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Les polynucléaires neutrophiles (simplement appellés « neutrophiles ») sont des cellules sanguines appartenant à la lignée blanche (leucocytes), qui ont donc un rôle dans le système immunitaire. On les appelle polynucléaires en raison d'une erreur historique : de part le caractère lobé de leur noyau (3 lobes en général), on a longtemps cru que ces cellules possédaient plusieurs noyaux. Le qualificatif de « neutrophile » vient aussi d'une caractéristique visible en miscroscopie optique : après ajout des coloraux vitaux usuels, ces cellules restent neutres (elles ne fixent pas les colorants). Les autres polynucléaires sont les polynucléaires éosinophiles et basophiles. Les neutrophiles représentent à eux seul environ 65% de l'ensemble des leucocytes du sang, et 99% des polynucléaires.
Les neutrophiles ont un rôle primirdial de phagocytose lorsqu'ils rencontrent une cellule étrangère ou infectée. La phagocytose se déroule juste après la stimulation du neutrophile par un antigène porté par la cellule cible (cet antigène étant le plus souvent un fragment de membrane bactérienne ou un fragment de virus, reconnu comme étranger) avec l'emission de pseudopodes (longs prolongements cytoplasmiques) qui vont entourer la cellule cible, et finir par l'inclure dans le corps cellulaire du neutrophile. Là, des vacuoles contenues dans le neutrophiles fusionnent avec la vacuole de phagocytose : leur contenu détruit la cellule cible par un mécanisme toxique. Ce processus entraîne la mort du neutrophile, car elle épuise toutes ses réserves en glucose. La phagocytose est favorisée par la mobilité de ces cellules : elles sont capable de se déplacer dans le sang puis les tissus vers les foyers d'infection, où elles sont attirées par chimiotactisme (lors d'une infection, les cellules endothéliales, mastocytes et macrophages à proximité libèrent des substances chimiques appellées cytokines, qui attirent les polynucléaires.)
Les neutrophiles sont bien plus nombreuses que d'autres cellules douées de phagocytose (les macrophages), mais survivent dans le sang bien moins longtemps. Certains spécialistes du système immunitaire pensent que cette courte durée de vie (qui se termine dès la première phagocytose) est une adaptation évolutive qui permet d'éviter la propagation de pathogènes capables de parasiter les phagocytes.
Une baisse de la valeur absolue des neutrophiles est appellée « neutropénie ». Celle-ci peut être congénitale, ou bien plus souvent liée à des facteurs aquis (infection sévère, chimiothérapie, etc.)
Les anomalies fonctionnelles sont elles le plus souvent héréditaires : les neutrophiles peuvent être incapables de phagocytose.
Le déficit congénital en alpha-1-antitrypsine entraine un défaut d'inactivation de l'élastase, une des enzymes contenues dans les neutrophiles. L'élastase est une enzyme capable de détruire certains tissus, et cette maladie entraîne des dégats tissulaires, en particulier dans le poumon (emphysème pulmonaire).


