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Pétrole contre Nourriture est une mesure qui était destinée à être temporaire, et qui visait à satisfaire les
besoins humanitaires du peuple irakien. Ce programme permettait à l'Irak de vendre son
pétrole, et d'acheter en échange de la nourriture, des médicaments et de nombreux services sous la supervision des Nations Unies.
Ce programme a été mis en place pour réduire les souffrances prolongées du peuple irakien dues aux sanctions économiques mises en place par les Nations Unies suite à l'invasion du Koweit par l'Irak en août 1990 (voir Guerre du Koweit, 1990-1991).
Après un refus initial, l'Irak a signé un accord en mai 1996 pour la mise en place du programme proposé dans la résolution. Le programme Pétrole contre Nourriture a réellement commencé en octobre 1997, et les premières livraisons de denrées alimentaires datent de mai 1997.
Les revenus issus des exportations du pétrole sont placés sur un compte spécial géré par le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York.
Mais l'acceptation du moindre contrat est soumise à l'approbation du Conseil de sécurité qui bloquera environt la moitié des contrats. Ce sont les États-Unis et la Grande Bretagne qui seront à l'origine de la quasi-totalité des vetos.
En septembre 1998 Denis Halliday, le coordinateur du programme humanitaire de l'Onu en Irak démissionne pour cette raison.
Début 2000, Hans van Sponeck, son successeur, et Jutta Burghardt, responsable du programme pour l'alimentation mondiale en Irak, démissionnent pour le même motif.
En tout 1,5 millions d'irakiens ont péri par manque de nourriture ou de médicament durant l'embargo international.
Plusieurs enquêtes mettent en cause la régularité des opérations du programme « Pétrole contre nourriture ». Des contrats préférentiels auraient été accordés à des firmes étrangères, qui auraient reversé une commission importante au gouvernement irakien. Des officiels des Nations Unies sont mis en cause, ainsi que des banques et sociétés de nombreux pays dont la Russie, l'Arabie Saoudite et la France. Le General Accounting Office (GAO), une agence officielle américaine, a estimé dans un rapport que le gouvernement de Saddam Hussein avait détourné environ 10 milliards de dollars. Un rapport publié le 6 octobre 2004 par Charles Duelfer, chef des inspecteurs américains en Irak, affirme que les services de Saddam Hussein ont corrompu ou tenté de corrompre des personnalités de nombreux pays, en particulier la France et la Russie.
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/irakmdv49


