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La Politique agricole commune ou PAC est une politique mise en place à l'échelle de l'Union
européenne pour moderniser et développer l'agriculture. La PAC s’applique
aussi au produits de la pêche ainsi qu’au produits
de première transformation. Le traité de Rome, signé le 25 mars 1957, a donné à la PAC une orientation
résolument productiviste, car il fallait augmenter la production
agricole, et nettement protectionniste, car la construction d’une
union douanière
nécessitait une protection aux frontières. Il s'agissait alors de rendre la Communauté autosuffisante, plus solidaire, et de
moderniser un secteur agricole encore très disparate selon les pays. La PAC représente 46 % des dépenses dans le budget européen
(mais celui-ci est relativement faible par rapport aux budgets des États membres ; les ressources de l'Union européenne sont
en effert composées d'un prélèvement de 1 % de la TVA et d'une cotisation plafonnée à 1,27 % du PNB communautaire).
La PAC a été l’un des piliers de la construction européenne. Elle a été une incontestable réussite sous certains aspects : modernisation de l'agriculture, développement de la production, immenses gains de productivité qui ont fait de l’Union le 2e exportateur mondial, autosuffisance alimentaire (bien qu’elle ne soit pas encore assurée dans tous les secteurs, notamment les fruits et légumes et les ovins, si bien que l’Union reste le 1er importateur mondial de produit agricoles), mais a rencontré de redoutables écueils avec des crises liées à la surproduction de nombreux produits, aux variations de change des monnaies, à l'entrée de nouveaux membres, à l'opposition avec d'autres exportateurs dans le cadre du GATT puis de l'OMC, et à l'explosion des coûts supportés par le budget communautaire, et principalement par l'Allemagne.
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Il existait déjà dans les six pays fondateurs de la Communauté européenne, des politiques agricoles nationales, non coordonnées. Cela s’explique par la nature de la production agricole qui ne peut pas être laissée totalement soumise au libre jeu du marché. Il existe, en effet, trop d’aléas, liés à de multiples facteurs : aléas climatiques, multiplicité des intervenants, délais entre la prise de décision et les effets sur le marché, difficulté de stockage de certains produits…) qui affectent la production, et parfois aussi la consommation. Cela se traduit par des fluctuations très importante des niveaux de production, et par conséquent des variations de prix parfois insupportables, tant par les producteurs que par les consommateurs.
Le traité de Rome instituait aussi le principe de libre circulation des marchandises, qui était par définition incompatible avec des mesures de soutien du marché au niveau national, car cela aurait faussé le jeu normal de la concurrence.
Les six pays fondateurs n’assuraient pas, à des degrés divers, leur autosuffisance (assurée à 80 % seulement en moyenne) pour la plupart des grands produits alimentaires, et dépendaient donc d’un marché mondial très instable.
Le niveau de développement de l’agriculture, qui représentait à l’époque 22 % de la population active de la Communauté, était très inégal et le besoin d’une modernisation des structures agricoles paraissait évident.
Le Traité de Rome définit les bases de la PAC en son titre II qui traite de l’agriculture et notamment, en son article 39, lui assigne cinq objectifs précis :
L’article 40 du Traité prévoyait la mise en place d’une organisation commune des marchés agricoles, pouvant prendre trois formes :
La conférence de Stresa, qui s’est tenue du 3 au 11 juillet 1958, a défini les grandes principes de la PAC :
Des réformes successives ont été entreprises, non sans mal à cause de la difficulté à trouver un consensus :
Ces produits, listés en annexe I au Traité, ne couvraient à l'origine que la moitié de la production agricole. Cette liste a été très étendue par la suite.
En 2002, le coût net de la PAC s'est élevé à 45,36 milliards d'euros, soit 46,1 % du budget total de l'Union européenne (à 15). Les dépenses totales se sont élevées à 47,26 milliards (dont 44,25 au titre du FEOGA-garantie et 2,95 au titre du FEOGA-Orientation) et les recettes à 1,89 milliards (dont 1,21 au titre des prélèvements).
L'Union européenne n'est pas la seule à soutenir sa production agricole. À titre de comparaison voici le niveaux des aides de quelques pays importants, comparés selon différents critères (source OCDE) :
| 2 001 | millions de dollars | en % du PIB | en dollars par habitant | en dollars par agriculteur | en dollars par ha agricole | en % de la valeur des recettes agricoles brutes |
| Union européenne | 105 624 | 1,4 | 281 | 16 | 676 | 35 |
| États-Unis | 95 259 | 0,9 | 346 | 20 | 117 | 21 |
| Japon | 59 126 | 1,4 | 467 | 23 | 9709 | 59 |
| Mexique | 7 892 | 1,3 | 81 | 1 | 60 | 19 |
| Canada | 5 154 | 0,7 | 168 | 9 | 53 | 17 |
| Suisse | 4 672 | 1,9 | 650 | 27 | 2667 | 69 |
| Norvège | 2 385 | 1,4 | 531 | 35 | 2086 | 67 |
| Australie | 1 177 | 0,3 | 61 | 2 | 2 | 4 |
Commission européenne, agriculture
Politique commune des pêches


