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Première Guerre mondiale


La Première Guerre mondiale dura de 1914 à 1918. Ce fut le premier conflit couvrant plus de la moitié de la Terre, d'où le nom de « guerre mondiale ». Cependant, antérieurement au début de la Seconde Guerre mondiale, on appelait cette guerre « la Grande Guerre », « la Guerre des Guerres » ou la « la Der des Ders ».

Sommaire

Causes

On dit que les guerres ont des raisons futiles et des causes profondes. Il existe de nombreuses causes au déclenchement de la Première Guerre mondiale et rétrospectivement, elle paraît inévitable. Cependant, plusieurs fois, le déclenchement de la guerre avait pu être évité (épisode de la canonnière d'Agadir, nombreux incidents de frontières franco-allemands, nombreuses guerres des Balkans sans conséquences sur le reste du monde).

Colonies, zones de commerce et montée de l'Allemagne

À la fin du XIXe siècle, l'Europe domine le monde, technologiquement, financièrement, économiquement, et surtout politiquement : l'Afrique est presque entièrement colonisée (à l'exception du Liberia et de l'Éthiopie), ainsi que l'Asie méridionale. La Chine tombe sous la domination européenne petit à petit. Les États-Unis et la Russie tentent de remplir leur espace immense.
Un conflit entre le Royaume-Uni et la France aurait pu éclater sur l'incident de Fachoda. Mais la montée en puissance rapide de l'Allemagne les a rapprochés dans l'Entente cordiale. Le Royaume-Uni surtout mais également la France avaient un empire immense qui assurait une quasi exclusité de commerce et d'exploitation des richesses sur un régime colonial. L'Allemagne qui ne possédait quasiment aucune colonie et surtout de peuplement, avait commencé à prétendre à celles du plus faible notamment au Maroc dans deux crises en 1905 et 1911.

L'Alsace et la Moselle

De son côté, la France désirait toujours obtenir sa revanche de la défaite de la guerre de 1870 contre l'Allemagne. Dans les écoles françaises, où allaient tous les enfants depuis les lois de Jules Ferry, on coloriait l'Alsace et la Moselle en noir sur la carte de France -- territoires qu'elle avait du céder à l'Allemagne par le Traité de Francfort. Cette génération a donc été élevée avec le syndrome du membre amputé. En 1914, il n'y a que 1 % de déserteurs. Ils étaient 30 % en 1870.

Les Balkans

Les pays des Balkans, libérés de l'Empire ottoman, homme malade de l'Europe, sont l'objet de rivalités entre les grandes puissances. L'Empire ottoman qui s'émiette peu à peu (guerres balkaniques), ne possède plus en Europe, à la veille de la guerre, que Istanbul. Tous les jeunes pays issus de sa décomposition (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Serbie, Monténégro, Albanie) cherchent à s'agrandir aux dépens de leurs voisins.

De plus, les deux ennemis séculaires de l'Empire ottoman poursuivent leur politique traditionnelle. L'Autriche-Hongrie désire continuer son expansion dans la vallée du Danube, jusqu'à la Mer Noire. La Russie, elle, est liée historiquement et culturellement aux Slaves des Balkans, de confession orthodoxe, et leur a déjà souvent prêté appui par le passé. Elle dispose donc d'alliés naturels dans sa politique de conquête d'un accès à une mer chaude (qui passe par le contrôle des Détroits). Évidemment, ces deux politiques entre une puissance catholique et une puissance orthodoxe provoquent des affrontements (les deux empires possèdent d'ailleurs un aigle bicéphale comme emblème).

Système d'alliances

De vastes systèmes d'alliances se créèrent : la France, le Royaume-Uni et la Russie d'un côté (cette alliance se nomme la Triple-Entente), l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie, ennemi de la Russie et de la Serbie (la Triple-Alliance ou Triplice).

L'engrenage infernal

L'événement déclencheur fut l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, à Sarajevo le 28 juin 1914 par de jeunes nationalistes serbes. L'Autriche-Hongrie exigea de pouvoir mener une enquête sur place, ce à quoi s'opposa la Serbie pour des raisons de souveraineté. L'Autriche posa alors un ultimatum le 28 juillet à la Serbie. La Serbie ne céda pas. L'attaque de la Serbie par l'Autriche déclencha les dispositions prévues par les alliances : le 30, les Russes déclarèrent la guerre à l'Autriche pour aider leurs alliés serbes, le 1er août les Allemands vinrent à leur tour prêter main-forte aux Autrichiens en déclarant la guerre à la Russie, puis le 3 à la France. Le 4, le Royaume-Uni déclara la guerre à l'Allemagne, dès l'invasion par celle-ci de la Belgique neutre.

Ce fut le début de la guerre. Parmi les principaux pays européens, seule l'Italie resta neutre (ce pays entrera en guerre aux côtés de l'Entente à partir de 1915). Les deux camps étaient équilibrés : l'Axe et l'Entente possédaient chacun 1,9 million de soldats. Les Allemands avaient un net avantage du point de vue de l'artillerie lourde, mais il était compensé par la suprématie sans partage des Britanniques sur la mer. Les Français avait une meilleure artillerie légère avec le 75 (qui sera ensuite égalé par le 77 autrichien).

Front occidental

Guerre de mouvement : les batailles des frontières

En 1914, les Européens pensaient que la guerre serait courte. On disait aux soldats partis en août qu'ils seraient revenus pour les vendanges, les soldats partaient « la fleur au fusil ». Mais les généraux, qui ont étudié les guerres napoléoniennes, avaient un conflit de retard dans la manière d'envisager un affrontement. Suite à l'augmentation énorme de l'efficacité des armes profitant notamment de la révolution industrielle les fortifications avaient été durcies mais la doctrine de l'infanterie ne l'avait pas prise en compte. Les soldats français possédaient au début des uniformes hérités des uniformes de parade, à pantalon rouge garance et veste très visibles, et chargeaient en masse sur un ennemi relativement éloigné et qui les attendait. Ils se faisaient faucher par les mitrailleuses allemandes en terrain découvert. Par ailleurs, les Français ne disposaient pas de casques (celui des Allemands à pointe protégeait mal) et les blessures à la tête par les éclats d'obus causèrent de nombreuses pertes au début de la guerre. L'année suivante l'uniforme français est le bleu horizon et les casques sont enveloppant.

Les Français avaient massé leurs troupes près de la frontière franco-allemande, entre Nancy et Belfort, divisées en cinq armées. Ils prévoyaient une attaque frontale, le plan XVII. En revanche les Allemands possédaient un plan beaucoup plus ambitieux. Ils comptaient sur la rapidité d'un mouvement de contournement par la Belgique pour surprendre les troupes françaises et marcher à l'est de Paris (plan établi par Plan schlieffen en 1905) pour refouler les forces françaises vers le Jura et la Suisse. Ils laissèrent environ les 2/7 de leurs troupes sur la frontière pour résister à l'attaque frontale et préparèrent les 5/7 à cette marche forcée.

Le début du plan se passa à merveille, ils battirent l'armée française à Charleroi (du 21 au 23 août). Simultanément les Français lancèrent le plan XVII, mais ce fut une catastrophe, d'où un repli prématuré des troupes vers leurs lignes. En revanche, les Allemands progressaient toujours et rencontrèrent la garnison de Paris et les troupes de réserve lors de la bataille de la Marne qui marqua l'abandon définitif des plans d'avant-guerre.


Haut-Rhin, France 1917

Bataille de la Marne et course à la mer

Bataille de la Marne

Guerre de position

Après ces différentes stratégies, trop datées ou trop ambitieuses, l'équilibre des forces et la présence des mitrailleuses facilitant fortement la défense par rapport à l'attaque imposa une stabilisation du front. Les soldats creusèrent des tranchées, posèrent des kilomètres de barbelés, des mines, des pièges. L'assaillant était tellement désavantagé par rapport au défenseur qu'aucun des deux camps n'osait lancer d'offensive d'envergure. Quelques généraux ordonnaient tout de même des offensives ponctuelles : les soldats devaient courir parmi les mines, fauchés par les mitrailleuses, pour arriver dans la tranchée ennemie où les combats finissaient souvent à la grenade, au couteau et à la baïonnette.

Fin 1915, Falkenhayn proposa son projet à l'empereur : attaquer Verdun, place-forte dite imprenable par la propagande française, mais qui était en position délicate, en éperon en avant du front français, ne disposant que d'un chemin et d'une voie ferrée pour le ravitaillement. Il espérait que sa chute affaiblirait le moral des soldats français. Le 21 février 1916, l'attaque proprement dite débuta : l'artillerie se mit à pilonner les positions françaises. Les Allemands avançaient peu, mais les pertes du côté français étaient énormes. Le 25 février, le général Langle de Cary décida d'abandonner, ce qui était le plus raisonnable d'un point de vue stratégique. Mais le commandement français pensait qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre Verdun et nomma Philippe Pétain à sa place. Celui-ci, bien qu'ayant acquis la réputation d'être économe du sang de ses hommes, organisa une série de violentes contre-attaques. Les Allemands transformèrent cette bataille au front réduit en une vaste guerre d'usure. Le 1er juillet, les Anglais déclenchèrent une bataille parallèle à Verdun, sur la Somme, afin de diviser les troupes allemandes et de réduire la pression sur les Français. Les Allemands reculèrent le 15 décembre, perdant 5 kilomètres de territoires qu'ils reprirent en grande partie rapidement.

Front oriental

La stratégie allemande de guerre de mouvement qui avait échoué en France fonctionna à merveille contre la Russie. Les armées russes étaient énormes et la France comptait beaucoup dessus pour diviser l'armée allemande. Mais ce nombre impressionnant de soldats (8 millions en 1914) masquait le fait qu'il ne s'agissait le plus souvent que de paysans sans aucune formation militaire, mal armés et mal équipés. Le commandement russe se révéla lui-même médiocre. Les deux armées s'affrontèrent à Tannenberg (en Prusse orientale) du 26 au 30 août 1914 puis aux lacs Mazure du 6 au 15 septembre 1914. Dans les deux cas, les Russes subirent une cinglante défaite et furent obligés de se replier. Lindenburg, le commandant allemand de cette campagne, fut envoyé sur le front ouest pour appliquer les même méthodes. Il échoua car le front s'était déjà stabilisé et les Français étaient préparés (mines, barbelés, tranchées). Il ne put empêcher la guerre d'usure.

Autres fronts

Les deux camps tentèrent des manœuvres de diversion ou de contournement, mais aucune n'eut autant d'importance que ces deux fronts principaux :

1917, le tournant de la guerre

En mars 1917, l’état major impérial allemand prit la décision stratégique de reculer le front plus au nord, sur la ligne dite « Hindenburg », et fit évacuer toutes ses armées des positions occupées depuis 1914 dans le secteur de l’Aisne. Ils dynamitèrent systématiquement les édifices emblématiques des villes et villages auparavant occupées. Ainsi disparurent notamment les forteresses de Ham (Somme), située non loin de là, et de Coucy (27 mars 1917).

Plus tard les deux révolutions russes de mars et d'octobre 1917 permirent aux Allemands des avancées considérables en Russie. Les Bolcheviks signèrent un armistice avec les Empires Centraux dès le mois de décembre, puis la paix de Brest-Litovsk (négociée par Léon Trotsky) en mars 1918. Pour obtenir cette paix séparée, ils consentirent à d'énormes sacrifices, dont un train d'or (le contenu de celui-ci fut confisqué à l'Allemagne par le traité de Versailles). L'Allemagne occupa de plus la Pologne, l'Ukraine, la Finlande, les pays Baltes et une partie de la Biélorussie. Les Allemands profitèrent aussi de cette défection pour envoyer d'importants renforts sur le front ouest et tenter d'obtenir une victoire rapide avant l'arrivée effective des Américains. C'est le retour de la guerre de mouvement.

1918, la fin de la guerre

En janvier 1918, alors que la première guerre mondiale n'est pas terminée, il adresse un message au congrès américain, qui doit garantir la paix. Ce discours des 14 points (« The world must be made safe for democracy » ) réclame notamment la création d'une « League of Nations » ( SDN)). Les autres points serviront de base au traité de Versailles de 1919. Wilson demande :

Les principes wilsoniens peuvent être résumés en trois mots : autodétermination des peuples, liberté et paix.

Renforcés par les troupes venant du front est, et souhaitant forcer la décision avant l'arrivée des troupes américaines, les Allemands mettent toutes leurs forces dans d'ultimes offensives à l'ouest, à partir de mars 1918, sur la Somme, en Flandre, au Chemin des Dames et en Champagne (l'Offensive Michael). Mais mal nourries, mal relevées, épuisées, les troupes allemandes ne peuvent résister aux armées alliées coordonnées par le général Foch et renforcées par le matériel et les hommes américains, les premiers chars (Char Renault FT-17) et la supériorité sous-marine et aérienne : après une révolution ouvrière à Berlin, le gouvernement de la nouvelle République allemande signe l'armistice de Rethondes le 11 novembre 1918 dans le wagon de l'armistice.

Le bilan catastrophique d'une Europe et d'un monde bouleversés

Pertes humaines et matérielles : 8 millions de morts, 6 millions d'invalides. La France a été le pays le plus touché, proportionnellement : 1,4 million de tués et de disparus, soit 10% de la population active masculine. Cette saignée s'accompagne d'un déficit des naissances. La stagnation démographique française se prolonge, avec un vieillissement de la population qui ne continue de croître qu'avec le recours à l'immigration. Cette dernière participe à la reconstruction d'un pays dont le nord est en ruines : maisons, ponts, routes, usines…

Perte de prestige des Européens dans les colonies et dans le monde : la guerre a été mondiale, elle s'est étendue en Afrique où les franco-britanniques se sont emparés des colonies allemandes, en Extrême-Orient où les Japonais ont fait de même dans les Mariannes et en Nouvelle-Guinée. Les colonies ont fourni des vivres, des matières premières, « tirailleurs sénégalais » et « zouaves marocains », souvent engagés dans les combats de première ligne, comme en témoignent les cimetières militaires de l'Ourcq. Au lendemain de la guerre, les peuples colonisés ne croient plus à ce qu'on leur inculquait – la supériorité naturelle de la métropole – et réclament une amélioration de leur sort. À ce premier déclin de l'influence européenne dans les colonies s'ajoute l'expansion des États-Unis, les plus grands bénéficiaires de la guerre, et du Japon, dont les capitaux se placent désormais à Londres et à Paris.

Cimetière du commonwealth d'Etaples

Bouleversements sociaux : les clivages sociaux s'accentuent avec l'enrichissement des « marchands de canons » et l'appauvrissement des petits rentiers, des retraités et des salariés touchés par l'inflation. Les femmes ont acquis une place nouvelle dans la société, en s'étant rendues indispensables pendant toute la guerre, dans les champs, dans les usines, dans les bureaux, dans les écoles (pour compenser la perte de très nombreux instituteurs)… Le féminisme progresse, la mode évolue (la « garçonne » en cheveux courts), le droit de vote est accordé en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux États-Unis, en Russie, mais pas en France.

L'apparente victoire de la démocratie… Quatre empires autoritaires se sont écroulés, ce qui transforme profondément la carte de l'Europe, redessinée par les traités de paix de 1919 : l'empire du tsar - devenu la Russie communiste -, l'empire ottoman réduit à l'actuelle Turquie, l'empire austro-hongrois démantelé - avec la naissance d'une minuscule Autriche et d'une Hongrie, d'une Tchécoslovaquie, d'une Yougoslavie indépendantes -, enfin le Reich allemand, que le traité de Versailles diminue sur le plan territorial, coupe en deux par le « couloir de Dantzig », démilitarise, confisque les colonies, surveille, condamne à de lourdes réparations et rend seul responsable du conflit.

Tous ces États adoptent des régimes parlementaires, mais la démocratie ne résiste pas à l'installation rapide de régimes autoritaires dans toute l'Europe centrale et orientale (à l'exception de la Tchécoslovaquie), ainsi qu'en Russie communiste. En Allemagne, elle est contestée à la fois par l'extrême gauche communiste et par l'extrême droite, dont le parti national-socialiste de l'ancien combattant Adolph Hitler, qui tente de prendre le pouvoir en Bavière par un putsch, en 1923. En prison, il rédige Mein Kampf, dans lequel il promet le rejet du traité de Versailles, la naissance d'un nouveau Reich pourvu d'un « espace vital » à l'Est et débarrassé des « races inférieures », à commencer par les Juifs, les Slaves, les Tziganes, les homosexuels et les handicapés.

Chronologie et Batailles importantes

Personnages clés

Nouvelles armes et nouvelles tactiques

Cette guerre a été l'occasion pour l'industrie par l'armement de lancer de nouveaux matériels qui aident à la maturation de la technique et des méthodes.

Aviation

Automobile

Blindé automobile

Armes chimiques

Certains étaient quasi indétectables et n'agissaient que 3 jours après inhalations... Il était ainsi impossible de savoir si l'on est contaminé ou pas ...


Le front intérieur

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie, filmographie

Voici à titre indicatif une liste de romans écrits par des anciens combattants :

ainsi que d'autres romans ayant pour cadre la grande guerre :

On peut en outre citer des films qui évoquent les conséquences de la guerre :

Liens externes



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