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Les premières explorations archéologiques menées avant le milieu des
années soixante-dix avaient mis en évidence les traces d'un peuplement ancien de la péninsule, parmi lesquelles des sites
d'habitation et des monuments mortuaires. Les découvertes essentielles du milieu des années quatre-vingt vinrent confirmer que
des bandes d'homo erectus des gorges d'Olduvai, dans l'Est
africain, avaient apporté à l'Ouest de l'Arabie leur culture développée — dite des outils olduviens — il y a plus d'un
million d'années. Les outils de la fin du paléolithique et du
néolithique, trouvés dans un Rub al-Khali aujourd'hui désertique, y ont été laissés par des chasseurs ou des colons venus
s'installer sur les berges des lacs : une première vague de ces peuplements a eu lieu il y a 17000 ans, suivie d'une autre
il y a 10000 ans et d'une dernière il y a 5000 ans. Des fouilles le long de la côte du Nord-Est ont fait la preuve de l'existence
de liens antérieurs à -2500 avec les
civilisations mésopotamiennes.
La reconstitution du tracé des anciennes routes a montré que la plupart des villes dépendaient économiquement du passage d'une des nombreuses pistes qu'empruntaient les caravanes. La plus importante de ces anciennes routes partait d'Aden, traversait l'Asir et l'Hijar en direction du Nord, puis déservait le point d'eau et de ravitaillement de La Mecque avant de se poursuivre plus au Nord. Le trafic le long de cette route au début du VIIe siècle a influencé l'émergence et la diffusion de l'Islam.
Quand le flambeau du pouvoir politique et militaire de l'Islam passa de La Mecque et Médine à Damas à la fin du VIIe siècle, puis à Bagdad, le rôle de l'Hijaz et de l'Arabie entama un déclin de plusieurs siècles. La majeure partie de l'Arabie resta une zone frontière, isolée et fragmentée en tribus rivales. Avec la chute du calife abbasside en 1258, le contrôle des lieux saints du Hijaz passa entre les mains de l'Égypte mamelouk. Il revint ensuite aux Ottomans quand les Turcs conquirent l'Égypte en 1517. L'intérieur de la péninsule connut une évolution séparée qui mena à l'émergence de la famille Al Saud au XVIIIe siècle. Matant les autres clans, les Sauds parvinrent à la domination du Nadj, le plateau situé au centre de la péninsule arabique, qui constitue toujours le noyau du pouvoir de la famille royale.
Au milieu du XVIIIe siècle, le chef des Sauds, Mohammed ibn Saud, allia la famille à un réformateur religieux, Mohammed ibn al-Wahhab, liant le pouvoir temporel saoudite au puritanisme religieux. La croyance religieuse qui en résulte est parfois appelée unitarisme et souvent, de manière inadéquate, wahhabisme. Depuis leur capitale à al-Diriyah près de Riyad, les deux leaders parvinrent à étendre leur contrôle à presque toute la péninsule aux alentours de l'an 1800.
Las du pouvoir grandissant des Sauds, les Ottomans envoyèrent alors l'égyptien Mohammed Ali les renverser et rétablir l'autorité de l'Empire sur le Hijaz sacré. Les Égyptiens capturèrent la capitale saoudite d'al-Diriyah en 1818, détruirent ses forts et interrompirent la domination des Al Saud sur la région ; ils ne parvinrent cependant pas à éradiquer les racines religieuses et nationales de leur pouvoir. Quelques années plus tard, les Sauds regagnèrent leurs territoires perdus, à l'exception du Hijaz, et établirent leur nouvelle capitale à Riyad.
Le leadership des Sauds mis à mal par des querelles familiales, les Ottomans parvinrent par la suite à occuper de nouveau al-Hasa, à l'Est de la péninsule ; et les Rashids, une famille rivale, s'assura le contrôle d'une bonne partie du Nadj. Les Al Sauds trouvèrent refuge au Koweit, d'où un jeune Saud, Abd al-Aziz ibn Abd al-Rahman, organisa la prise de Riyadh et du Najd en 1902. Nouveau chef du clan, Abd al-Aziz avait organisé les Bédouins en ikhwan, « confréries » qui constituèrent sa force de frappe et lui permirent de reprendre graduellement le contrôle de toute la péninsule. Il annexa la dernière grande région en 1924 1925 quand ses combattants ikhwan conquérirent l'Hijaz — les îles et la côte ouest de la péninsule. Cette ancienne province ottomane, qui était alors gouvernée par la famille Hashimite du Shérif Husayn, héros de la Révolte arabe, comprenait les villes saintes de La Mecque et Médine ; leur contrôle donna à Abd al-Aziz le titre de Serviteur des deux Sanctuaires.
En janvier 1927, Abd al-Aziz fut officiellement intronisé Roi de Hijaz, de Nadj et de leurs dépendances, avec La Mecque et Riyad pour capitales. Dans le Traité de Jiddah (1927), la Grande-Bretagne reconnut le status quo en Arabie. Le 22 septembre 1932, Adb al-Aziz, connu à l'Ouest sous le nom de Ibn Saud, rebaptisa le pays du nom d'Arabie saoudite, désignation qu'il conserve aujourd'hui.
Abd al-Aziz accepta le concept de modernisation du pays et persuada les ultra-conservateurs religieux d'accepter les nouvelles technologies : les automobiles, la radio, le téléphone, l'avion et la télévision. Après 50 ans de pouvoir, Adb al-Aziz mourut en 1953 et fut suivi d'une succession de ses fils — Saud ibn Abd al-Aziz, Faysal ibn Abd al-Aziz, Khalid ibn Abd al-Aziz et, depuis 1982, le roi Fahd ibn Abd al-Aziz.
Catégories: Arabie saoudite


