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Pierre Eugène Drieu La Rochelle (3 janvier 1893 à Paris – 15 mars 1945 à Paris), romancier et essayiste français.
Pierre Drieu la Rochelle est issu d'une famille déchirée par les problèmes conjugaux et d'argent. Il fut par la suite traumatisé par l'expérience de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il fut blessé trois fois. Proche des surréalistes dans les années 1920, il ne parvint pas néanmoins à s'intégrer à ce courant artistique.
Dénonçant la décadence matérialiste de la démocratie, tout en critiquant la doctrine hitlérienne, Pierre Drieu La Rochelle est l'une des figures de proue des « non-conformistes des années 30 ». Nourri des idées de Charles Maurras mais aussi de Pierre-Joseph Proudhon, fortement influencé par l'aspect esthétique de la politique à l'ère des masses, il se laisse d'abord tenter par le fascisme et adhère un temps au Parti populaire français (PPF) de l'ex-communiste Doriot. Dans les derniers mois de sa vie, il avoue dans son journal secret son admiration pour le communisme stalinien.
Pendant l'occupation nazie il devient directeur de La Nouvelle Revue française (Nrf) et un ardent défenseur de la collaboration. À l'approche de l'effondrement du monde « fantastique » qu'il fantasmait, malgré le réconfort que lui apporte André Malraux qu'il traite «d’agent soviétique», il se suicide. Sa mort sera utilisée comme figure de martyr par l'extrême droite française.
Toute sa vie il a été douloureusement déchiré entre ses idées et ambitions politiques et la médiocrité (à ses yeux) de sa vie. Il était fasciné par l'ordre, la hiérarchie et la puissance, idéalisés dans le nationalisme. Il se dégoûta progressivement de lui même, de sa faiblesse et de son manque d'envergure.
On peut voir dans son œuvre l'influence de la lecture de Nietzsche, tel qu'il était interprêté à cette époque.


