Plan d'urgence
Les plans d'urgence sont des plans d'organisation des secours en cas de catastrophe ou d'événement de grande ampleur.
On distingue :
- les accidents catastrophiques à effet limité (Acel) : ce sont des accidents pour lesquels les moyens locaux (au niveau
du département en France) sont suffisants ;
- les catastrophes à moyens dépassés (CMD) : des moyens nationaux, voire internationaux, sont nécessaires.
Dans tous les cas, le point critique est l'organisation des secours. En temps normal, une victime bénéficie d'une équipe de
trois à cinq personnes et d'un véhicule ; dans le cas d'un accident de grande ampleur, cela n'est pas possible d'une part en
raison d'une carence de moyens, mais aussi car les équipes se gêneraient sur le terrain.
Prévision
La notion de plan d'urgence repose sur la prévision. Il s'agit d'une part de capitaliser l'expériences des événements passés
pour améliorer le système et éviter de reproduire les erreurs, et d'autre part de tenter d'envisager des situations
nouvelles.
Cela consiste également en la formation des personnels d'intervention pour pouvoir gérer une situation d'urgence et notamment
la maîtrise du stress. Outre les « fiches réflexe » qui indiquent
une conduite à tenir en réponse à une situation prévue, il faut aussi former les gestionnaires de l'urgence à la maîtrise de
l'imprévu.
Organisation sur le terrain
Une situation de catastrophe peut provoquer une désorganisation des secours, d'une part du fait de la panique qui peut gagner
les exécutants comme les décideurs, et d'autre part en raison de la grande quantité de personnels, matériels et consommables à
gérer (logistique).
Il faut donc adopter une organisation rigoureuse, étudiée, planifiée, enseignée et répéter.
Organisation générale
Dans l'organisation des secours, il convient de mettre en place :
- une zone de regroupement, ou point de rassemblement des moyens (PRM), où sont regroupés les moyens matériels et humains avant
engagement ; cette zone doit être bien organisée (parc matériel, parc véhicule, zone de repos des personnels) afin que
chaque moyen puisse être engagé à tout moment (véhicules bien garés, personnels à proximité) ;
- une gestion des priorités : prévenir le risque d'abord (protection), mais aussi tri médical des victimes, afin de déterminer l'ordre de traitement des victimes ;
- une organisation géographique : point de rassemblement des victimes valides (PRV) pour éviter leur éparpillement,
implantation du poste médical avancé (PMA),
sectorisation du chantier... ;
- une montée en puissance du dispositif : il ne faut pas engager tous les moyens immédiatement, sous peine d'être
confronté à des problèmes d'organisation et d'efficacité ;
- une rotation des moyens : les moyens engagés dans les interventions ne peuvent pas assurer leur missions habituelles, il
faut donc faire venir des moyens de centres d'intervention plus éloignés pour ne pas laisser les centres dégarnis ; par
ailleurs, les équipes travaillant dans des conditions difficiles doivent être relayées.
Cela nécessite un commandement à deux niveaux :
- au niveau local, proche de la catastrophe, pour déterminer les priorités, organiser...
- au niveau global (départemental), pour organiser les renforts, les rotations, et l'évacuation des victimes vers les
structures fixes (logement provisoire, centre
hospitalier).
Définission des missions et mise en œuvre
L'organisation sur le terrain suit les méthodes de raisonnement tactiques (MRT) développées par les militaires.
Pour les intervenants finaux (les équipiers), les ordres doivent être simples et sans ambiguité, et correspondre si possible à
des actions réflexe. Cela permet d'éviter de paniquer.
Lorsque l'on doit donner un ordre sur le terrain, il convient de définir précisémment le cadre de l'action et l'objectif à
atteindre. On utilise pour cela l'acronyme mnémotechnique PATRACDR :
- P = personnel (qui va réaliser la mission, avec quel véhicule)
- A = armement (équipement des véhicules)
- T = tenue (équipement individuel et collectif des personnels)
- R = radio (de quel moyen de communication la colonne dispose-t-elle ; vérification de ces moyens)
- A = alimentation (autonomie en eau et en nourriture)
- C = commandement (qui sont les responsables, quelle est l'organisation hiérarchique du groupe)
- D = déroulement prévu (nature de la mission, objectifs finaux et intermédiaires, durée prévue)
- R = rendez vous (heure et lieu du rendez vous pour les véhicules constituant le groupe)
Ceci permet de définir l'« ordre préparatoire » (préparation de la mission) ; il doit être écrit. La partie
PATR fait partie du quotidien (gestion des équipes dans une caserne, un service) ; la partie ACDR ne sert que pour les
déplacement sur de longues distances. Une fois l'équipe prète, l'ordre de mouvement obéit à l'acronyme mnémotechnique
DPIF :
- D = direction (direction générale du mouvement)
- P = point à atteindre (destination)
- I = itinéraire à suivre (point de départ, points intermédiaires et point de d'accueil à l'arrivée)
- F = formation (ordre des véhicules, intervalles, vitesse, signaux spéciaux de signalisation tels que gyrophares et sirènes,
veille radio, consignes de sécurité)
Cet ordre est en général oral. Une fois sur place, le chef de mission prépare la mise en application des ordres en définissant
les cinq points suivants :
- Où doit se faire l'action ?
- Par où ?
- Contre quoi doit-on agir ?
- Comment ?
- Avec quoi ?
Une fois les premières actions (ou réaction imminentes, RI) lancées, le chef de mission doit poursuivre la reconnaissance,
renseigner le poste de commandement et planifier la poursuite de la mission ; pour cela il consièdre le SOIEC :
- S = situation (état des lieux et actions déjà menées)
- O = objectif (le but à atteindre est précisé)
- I = idée de manœuvre (objectif final, étapes intermédiaires)
- E = exécution (coordination des équipes, délégation des actes)
- C = commandement (articulation du dispositif, transmissions avec le poste de commandement)
Ceci permet d'adapter la mission à la réalité rencontrée. La situation est réévaluée régulièrement en considérant le
SOIEC.
Les plans de secours en France
Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR)
- plan Orsec : organisation
des secours à moyens dépassés
- plan rouge : nombreuses victimes sur le terrain
- plan blanc : afflux massif
de victimes à l'hôpital
- plan particulier d'intervention : relatif à un risque précis mais non localisé
- plan Accifer ou plan Interfer : accident de chemin
de fer
- plan Biotox : diffusion d'un agent infectieux
- plan Piratair :
détournement d'avion
- plan Piratom : diffusion
d'un agent contaminant radioactif (« bombe
sale »)
- plan Piratox : diffusion d'un agent toxique
- plan Polmar : pollution
maritime (marée noire)
- plan Samar : sauvetage
aéro-maritime (nauffrage, accident aérien dans l'eau)
- plan Sater : sauvetage
aéro-terrestre (accident aérien sur le sol)
- plan de secours spécialisés (PSS) : relatif à un lieu précis (site classé
Sévéso, installation nucléaire de base...)
- plan d'opération interne (POI) : plan interne prévu par l'établissement
Plans de veille :
Lien externe
Voir aussi
Plan de secours informatique

