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Pictons


Les Pictons sont un peuple de la Gaule. Selon les sources et les époques, on les nomme aussi Pictaves, Pictones (qui est en fait le terme latin) ou encore improprement Pictes, du même nom qu'un peuple non celte de l'actuelle Écosse.

Sommaire

La période d'indépendance

Territoire


Les limites du territoire des Pictons sont déductibles à partir de trois éléments :

Villes et économie


La « capitale » des Pictons était Lemonum, nom celtique de l'actuelle Poitiers, signifiant « l'Ormeraie ». Ce terme proviendrait du gaulois « Lemo- » Orme, qui se compare exactement avec l'irlandais « Lem- » Orme, latinisée Lemonum puis qui est devenu « la cité des Pictons », c 'est-à-dire « Poitiers ». Lemonum était un oppidum situé sur un vaste promontoire au confluent du Clain et de la Boivre. Les Pictons commercaient avec les Îles Britanniques à partir de leur port Ratiatum (aujourd'hui Rezé).

Organisation politique et cultes


Juste avant la conquète romaine, il apparait clairement que l'État Picton est organisé autour de l'ancien système celtique royal, et non d'un vergobret.

La structure de l'État Picton est celle des clientèles : tribus liées les unes aux autres par des intérêts militaires et économiques. Plusieurs noms de ces tribus nous sont arrivés, comme les Ambiliates ou Ambilatres, Agésinates, Agnutes ou Anagnutes et de la famille (Gelfine, Derbfine, Iarfine, Indfine) qui forment la tribu.

Duratios était roi des Pictons lors de la conquête, mais son pouvoir semblait limité par celui des chefs de guerre pictons.


Voir aussi religion gauloise

Monnayage


Le Poitou celte connut une circulation monétaire originale dès la fin du IIe siècle av. J.-C.. Il s'agit de monnaies d'electrum (alliage ternaire or, d'argent et de cuivre). Comme la plupart des monnaies gauloises, il est inspiré du statère macédonien, et des monnaies grecques. de la colonie d'Empuries en Catalogne.

Ces motifs sont directement inspirés du monnayage Namnètes. Ils s'enrichissent rapidement d'un motif qu'on ne retrouve cependant pas sur toutes les monnaies pictonnes, mais qui leur est propre : la main ouverte sous le cheval, et posée sur ce qu'on peut interpréter comme un joug ou un mors.

On retrouve abondamment ces monnaies dans la Vienne, les Deux-Sèvres et dans la Vendée.

Il existe également au Ier siècle av. J.-C. une série d'argent, ornée d'un cavalier ailé qui saute une fleur de type lys, proche du monnayage Bituriges. Son caractère proprement Picton est cependant moins certain.

La Guerre des Gaules et la fin de l'indépendance

Les Pictons faisaient partie des peuples qui pouvaient se sentir menacés par la migration des Helvètes vers le territoire des Santons, dans le cas où elle se serait effectuée par le nord du Massif Central. Ils avaient donc tout intérêt à l'intervention de Jules César.

Tout comme les Santons, ils fournirent une flotte à César en 56 av. J.-C.. Leur chef Duratios resta fidèle à César lors de l'insurrection de 52 av. J.-C.. Cependant, Vercingétorix demanda des renforts à tout les peuples de la Gaule, dont 8000 hommes aux Pictons, qui lui furent envoyés. Le peuple Picton était donc partagé. Le contingent favorable à Vercingétorix rejoignit le chef des Andes Dumnacos à Angers, qui se dirigea alors vers Lemonum pour y assiéger Duratios. Celui-ci envoya un courrier au légat romain Caius Caninius, qui vint depuis le territoire des Rutènes lui apporter du soutien. Mais n'ayant que des troupes de peu de valeur, il se construisit un camp retranché afin de résister à Dumnacos. Celui-ci l'assaillit durant plusieurs jours sans réussir à le pénétrer.

Dumnacos prit la fuite en apprenant que le légat Caius Fabius, qui obtenait allégeance des peuples entre Beauvais et Tours, se portait au secours de Caninius.

Étant resté fidèle en majorité à César, la cité pictonne, c'est-à-dire la subdivision administrative romaine qui fut attribuée aux Pictons lors de l'organisation de la Gaule en provinces romaines entre 16 av. J.-C. et 13 av. J.-C., fut augmentée du territoire des Ambilatres et des Agnutes de Vendée.

La paix romaine

Bien que bénéficiant de la paix romaine, notamment par de nombreuses constructions urbaines (voir Histoire de Poitiers), le peuple des Pictons, comme tous les peuples gaulois, n'est pas romanisé en profondeur. Dès le milieu du IIe siècle, les bornes milliaires indiquent les distances en lieues gauloises, et plus en milles romains. En 237, on trouve la première mention du changement de nom de Limonum en Poitiers.

La cité des Pictons fut néanmoins prospère, comme en témoigne les agglomérations qui se sont développées autour de sanctuaires ruraux, comme Sanxay, et les Tours Mirandes à Vendeuvre dans les deux premiers siècle de notre ère. D'autres agglomérations se sont encore développés à partir du IIIe siècle, comme le Vieux-Poitiers à Naintré, commune qui a également livré deux tombeaux exceptionnels (les Dames de Naintré). Ce bourg ne disparait qu'avec les invasions normandes du IXe siècle.

Après que Constantin ait donné droit de cité au christianisme, celui-ci se répand de plus en plus rapidement. Saint Hilaire est le premier évêque assuré de Poitiers vers 350. Il accueille le futur saint Martin de Tours, qui fonde à Ligugé le plus ancien monastère de Gaule, encore en activité aujourd'hui.

Références bibliographiques



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