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Phonème éphelcystique


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Un phonème éphelcystique (du grec ἐφελκυστικός, « attiré à la suite ») est, en phonétique, un phonème — la plupart du temps une consonne — ajouté à la fin d'un morphème ou d'un mot (c'est dans ce cas une paragoge) pour des raisons euphoniques, lesquelles sont le plus souvent la résolution de l'hiatus. On parle, plus couramment, de « son de liaison » bien que le terme de liaison appliqué au français renvoie à une notion plus précise : la liaison est un phonème éphelcsytique dont l'origine est motivée (c'est un ancien son qui réapparaît entre deux voyelles). Les phonèmes éphelcystiques sont des cas de sandhi.

Sommaire

En français

Le /t/ euphonique français est un phonème éphelcystique : il permet la résolution d'un hiatus dans les formes interrogatives inversées des verbes du premier groupe. Ainsi : donne + ildonne-t-il, par analogie avec finit-il, vend-il. Le -t entendu et écrit pour les verbes du premier groupe n'a aucune origine étymologique ; il a été ajouté par les locuteurs aux verbes du premier groupe pour permettre une prononciation plus fluide, sur le modèle du /t/ audible en liaison à la fin des verbes des autres groupes.

Il existe aussi un /z/ euphonique (écrit s), se présentant pour les mêmes raisons que le /t/, c'est-à-dire lors de l'ajout d'un pronom enclitique à initiale vocalique à un verbe terminé par une voyelle (qu'elle soit réelle ou possible lorsque c'est un « e caduc », qui peut ne pas se réaliser. C'est le cas pour l'impératif des verbes du premier groupe ainsi que pour celui de aller suivis des pronoms enclitiques en et y : donne + endonnes-en [dɔn(ǝ)z‿ɑ̃], va + yvas-y [vaz‿i]. Ce /z/ euphonique est inséré par analogie avec celui, étymologique, résultant de la liaison produite entre le -s final du verbe et la voyelle initiale du pronom : fais-en [fɛz‿ɑ̃], cours-y [kuʁz‿i]. Cf. Cuir, Velours et Pataquès.

En grec ancien

En grec ancien, un phonème /n/ éphelcystique vient se placer à la suite de certaines désinences verbales et nominales en fin de phrase ou quand le mot suivant débute par une voyelle (parfois aussi devant une consonne) ; on le nomme « ν nu euphonique » ou « ν nu éphelcystique ». On le rencontre après les désinences ou mots suivants :

Par exemple :

En turc

[En préparation]

Remarque

La notion de « phonème éphelcystique » est une sous-catégorie des phonèmes ajoutés par euphonie ; on peut aussi y compter les sons de liaison en début de mot ; c'est dans ce cas une prosthèse, comme en russe, où l'on ajoute un /n/ non étymologique devant le pronom possessif de troisième personne précédé d'une préposition : к + емук нему « vers eux ».

Contrairement aux apparences, le /n/ apparaissant dans l'article anglais (a devant consonne, an devant voyelle) n'est pas un phonème éphelcystique : au contraire, c'est la forme a qui est secondaire, le /n/ étymologique ayant cessé d'être prononcé devant une consonne. An est une forme altérée de one, d'où la présence du /n/.

Articles connexes




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