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Phrase

Si d'un point de vue acoustique ou visuel, c'est-à-dire, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit, la phrase apparaît comme une succession de mots (de même qu'un train apparaît comme une succession de wagons), d'un point de vue syntaxique, la phrase doit être considérée comme un ensemble autonome, réunissant des unités organisées selon différents réseaux de relations plus ou moins complexes (subordination, coordination ou juxtaposition).

Par ailleurs, la phrase possède une unité sémantique, une unité de communication, un sens (la signification transmise par le message, ou contenue dans celui-ci). Le sens de la phrase ou d’un énoncé se dégage du rapport établi entre ses signes et dépend du contexte et de la situation du discours : chaque phrase a sa référence. Cette référence est ce à quoi une phrase se réfère ; elle résulte de la mise en rapport avec une situation, même imaginaire, de discours. Selon Jacobson, le mot seul n’est rien. Il ne se définit que par rapport aux autres éléments de la phrase.

Il faut remarquer aussi que le sens ne dépend pas seulement des mots. L’organisation grammaticale y est aussi très importante. Au-delà de la phrase, il y a ce que certains linguistes appellent la grammaire de texte. Celle-ci étudie les énoncés (écrits, paroles, discours…) composés de plusieurs phrases enchaînées, avec, notamment, leurs connecteurs (adverbes permettant la transition logique entre les phrases d'un énoncé) et leurs représentants textuels (mots renvoyant à d'autres mots de l'énoncé). À la frontière de la morphosyntaxe, la grammaire de texte permet d'accéder à d'autres disciplines sortant du cadre de la grammaire stricte : littérature, stylistique, rhétorique, philologie, etc.

Normalement, la syntaxe ne va jamais au-delà de la phrase.

Il est nécessaire de bien différencier la phrase de l'énoncé. La phrase a un sens (toujours le même, quelle que soit la situation d'énonciation), celui produit par les choix lexicaux et syntaxiques (elle se situe plutôt du côté de la grammaire). L'énoncé a une signification, qui, en fonction de la situation d'énonciation, peut s'avérer différente du sens de la phrase (l'énoncé quant à lui se situe donc plutôt du côté de la linguistique). C'est pourquoi, une phrase tirée de son contexte, c'est-à-dire, hors situation d'énonciation, conserve son sens mais peut perdre sa signification :

Il fait beau.
La phrase ci-dessus, quelle que soit la situation d'énonciation, signifie qu'il fait beau. Rien de plus, rien de moins. En tant qu'énoncé par contre, elle peut avoir des significations différentes. S'il fait vraiment beau, la signification de l'énoncé ci-dessus correspond au sens de la phrase. Si au contraire, le temps n'est pas beau, et que l'énonciateur s'exprime ironiquement, la signification de l'énoncé sera : « Il ne fait vraiment pas beau ! », tandis que le sens de la phrase restera inchangé : « Il fait beau ».


Il convient de déterminer trois choses : d'abord, où commence et où finit la phrase, ensuite, quelle est sa structure interne, enfin, quels sont les éléments éventuels qui échappent à sa syntaxe.


Sommaire

Délimitation de la phrase

A l'oral, une phrase est habituellement identifiée par l'intonation : c'est la chute du ton de la voix dans son ultime segment qui nous indique qu'un phrase se termine.

A l'écrit, la limite habituelle de la phrase est un signe de ponctuation : le point, mais également, le point d'exclamation, le point d'interrogation, les trois points de suspension (parfois, le double point, ou encore, le point-virgule). Par ailleurs, la première lettre de la phrase est obligatoirement une majuscule.

Cependant, il peut arriver que ce cadre formel (phrase orale aussi bien que phrase écrite) ne coïncide pas avec la syntaxe. Deux cas peuvent alors se présenter : soit la syntaxe déborde du cadre de la phrase, soit celle-ci contient plusieurs syntaxes indépendantes.


Syntaxe débordant du cadre de la phrase

En suivant les à-coups spontanés de la pensée et le jaillissement incontrôlé des émotions plutôt que la planification structurée de la syntaxe, un tel type de phrase permet de faire partager l'état d'esprit du locuteur. À l'écrit, il s'agit le plus souvent d'une figure de style :

Et j'ai connu un moment de désespoir absolu. Le premier de ma vie consciente. Un moment de haine pure, aussi, envers cette femme altière et ses manigances. (Françoise GIROUD, Leçons particulières. Fayard, 1990)
Ces trois phrases formelles n'en forment qu'une seule du point de vue syntaxique. Les deux dernières phrases (phrases nominales) sont en fait des appositions du nom moment de la première phrase.

Phrase pouvant contenir plusieurs syntaxes indépendantes

La grammaire traditionnelle appelle de telles unités : des propositions indépendantes. Elles sont le plus souvent séparées par des signes de ponctuation, tels que virgule, point-virgule, double point, tiret, etc. ou encore, par un coordonnant :

C'est les vacances : je fais la grasse matinée.
Les deux segments séparés par le double-point sont liés d'un point de vue sémantique (le second est la conséquence du premier) mais autonomes d'un point de vue syntaxique. C'est ainsi que, quoique appartenant à une même phrase formelle, ces deux segments peuvent parfaitement être analysés comme deux phrases indépendantes.

Remarquons que lorsque une proposition indépendante se confond avec la phrase, une telle phrase est dite monopropositionnelle :

Anatole dort.

Structure minimale de la phrase

On sait qu'il existe des phrases privées de sujet (il s'agit principalement des phrases impératives), mais seule la phrase nominale constitue un véritable cas particulier. Le verbe forme avec le sujet le nœud sémantique de la phrase verbale, mais c'est le verbe seul qui en constitue le noyau syntaxique.


Phrase nominale

La phrase nominale (ou phrase averbale) est une phrase privée de verbe. Elle peut être accompagnée ou non d'une exclamation. Elle est souvent constituée d'un seul et unique élément (le sujet le plus souvent) :

La mer. Les vacances. Le soleil. Le camping. Formidable !
C'est-à-dire (par exemple) « Nous voici au bord de la mer. C'est les vacances. Il y a du soleil. Nous faisons du camping. C'est formidable. »

Mais la phrase nominale peut également contenir deux éléments. Dans ce cas, on peut dire qu'il y a un début d'organisation (un début de syntaxe, donc), car on est en présence d'un sujet et d'un élément juxtaposé qui nous renseigne sur ce sujet. L'absence de verbe nous invite à deviner le type de lien existant entre ces deux éléments :

Habitude servitude.
C'est-à-dire « L'habitude est une servitude » ou encore, « On est l'esclave de ses habitudes ».

Quel que soit le nombre d'éléments, un phrase nominale est le plus souvent une phrase asyntaxique, c'est-à-dire, une phrase privée de syntaxe. Bien entendu, une phrase asyntaxique peut être néanmoins interprétable.

Couple sujet-verbe

En dehors du cas particuliers de la phrase nominale, le sujet et le verbe sont les deux constituants principaux de la phrase :

Anatole dort.

La véritable syntaxe ne commence qu'à partir du moment où l'on a cette structure minimale, sujet et verbe :

Jean, l'ami que je vous ai présenté le mois dernier, dort.
Jean dort profondément, sur le canapé blanc du salon.

Noyau de la phrase

Cependant, si pour exister d'un point de vue sémantique, la phrase a besoin d'un sujet et d'un verbe, encore une fois, d'un point du vue strictement syntaxique, c'est le verbe, et lui seul, qui constitue le centre de celle-ci, car le sujet dépend du verbe (et ce, même si, du point de vue de la morphologie flexionnelle, le verbe s'accorde avec le sujet).

En résumé, abstraction faite des éléments hors syntaxe, une phrase est organisée autour du verbe (on l'appellera le noyau), et parmi les éléments qui dépendent de celui-ci (on appellera ces éléments, les satellites), le sujet a la primauté.

Les grammairiens actuels considèrent généralement que la phrase de base est : déclarative (donc, ni interrogative, ni exclamative, ni impérative), affirmative (donc, pas négative), active (donc, ni passive, ni pronominale), enfin, constituée au moins d'un sujet et d'un verbe (donc, non nominale).


Éléments hors syntaxe

Les éléments échappant aux règles de la syntaxe (dits éléments hors syntaxe), sont des mots ou des groupes, n'entretenant aucun rapport, direct ou indirect, avec le noyau de la phrase (c'est-à-dire, le verbe). Ils sont donc totalement indépendants du discours de niveau supérieur dans lequel ils sont insérés (on parle d'ailleurs d'insertion à leur sujet) :

Hier, j'en mettrais ma main au feu, je l'ai croisé sur le boulevard.
Sans la parenthèse, la phrase serait : « Hier, je l'ai croisé sur le boulevard ».
Je vous paierai, lui dit-elle, avant l'août, foi d'animal, intérêt et principal. (La Fontaine - La Cigale et la Fourmi)
Sans l'incise lui dit-elle et sans la parenthèse foi d'animal, le plan principal du discours est le suivant : « Je vous paierai, avant l'août, intérêt et principal. »

Mais ces éléments hors syntaxe peuvent évidemment, pour leur propre compte, générer un certain nombre de satellites, et par là, leur propre syntaxe.

Temps de cochon !
Phrase nominale ayant valeur d'interjection et pouvant être analysée ainsi : temps (nom commun) est le noyau, ne se rattachant à aucun autre élément; cochon (nom commun), précédé de la préposition de est complément du nom temps. On peut également considérer cette phrase comme une locution nominale.

Bien entendu, une phrase contenant des éléments hors syntaxe n'est pas nécessairement asyntaxique.

Il convient de citer ici la rupture syntaxique, lorsque l'organisation syntaxique d'une phrase se modifie au cours de celle-ci. Une telle rupture peut être involontaire (et donc, fautive). Mais elle peut être également voulue par l'auteur. Dans ce cas, il s'agit d'une figure de style appelée anacoluthe, qui a pour but d'imiter la spontanéité du discours oral :

Mon voisin, son fils a eu un accident.
Pour : « Le fils de mon voisin a eu un accident. »

On distingue, d'une part les éléments archaïques, d'autre part les éléments appartenant à un autre discours.


Éléments archaïques

Dans ces éléments archaïques (interjection, exclamation, apostrophe…) l'émotion passe avant l'organisation.

Interjection et exclamation

Dans l'interjection (qui est une véritable catégorie grammaticale) comme dans l'exclamation (qui est une catégorie grammaticale quelconque employée comme interjection), on constate une très forte charge affective. Il s'agit d'un stade primitif, très souvent constitué d'un mot unique :

Aïe ! La porte ! Malheur !
La première phrase est une véritable interjection, la seconde et la troisième sont des exclamations utilisant des noms employés comme des interjections.

Apostrophe

L'apostrophe ou invocation, constitue une fonction du nom ou du pronom. Ni satellite du verbe, ni satellite du sujet (tout au plus satellite de la phrase), l'apostrophe permet de nommer la personne (ou la chose personnifiée) à qui s'adresse le discours. Il s'agit le plus souvent d'un nom, ou d'un pronom personnel disjoint de la deuxième personne (toi ou vous). Sa place est relativement libre, mais on trouve habituellement l'apostrophe en début de phrase :

Salomé, sois sage ! Toi, viens ici.

L'apostrophe est parfois précédée de la particule interjective ô :

Ô temps, suspends ton vol ! (Lamartine)

Éléments appartenant à un autre discours

Il s'agit d'un discours inclus, enchâssé dans un autre discours, chacun de ces deux discours, ayant sa propre syntaxe, et parfois, sa propre énonciation. À l'oral, afin de bien faire sentir que les deux discours sont sur des plans différents, le discours secondaire (parfois appelé phrase incidente ou sous-phrase) est souvent énoncé avec une intonation plane.

Parenthèse

La parenthèse, en tant que contenu (et non pas en tant que signe graphique), consiste le plus souvent en un supplément d'information (parfois, une digression quelconque), relatif à tout ou partie du discours de niveau supérieur :

Un mal qui répand la terreur, / […] La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), / […] Faisait aux animaux la guerre. (La Fontaine - Les Animaux malades de la peste)

Elle peut être délimitée par le signe graphique des parenthèses, mais également, par des tirets ou parfois encore, par de simples virgules :

Cicéron a dit quelque part, c'est, je crois, dans son traité De la nature des dieux, qu'il y a eu plusieurs Jupiters […]. (Prosper Mérimée - Les Âmes du Purgatoire)
On aura remarqué que le « je crois » constitue un troisième plan de discours, à l'intérieur de la parenthèse.

Il convient de noter que, bien qu'étant incontestablement de nature syntaxique, l'apposition, toujours entre virgules, s'apparente la plupart du temps à une parenthèse :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage / Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, / Qui suivent, indolents compagnons de voyage, / Le navire glissant sur les gouffres amers. (L'Albatros - Charles Baudelaire)
Dans ce célèbre quatrain, l'essentiel de la phrase s'arrête au mot albatros. Tout ce qui suit n'est qu'une longue apposition à ce même mot albatros. Mais à l'intérieur de cette apposition, est insérée une apposition secondaire indolents compagnons de voyage, se rapportant au pronom relatif qui, selon le principe des « poupées russes » ou de la « parenthèse dans la parenthèse ».

Parole rapportée du discours direct

La parole rapportée (le discours direct proprement dit) est normalement délimitée par des guillemets.

La reine Marie-Antoinette aurait dit : "S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche !", à ses familiers venus l'informer de la révolte du peuple affamé.

La parole rapportée du discours direct possédant sa propre syntaxe (complètement indépendante de la syntaxe du discours de niveau supérieur), il faut éviter de céder à la tentation d'analyser ce discours comme un C.O.D. du verbe introducteur (le verbe aurait dit dans l'exemple ci-dessus).

Incise du discours direct

Toujours concernant le discours direct, mais à l'intérieur de la parole rapportée, cette fois, on trouve l'incise. Celle-ci contient le verbe introducteur indiquant qui énonce le discours en question. Lorsque le sujet du verbe est un pronom personnel, celui-ci devient sujet inversé (placé après le verbe, avec un trait d'union).

Que faisiez-vous au temps chaud, dit-elle à cette emprunteuse ? (La Fontaine - La Cigale et la fourmi)
Dans l'incise, on peut sans problème repérer le verbe dit, le pronom sujet elle, la préposition à, le démonstratif cette et le nom C.A.T. emprunteuse.

Modalisateurs supprimables

Un modalisateur est un élément quelconque inséré dans le discours (mot, groupe, proposition…) exprimant un commentaire de l'énonciateur sur le contenu de son propre énoncé : ses jugements, ses réflexions, ses sentiments...

Or un modalisateur peut, soit être pleinement intégré à la syntaxe, soit être plus ou moins supprimable, soit avoir un valeur de parenthèse :

Stéphane prétend qu'il est malade.
Le verbe prétend est un modalisateur. Il est totalement intégré à la syntaxe, on ne peut donc le supprimer. La phrase équivaut à : « Stéphane dit qu'il est malade, mais moi, je n'en crois rien ».
Jean est malheureusement parti avant que je ne le voie.
L'adverbe malheureusement est un modalisateur. Du point de vue de la syntaxe il modifie le verbe est parti, mais du point de vue sémantique, il se rapporte à l'énonciateur, et non pas à Jean. La phrase équivaut à : « Jean est parti avant que je ne le voie, et j'en suis malheureux ».
Antoine est, je le suppose, très compétent.
La proposition je le suppose est un modalisateur. Dans ce cas, jouant le rôle d'une parenthèse et n'appartenant pas au même plan de la syntaxe, ce modalisateur est entièrement supprimable et peut être considéré comme étant hors syntaxe.

Chaque fois qu'un modalisateur est supprimable, il appartenant à un autre plan du discours, il peut être considéré comme hors syntaxe.

On notera que certains modalisateurs, lorsque l'identité de l'énonciateur et le contenu du discours restent indéterminés, s'apparentent à des incises. Il s'agit de verbes impersonnels avec inversion du sujet (paraît-il, semble-t-il, dirait-on, etc.) :

Il aurait, semble-t-il, quitté définitivement la ville…


Types de phrases

Le type de phrase est la structure morphosyntaxique que revêt la phrase en fonction de la plus ou moins grande implication que l'énonciateur fait peser sur le destinataire.

Selon ce critère, on regroupe traditionnellement les phrases en quatre types : exclamatif, déclaratif, injonctif et interrogatif.


Phrase exclamative

Une phrase exclamative (ou interjective) indique que l'énonciateur exprime ses sentiments et ses émotions. Elle contient une forte affectivité (joie, colère, surprise, effroi, enthousiasme, amour, haine... ). Ce type de phrase est plus fréquent à l'oral qu'à l'écrit. Souvent nominale, la phrase exclamative se termine toujours par un point d'exclamation :

Aïe ! Quelle belle journée ! Comme tu es courageux ! Vive la France, vive la démocratie !

Une l'interjection est bien sûr toujours de type exclamatif. Mais une exclamation indirecte est du type déclaratif :

Je vois qu'on se moque de moi. Tu sais combien il est travailleur.

La phrase exclamative a pour particularité de pouvoir se combiner aux trois autres types de phrases. Dans ce cas, le destinataire sera nettement plus impliqué que dans la pure exclamation :

Je déteste quand tu me mens ! Comment, tu m'as encore menti ? ! Cesse de me mentir !
L'exclamation se fond successivement dans une phrase déclarative, une phrase interrogative, une phrase injonctive.


Phrase déclarative

Une phrase déclarative (ou énonciative ou assertive) indique simplement que l'énonciateur communique une information, déclare un fait au destinataire. Se termine habituellement par un point, elle peut être plus ou moins complexe. C'est le type de phrase le plus répandu, et dont les grammairiens ont fait la phrase type, canonique, exemplaire :

Tu as une moto. Ce jour-là, Julien travaillait. Nous partirons en vacances en juillet. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.


Phrase injonctive

Une phrase injonctive (ou de type impératif), indique que l'énonciateur communique au destinataire, un ordre, une interdiction, un conseil, une simple prière, etc., dans l'attente d'une action de la part de celui-ci. Elle se termine habituellement par un point.

La phrase injonctive emploie normalement le mode impératif. Mais elle peut également employer un temps ayant la même valeur : infinitif, indicatif présent, futur, subjonctif présent… Elle peut être aussi une phrase nominale :

Prends ta moto. Ne pas stationner. Aidons-le. Qu'ils aillent au diable ! Trois cafés, l'addition !

Une phrase de type interrogatif peut quelquefois avoir valeur de phrase injonctive, mais d'un point de vue formel et syntaxique, il s'agit toujours d'une phrase de type interrogatif :

Voulez-vous vous taire ?
Pour : « Taisez-vous ».

De la même façon, une injonction indirecte est du type déclaratif :

Je souhaite qu'il s'en aille.


Phrase interrogative

Une phrase interrogative indique que l'énonciateur demande une information au destinataire, et attend une réponse de la part de celui-ci.

Forme de la phrase interrogative

La phrase interrogative ne peut consister qu'en une interrogation directe. En effet, l'interrogation indirecte étant contenue dans une proposition subordonnée, celle-ci ne peut en conséquence être considérée comme une phrase interrogative.

Il existe trois formes d'interrogation directe :

Viendra-t-il ?
Est-ce qu'il viendra ?
Il viendra ?
On notera que l'inversion du pronom sujet et l'emploi de la locution « est-ce que » s'excluent mutuellement, autrement dit, une phrase telle que « Est-ce qu'il viendra-t-il ? » est totalement incorrecte.

Interrogation globale et interrogation partielle

En fonction de la réponse attendue, on distingue habituellement l'interrogation globale et l'interrogation partielle.

- Est-ce que Louis est parti au Maroc ? - Oui / - Non.
- Qu'a fait Louis hier ? - Il est parti au Maroc.
- Dans quel pays Louis est-il parti hier ? - Au Maroc.
- Qui est parti au Maroc, hier ? - Louis.
- Quand est-ce que Louis est parti au Maroc ? - Hier.
- Comment est-ce que Louis est parti au Maroc ? - En avion.

Contraintes syntaxiques

- Pronoms interrogatifs (qui, que, quoi, où, lequel);
- Adjectifs interrogatifs (quel, combien de);
- Adverbes interrogatifs (combien, comment, pourquoi, quand, que) :
Qui est là?/ Combien de sucres?/ Pourquoi tu n'es pas venu?
Que faire ? Pourquoi se tracasserait-il ? Quoi de neuf ?

Sujet connexes





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