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Grec exilé à Rome (Mégalopolis, Arcadie, Grèce, entre -210 et -202 – 126 av. J.-C.). Militaire, politique et auteur.
Issue d’une grande famille arcadienne, le jeune Polybe reçoit une solide éducation militaire. Dans le sillage de son père, Lycortas, Polybe est un des meneurs de la Ligue achéenne, au moment de la défaite du roi Persée face à Paul Émile le Macédonien, à Pydna (-168). Rome exige de la Ligue, restée neutre, des otages parmi les dirigeants politiques soucieux de l’indépendance des villes grecques ; Polybe est de ceux-là.
À Rome, il se lie d’amitié avec le fils de Paul-Emile, Scipion Émilien. En 150 avant J.C., l’exil prend fin, Polybe rentre en Grèce. Mais très vite, Scipion Émilien fait appel au militaire qu’est Polybe, et avec son aide, rase Carthage (-146). C’est alors que la Ligue achéenne se soulève contre Rome ; le résultat est désastreux : les Achéens sont écrasés, Corinthe détruite. Grâce à ses relations, Polybe est chargé par les Romains de faire respecter leurs volontés dans la politique grecque. Polybe réussit l’exploit de se concilier la reconnaissance des Grecs et la satisfaction des Romains. Polybe termine sa carrière politico-militaire aux côtés de son ami Scipion Émilien en Espagne, au siège de Numance (-133).
Outre l’Eloge de Philopæmen, le Traité de tactique et la Guerre de Numance, perdues, Polybe a écrit les Histoires, dont seuls cinq volumes sur les quarante d’origine nous sont parvenus dans leurs totalités. Les travaux de Polybe sont loués pour leur rigueur, le refus d’invoquer les interventions des Dieux dans les phénomènes historiques, ainsi que la méthode utilisée : prospective, rigoureuse, éloignant les effets de manche au profit de l’exactitude et de l’objectivité sèche ; ce qui explique en partie son style pauvre.


