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| Articles sur la Polynésie française |
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Géographie |
Sous protectorat français depuis 1842, la Polynésie est devenue territoire d'outre-mer en 1946. Dans le prolongement des lois Defferre sur la décentralisation, elle bénéficie, en 1984, d'un premier statut d'autonomie interne. Vingt ans plus tard, celui-ci est révisé et renforcé pour la quatrième fois.
Le nouveau projet consacre, en outre, un système de « discrimination positive » en matière d'emploi et de patrimoine foncier, en faveur des citoyens pouvant faire état d'une certaine durée de résidence dans le Pacifique. Sur le modèle calédonien, il introduit la notion de « loi du pays », mais celle-ci n'a pas la même valeur juridique qu'en Nouvelle-Calédonie. Sur le Caillou, les lois du pays sont soumises au Conseil constitutionnel et ont donc, après validation, force de loi. En Polynésie, ces « lois » seront transmises au Conseil d'État et ne constitueront que des actes administratifs à caractère particulier.
L'autonomie de la Polynésie franchit cependant un nouveau palier avec la possibilité qui lui est accordée de négocier des accords internationaux avec des États ou des organismes internationaux, et pas seulement ceux de la zone Pacifique. Autre changement significatif, le président du gouvernement de Polynésie française deviendrait « président de la Polynésie française » et il pourrait être choisi hors des rangs de l'Assemblée territoriale, c'est-à-dire ne pas être élu. Ultime précaution, l'avant-dernier article du projet de loi organique, le 197e, précise que l'actuel sénateur du territoire, Gaston Flosse, est bien élu jusqu'en 2007...
Enfin, sous couvert de statut, le texte propose une réforme tout à fait particulière du mode de scrutin pour les élections territoriales : outre le découpage de l'archipel des Tuamotu, il relève le seuil de 5 % à 10 % des suffrages exprimés pour la répartition des sièges et, par voie d'un amendement déposé directement par M. Flosse au Sénat, il attribue une prime majoritaire de 30 % à la liste arrivée en tête au premier tour. Par ce double mécanisme, les minorités politiques locales pourraient disparaître pour ne laisser place qu'à un affrontement entre le Tahoeraa Huiraatira (Rassemblement pour la République de Polynésie) de M. Flosse et les indépendantistes du Tavini.
Cependant, aux élections territoriales du 9 mai 2004, bien que l'UMP reçoive plus de suffrages que les indépendantistes du Tavini, elle perd la majorité absolue. Le chef indépendantiste Oscar Temaru est élu président de la Polynésie française le 14 juin 2004 par 29 voix contre 28. Le 9 octobre suivant, cependant, le gouvernement de Temaru est censuré par l'assemblée du territoire suite à l'adoption de deux motions de censure présentées par Gaston Flosse par 29 voix contre 28, l'un des élus indépendantistes ayant rallié l'autre camp. Le Tavini, soutenu par le PS, accuse alors les partisans de M. Flosse de « corruption » et dénonce un « coup d'état légal ». Le 16 octobre, 15 000 personnes, soit 10 % de la population de Tahiti, manifestent à Papeete pour exiger la dissolution de l'Assemblée Territoriale. Pour la première fois de l'histoire, des manifestations ont également lieu à Nuku Hiva et Rangiroa.


