| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Phénix est aussi le nom d'un réacteur nucléaire français.
Le phénix ou phœnix (du grec φοῖνιξ) est un oiseau fabuleux, doué de longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s'être consumé sous l'effet de sa propre chaleur. Il symbolise ainsi les cycles de mort et de résurrection. Emblématiquement, le phénix correspond à l'été, au feu et au rouge.
| Sommaire |
Selon Plutarque et Hérodote, il serait d'origine éthiopienne. Le phénix égyptien est appelé bénou. Selon la tradition, il vit sur la pierre benben ou sur le saule sacré d'Héliopolis. Le mythe le plus répandu fait du bénou un oiseau mystérieux, qui n'apparaît aux hommes que tous les 500 ans à Héliopolis à l'occasion de sa mort et de sa résurrection. Il est associé au cycle annuel des crues du Nil.
Pour les Égyptiens, il est donc le « héron pourpré ». Pour les taoïstes, il est « l'oiseau de cinabre » (sulfure rouge de mercure). Dans la symbolique des couleurs, le rouge qui lui est associé évoque, entre autres, « l'œuvre au rouge » des alchimistes. Selon l'Art Royal (une des pratiques de l'alchimie au Moyen Âge), le Suprême Grand Œuvre — ou union des opposés, réintégration de l'homme dans sa pureté originelle — est d'ailleurs appelé « Œuvre du Phénix ». Dans le processus de transmutation, on compte parmi les différences étapes : la purification (œuvre au blanc), la putréfaction ou combustion (œuvre au noir), la solidification (œuvre au rouge) et la combinaison nouvelle (l'or).
On peut lire sur le sujet le poème El Desdichado de Gérard de Nerval et le commentaire de Georges le Breton: La Clé des Chimères : l'Alchimie (cité dans l'anthologie XIXe siècle, éditions Magnard).
On constate que le symbolisme ésotérique confirme l'idée de régénération associée au phénix, l'oiseau pourpre: par l'œuvre au rouge s'opèrent la digestion, le mûrissement, la coagulation au centre de l'athanor (alambic) des alchimistes.
L'oiseau mythique évoque également le feu créateur et destructeur. Comme le Soleil, le Feu symbolise l'action fécondante. En consumant, il purifie et permet la régénérescence. Il est à noter que Lucifer, le « porteur de lumière », précipité dans les flammes de l'enfer, incarne le feu qui ne consume pas et exclut de la régénération. Au contraire, le phénix rejoint le symbolisme du feu des rites initiatiques de mort et de renaissance.
Dans certaines crémations rituelles, le feu est aussi considéré comme véhicule ou messager du monde des vivants vers celui des morts. De même, le phénix porte souvent une étoile qui indique sa nature céleste et la vie dans l'autre monde. Tout le Moyen Âge a vu en lui le symbole de la résurrection du Christ.
Son plumage rouge est à l'origine de son nom : « phénicée » ou pourpre. Il a l'envergure d'un aigle, sa tête est surmontée d'une huppe écarlate, les plumes du cou sont dorées, il a les ailes rouges, la queue entrecroisée de plumes blanches et incarnadines et les yeux étincelants.
Ses mets favoris sont les larmes d'encens provenant du boswellia (plante de la famille des anacordiacées), et les sucs d'amome (ou graine de paradis). L'oiseau puise dans ces graines l'élixir de longue vie.
À l'approche de ses 500 ans, l'oiseau construit un nid bien lisse au sommet d'un palmier ou d'une yeuse (chêne vert). Ce nid est constitué de brindilles parfumées avec de la myrrhe, de la cannelle et du nard. À sa mort, consummé par sa chaleur interne, naît de ses os un ver qui se métamorphose en une nouvelle créature.
Dès son premier vol, l'oiseau incinère les restes paternels ainsi que le nid. Il transporte le tout au temple du soleil, Héliopolis.
Sous l'empereur romain Claude (cinquième empereur) apparaissent simultanément une éclipse de lune, un raz-de-marée et un cyclone qui ont raison du dernier nouveau-né qui retournait à Héliopolis. Son vol se termine sur l'île de Théra (Santorin).
L'empereur empaille l'oiseau et le plaçe dans un temple à Rome. L'effigie du phénix figure sur les monnaies de Trajan et de Constantin. L'animal siège également dans la main gauche des statues de Mercure.
Le phénix (plus souvent écrit phœnix), figure héraldique imaginaire, est un oiseau sur un bûcher en flammes. Cet oiseau ressemble beaucoup à l'aigle héraldique et il est même parfois défini comme une de ses variantes. Il est représenté de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité ».
Ci-contre les armes des Malet de Lussart : d'azur à un phénix sur son immortalité, regardant le soleil, le tout d'or, qui illustre bien la parentée avec l'aigle, réputé seul capable de regarder le soleil en face.


