon les estimations de l'ASPO, le pic de production au Moyen-Orient sera atteint vers 2010.

Un certain nombre de chercheurs en géologie et d'anciens experts géologues en prospection pétrolière des grandes compagnies productrices se sont regroupés en association, l'ASPO (Association for the Study of Peak Oil), pour dénoncer la surévaluation des stocks estimés des pays producteurs. Les raisons d'une telle surévaluation sont multiples :

La conséquence principale de la surévaluation des stocks est une prise de risque pour l'économie mondiale, qui repose majoritairement sur le pétrole pour ses besoins en énergie, et qui n'anticipe pas la pénurie prévisible à moyen ou court terme : une crise à court terme pourrait déstabiliser à la fois l'économie et la politique sur le globe.

Les détracteurs de cette hypothèse, qu'ils voient comme thèse du complot, rappellent que plusieurs alertes à une prochaine pénurie se sont succédé depuis les années 1950, et que depuis, il n'y a toujours pas eu de tel pic. Néanmoins la réestimation à la baisse des réserves en 2004, ce communiqué effectué la même année et le passage du baril de 40 dollars à près de 50 dollars de juin à septembre 2004 peuvent inciter à approfondir la question. La question n'est de toute façon pas de savoir si l'épuisement aura lieu, mais simplement quand il le fera, et une fourchette de dates comprises entre 2020 et 2030 est généralement avancée par les producteurs (pays, ce qui peut être vu comme un moyen de faire monter les cours, mais aussi sociétés, ce qui fait pourtant baisser leur cote boursière, l'investisseur comprenant alors que la valeur de l'action ne saurait dépasser le cumul des dividendes prévisible jusqu'à cette date de mort annoncée). Le rapide développement industriel de la Chine a tendance à rappprocher les estimations du bas de la fourchette.

Voir aussi


Compagnies pétrolières

Liens externes



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