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Perçu erronément aujourd'hui comme un synonyme de démagogie, le populisme est en réalité un courant politique surgi au sein des masses rurales en difficulté, principalement aux États-Unis, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cette éclosion est parallèle à celle des mouvements ouvriers, mais des divergences d'intérêts empêcheront le plus souvent la jonction de ces deux mobilisations contre les intérêts du gros capital, en particulier contre des tarifs bancaires et ferroviaires prohibitifs.
A l'origine de cette école, l'on trouve le Manifeste (1929) d'André Thérive et Populisme (1931) de Léon Lemonnier, les deux auteurs prétendant réagir contre l'analyse psychologique en littérature. Le choix du peuple comme sujet principal témoignait avant tout d'une fascination pour le prolétaire envisagé quasi-ethnologiquement, d'avantage que comme une expression de la littérature engagée. Pour ces raisons, ce courant fut très vite écrasé par ses détracteurs communistes --Paul Nizan dénonçant ce "nouvel exotisme"-- et par l'indifférence des littérateurs supposés de droite. Ce courant littéraire ne survécut guère à ces deux auteurs.


