Planeur
Un planeur est un aérodyne dépourvu de moteur. La pratique du planeur est le vol à
voile.
Il s'agit d'un aéronef muni de plans sustentateurs à allongement important lui conférant un angle de plané très faible. Son
pilotage s'effectue en maîtrisant les trois axes de roulis, tangage et lacet. Les planeurs peuvent être mis en l'air de trois
façons différentes. La plus répandue est le remorquage par un avion dit remorqueur, la seconde moins fréquente est le treuil et
enfin plus rarement, par ses propres moyens grâce à un moteur escamotable.
Eléments constitutifs principaux
Monoplaces ou biplaces, on distingue trois parties essentielles :
- La voilure :
Sa fonction est d'assurer la portance de la machine.
De 13 m à 31 m d'envergure, elle est constituée de deux ailes aussi appelées plumes qui assurent la portance celles-ci
possèdent à leurs extrémités sur les bords de fuite des ailerons d'inclinaison qui contrôlent l'axe de roulis.
Chaque aile est équipée d'aérofreins qui sont des dispositifs dont la fonction est d'augmenter le taux de chute de la machine.
Les modèles les plus performants disposent aussi de volets de courbure appelés parfois dispositifs hypersustentateurs dont la fonction est d'augmenter la portance à basse
vitesse et de diminuer la trainée dans les hautes vitesses.
Les recherches en aérodynamique ont fait progresser la technique et on trouve de nos jours des dispositifs de décollage et
recollage de la couche limite. Vous pourrez observer sur les
surfaces des profils de minuscules trous servant aujourd'hui au soufflage (ce qui permet le recollage de la couche limite) et qui
demain serviront aussi à l'aspiration de cette couche limite. Ces dispositifs ont pour objectif d'améliorer les performances dans
tout le domaine de vol (vitesse minimum et vitesse maximale en fonction des angles d'incidence).
- Le fuselage :
Sa fonction est d'abriter le ou les pilotes et sa liaison avec les empennages et la voilure assure la maîtrise des trois axes.
Cette partie centrale cylindroconique de 6 à 8 m de long reçoit à l'avant, la cabine de pilotage et par dessous le train
d'atterrissage. Il abrite aussi, sur les modèles à dispositif de décollage embarqué, le moteur et dans la plupart des cas, le
pilône support de l'hélice et/ou du moteur. L'ensemble de ce dispositif est escamotable afin de conserver à la machine toutes
qualités aérodynamiques.
- Les empennages :
Leur fonction est d'assurer le contrôle des axes de tangages et de lacet. Ils sont constitués de nos jours de plans verticaux et
horizontaux en « T » qui portent les gouvernes de direction (gouvernail) et de profondeur aussi appelé stabilisateur.
Historiquement les empennages ont aussi été disposés en croix et en « V ».
En 2003 en France les dispositifs et les instruments d'aide au pilotage impératifs sont les suivants :
- L'anémomètre ou « badin »
- L'altimètre
- Le variomètre (mesure la vitesse ascensionnelle)
- La boussole
Les instruments complémentaires sont les suivants
- La radio
- Le calculateur de vol qui intègre les principales fonctions suivantes : altimètre, variomètre, tachymètre,
géopositionnement, durée de vol, autonomie etc.
Pour finir, le ou les pilotes doivent disposer d'un parachute.
Pourquoi un planeur peut-il rester en l'air longtemps ?
Le planeur chute toujours lentement vers le sol (taux de chute ou angle de plané), pour tenir l'air, le pilote recherche donc
des courants aériens ascendants dans lesquels il essaiera de
maintenir sa machine afin de profiter de la force ascensionnelle de ceux-ci ; si cette vitesse ascensionnelle est plus
élevée que le taux de chute du planeur, ce dernier gagnera de l'altitude. Ainsi en « transitant » d'un courant
ascendant à l'autre, il lui est possible de tenir l'air des heures et de parcourir de grandes distances.

Planeur Type Schempp-Hirth Discus en finale tous aérofreins sortis
Les différentes façons pour prendre de l'altitude
- Dans le vol de plaine, la prise d'altitude se fait dans une ascendance thermique, c'est-à-dire dans un courant ascendant créé
par un gradient de température. Il faut un gradient de température supérieur à 1°C
pour 100 m pour que l'air soit instable et que se créent des ascendances thermiques.
En pratique, les masses d'air instables se rencontrent souvent derrière les fronts froids, dans ce qu'on appelle un ciel de
traîne. Cette forme de vol est à l'origine du vol à voile. Elle a été découverte par les pilotes allemands de l'entre deux
guerres lors des premières compétitions de vol plané à la Wasserkuppe. Les gains d'altitude en plaine pour ce type de vols
dépassent rarement 4 000 m en Europe.
- Le vol de plaine peut aussi se faire dans une ascendance dynamique appelée « pompe ». Elle se forme sous
les cumulus ce qui facilite sa localisation contrairement à l'ascendance thermique
qui n'est généralement pas repérable.
- Le vol de pente est une autre forme d'exploitation des courants ascendants. À l'occasion de journées où la vitesse du vent
dépasse 12 à 15 noeuds (25 à 30 km/h) celui-ci interagit avec les reliefs et génère des ascendances exploitables
jusqu'à 500 m ou 700 m au-dessus du niveau des crêtes. Ces reliefs doivent être suffisamment étendus afin d'éviter
d'être contournés par le vent.
- Le vol d'onde : L'onde est le résultat de l'action d'une masse d'air mue par le vent sur un relief montagneux. La
particularité de l'onde est d'offrir des répercussions de la forme d'onde jusqu'à de très hautes altitudes. Celle-ci se produit
lorsque la structure de la masse d'air est très instable, c'est-à-dire lorsque la différence de température pour une élévation de
1 000 m est supérieure à 8° C. L'air étant mauvais conducteur de la chaleur, les différentes couches ne se
mélangent pas et se repoussent donc les unes les autres. Le vol d'onde permet ainsi des vols exceptionnels. Il est arrivé à plus
d'un vélivole de faire des transitions longues de plus de cent kilomètres à la vitesse de 200 km/h sans perdre
d'altitude.
Le vol d'onde a permis aussi le record absolu d'altitude : jusqu'à 14 938 m.
Ces deux dernières formes de vol, qui utilisent les courants engendrés par le vent, sont désignées également par le terme
générique de vol orographique.
Les différents types de fabrications des planeurs de compétition
Historiquement on peut classer les différents types de fabrications de la façon suivante
- Les constructions en bois et toiles (anciennes).
- Les constructions mixtes en bois et tubes d'acier.
- Les constructions tout-métal (rares).
- Les constructions en fibre de verre ou carbone et résine (contemporaines).

Planeur Biplace de performance, envergure 25 m finesse max. 60
Photo FUCHS - Puimoisson - 07/2002
- Les motoplaneurs de compétition à dispositif d'envol incorporé et escamotable.
- Les motoplaneurs dont le dispositif d'envol n'est pas escamotable sert de machine d'écolage et permet la découverte les
principes de base du pilotage trois axes. Ces machines ne sont jamais utilisées en compétition vol à voile.

Motoplaneur slovène APIS ULM avec dispositif de décollage sorti, le pilône supporte le moteur et l'hélice.
La pratique sportive
Le pilotage du planeur donne lieu à une pratique sportive qui s'appelle le Vol à Voile. Ses adeptes sont des vélivoles. On distingue deux disciplines :
- le vol de circuit;
- l'acrobatie.
Quelques records
Distance libre : 3009 km Klaus OHLMANN (D)
Distance en biplace : 1 375 km J.N. et G. HERBAUD (F)
Distance en ligne droite : 1 461 km H.W. GROSSE (D)
Distance sur Aller Retour : 1 646,7 km T. KNAUFF (USA)
Altitude absolue : 14 938 mètres R. HARRIS (USA)
Vitesse sur triangle de 100 km : 249,09 km/h Horacio MIRANDA (Argentine)
Vitesse sur triangle de 1 000 km : 169 km/h H. FISCHER (D)
Quel est l'état actuel de la technique ?
Les machines les plus performantes affichent aujourd'hui des finesses de 60 jusqu'à 70 pour le nec plus ultra tandis que les
constructeurs les plus à la pointe de la technologie, assurent être techniquement capable de produire aujourd'hui des machines de
finesse 100 ce qui reste encore une frontière mythique : parcourir 100 km pour une perte d'altitude de 1 000 m.
Soit, pour une journée de vol en plaine où les plafonds de l'ordre de 2 200 m sont assez fréquents, une autonomie théorique
de 220 km !
Voir aussi
- Aérodynamique ~ Aéronautique ~ Aviation ~ Avion ~ IFR ~ Instruments de vol
- Unité en aviation ~ VFR ~ ULM ~ Planeurs
militaires ~ Vol à voile
Liens Externes
- Le motoplaneur solaire Icaré 2
- Récit d'un baptême de l'air en planeur

