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La photographie numérique est un mode de capture d'images qui dérive des techniques de photographie classiques (photographie argentique), en remplaçant la surface photosensible chimique par une cellule électronique.
Les systèmes optique et mécanique de ces appareils sont voisins des solutions antérieures, à ceci près que la profondeur de champ est bien plus grande, la surface électronique étant bien plus petite que le 24×36 classique, et s'accommodant donc des focales plus courtes. Le composant électronique sensible à la lumière, ou photoscope, est un CCD ou un capteur CMOS. Il traduit les informations lumineuses en signaux électriques. L'information contenue dans la matrice de points est numérisée et le tableau de niveaux dans chaque couleur fondamentale de l'image numérique stocké dans un dispositif de mémoire électronique. Il est, de là, transféré vers un support de type mémoire flash ou mini-disque dur.
Les images produites peuvent être importées sur des ordinateurs, retouchées, mises à disposition sur Internet et imprimées. Certaines imprimantes, avec ou sans écran de contrôle, lisent directement les mémoires et ne nécessitent pas d'ordinateur intermédiaire. L'ancienne étape de développement du film est supprimée, ce qui fait gagner du temps et permet parfois aussi de prendre des photos dont le contenu est très personnel. Mais également, le tirage des images en couleur devient à peu près aussi facile que les tirages papier noir et blanc qui pouvait se faire avec un labo amateur.
Les modèles récents (2002) d'appareils photo numériques, de types compact ou réflex, proposent des résolutions suffisantes (3, 4, 5 millions de pixels ou plus) pour utiliser les images dans des journaux, voire des magazines. Les photographes professionnels utilisent donc volontiers des appareils photos numériques afin de transmettre électroniquement les photos à leur rédaction depuis là où elles sont prises.
Parallèlement, le marché professionnel utilise aussi des dos numériques de 11 (pour Kodak) à 16 voire 50 millions de pixels, tous ces capteurs sont conçus pour se placer au dos de l'appareil photo (d'ou leur nom de dos numérique). Ils sont utilisés dans la mode, sur des moyens formats (voir le choix de la pellicule en argentique) ou sur des chambres photographiques (type SINAR, GRETAG…) pour la publicité ou la reproduction d'œuvres d'art.
Les amateurs aussi font un accueil enthousiaste à ces appareils compétitifs aujourd'hui (2004) en coût avec les modèles argentiques (qui étaient 3 à 4 fois plus chers en 2002). Le World Wide Web, le courrier électronique et l'envie de partager ses photos avec ses proches ou avec d'autres ont probablement beaucoup contribué à cet engouement. La liberté de laisser chacun des membres de sa famille gérer à sa guise les photos qu'il désire et le nombre de leurs tirages a certainement eu son importance également.
Dès 2002-2003 sont apparus des reflex numériques (DSLR pour digital single lens reflex en anglais ou reflex numériques à un seul objectif par opposition aux appareils à visée télémétrique) à un prix abordable (pour des professionnels ou des amateurs experts) pouvant réellement concurrencer le reflex argentique, notamment le Nikon D100 ou le Canon 10D. Ces reflex sont pour la plupart dotés de capteurs 6 mégapixels et disposent d'une sensibilité pouvant monter jusqu'a 3200 ISO en équivalent argentique. Le défaut majeur (ou avantage selon le cas) est que le capteur est plus petit que le film équivalent de 35 mm. Les objectifs voient donc leur grossissement changer. Par exemple, le Canon 10D se voit doté d'un coefficient multiplicateur de 1,6 et ainsi un objectif de 24 mm utilisé sur cet appareil numérique deviendra un 38,4 mm en équivalent à film 35 mm. Ce n'est pas très intéressant pour le grand angle. En revanche, un 300 mm deviendra un 480 mm, ce qui est au contraire passionnant pour les photographes en nature ou les paparazis... Les effets de profondeur de champ utiles dans le portrait deviennent en contrepartie plus difficiles à gérer.
Surtout pour les reflex lorsque l'on change d'objectif la poussière est un problème majeur. Les solutions ou les approches sont diverses :
Une grande partie du problème est compliquée par le fait que la taille des pixels rend la poussière très sensible ou facilement visible sur les photos, que la poussière qui pose vraiment problème est de très petite taille (et donc sujette à adhérence par les effets de tension de surface).
Quand on n'utilise pas un appareil photo numérique, on peut tout de même pratiquer la photographie numérique. Plusieurs chemins s'offrent à l'amateur et au professionnel.
Cette approche qui a eu un succès certain tant que les appareils photo numériques étaient soit hors de prix, soit d'une qualité déplorable reposait sur une prise de vue argentique traditionnelle, suivie d'une numérisation du film.
On utilise alors un scanner à haute résolution (2 000 dpi au moins, 4 000 dpi souvent aujourd'hui) qui analyse directement un négatif ou une image inversible (diapositive) et fournit une image numérique qui peut être exploitée directement. Une particularité de ces scanners de film est de — parfois — disposer de dispositifs capables de retirer automatiquement les poussières du film. En effet, étant donné la petite taille du document initial (24 x 36 mm) les rayures et les poussières collées sur le film prennent des proportions souvent gênantes. Les premiers utilisateurs étaient obligés de faire un nettoyage manuel dans leur logiciel de retouche d'image. Les scanners les plus performants offre une détection automatique de la présence des poussières par une analyse parallèle utilisant un canal infrarouge qui sert ensuite à appliquer un filtrage automatique localisé.
Même si l'on rencontre quelques scanners mixtes (la plupart des scanners de film de Hewlett-Packard sont ainsi capables de lire des documents de petite taille aussi bien que du film 35 mm négatif et que des diapositives 35 mm sous cache de carton ou de plastique), il s'agit le plus souvent de produits spécialisés (voir la gamme de Nikon).
Le marché se partage toujours entre des scanners plutôt orientés grand public et qui sont susceptibles d'offrir un rapport qualité-prix meilleur que beaucoup d'appareils photonumériques, et des scanners tournés vers les besoins des professionnels (rapidité, très haute résolution, possibilité de traiter en quantité des rouleaux entiers de pellicules, etc.)
Cette autre approche est dérivée de la précédente (scan de film), mais il s'agit de numériser des tirages papier. On utilise donc un scanner de documents plats tout à fait traditionnel. Le photographe peut simplement demander des tirages papier de son film (ou utiliser des documents de toute autre origine) et a la possibilité de travailler ou modifier ces images.


