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Premiers secours : droit


Premiers secours > Droit



Cet article fait partie de la série
Premiers secours
Avertissement :
rien ne saura remplacer une formation par un organisme agréé.
Les premiers secours sont avant tout une démarche et un état d'esprit plus qu'un ensemble de techniques.
Avant l'accident
Prévention
Se former
Trousse de secours
Éléments de droit
En cas d'accident, de malaise
Analyser le danger et le supprimer
Examen de la victime
Gestes de première urgence
Prevenir les secours
Attendre les secours
Cas particulier de la route
Secours organisés
Secourisme et Prompt secours
Secours paramédicaux
Voir aussi
Sapeur-pompier
Aide médicale urgente
Méta
Projet premiers secours


Le sauveteur, la victime et le droit français

Avertissement : l'auteur de l'article initial n'est pas juriste, ce texte est susceptible de comporter des erreurs et ne saurait donc faire référence en matière de droit. N'oubliez pas qu'en cas de poursuites pénales ou civiles, la décision est prise par un juge, qui, outre les textes de loi, prendra en compte les circonstances de l'affaire et les décisions précédemment rendues (jurisprudence). Le présent texte n'est là que pour donner des grandes lignes et favoriser une « culture du droit ».

Le droit étant en constante évolution, certains points de l'article peuvent devenir caducs, les personnes modifiant ce texte sont donc invitées à indiquer les dates de mise-à-jour de fond.

Sommaire

Introduction

De plus en plus de personnes craignent la « judiciarisation » de la société (la tendance à faire des procès pour tout et n'importe quoi). Cette crainte pourrait retenir une personne d'agir. Or, dans les cas critiques, les premiers gestes doivent être effectués dans les trois premières minutes, c'est-à-dire avant l'arrivée des secours...

L'article est donc là pour rassurer les sauveteurs, leur expliquer qu'ils peuvent et qu'ils doivent agir, tout en posant les limites. Le risque juridique zéro n'existe pas ; comme tous les risques, il doit être pris en compte et évalué par tout citoyen responsable (l'action doit se faire avec un risque juridique acceptable). C'est dans cet esprit qu'a été rédigé l'article.

Mais surtout n'oubliez pas : regarder n'a jamais sauvé personne... Agissez !


Droit d'être secouru

La protection des populations (sûreté, protection de la santé) face aux accidents quotidiens, maladies et catastrophes (calamités), est une des fonctions de l'état, qui est inscrite explicitement dans la constitution.

L'état organise donc les secours publics :

En France, on dispose donc d'un réseau de télécommmunication permettant d'acheminer les appels gratuitement vers les secours publics (téléphones fixes, téléphones mobiles, bornes d'appel d'urgence sur les autoroutes, voies express et sur les quais de gare) ; la gestion des appels est articulée principalement par trois standards :

Il faut ajouter à cela le 112, numéro d'urgence unique européen, qui est habituellement acheminé vers le CTA des sapeurs-pompiers ou le Centre 15 du Samu selon les départements.

On dispose également de services publics de secours à personnes (des entreprises privées et des personnels libéraux participent à ce service public) :

On confond souvent Samu et Smur ; le Samu est une administration qui gère les appels et les transports de victimes, le Smur est une unité hospitalière mobile qui dépend du Samu. D'autres acteurs participent également, pour la protection des sites : police, gendarmerie, fonctionnaires de l'Équipement (DDE), sociétés d'autoroute, EDF-GDF (risques électriques et gaz), SNCF (trains)...

Chaque standard téléphonique (15, 17, 18) a sa spécialité :

Les services sont interconnectés, c'est-à-dire que l'alerte passée à l'un des trois standards est répercutée vers le service concerné si nécessaire. Il est d'ailleurs fréquent d'appeler le 18, et que le sapeur-pomier passe directement le Samu ; ou bien d'appeler le Samu et de voir les sapeurs-pompiers arriver. En cas d'accident de la route, on voit fréquemment intervenir de concert les sapeurs-pompiers, la police et un véhicule hospitalier alors que l'on n'a appelé qu'un seul numéro.

Le principe de base en France est la régulation des appels. La personne au standard doit évaluer la situation et décider des moyens à envoyer. Il est fréquent que les témoins ou les victimes soient frustrées de la réponse faite par l'interlocuteur, par exemple, on s'attend à voir débarquer l'ambulance toutes sirènes hurlantes (comme dans les films) et à la place, on a simplement un conseil par téléphone du type « gardez la personne au chaud et emmenez-là chez le médecin » (seuls 30 % des appels au Samu sont suivi d'une intervention) ; il faut être conscient que la situation paraît toujours une urgence lorsque l'on est impliqué, mais qu'il vaut peut-être mieux attendre 2 heures chez soi la venue du médecin de garde ou 2 heures dans une salle d'attente d'un médecin généraliste, que de passer 2 h aux urgences de l'hôpital...

La réponse à l'appel est graduée, selon l'état de santé et l'urgence de la situation ; il convient donc, lorsque l'on appelle, de garder son calme, de donner le maximum d'informations et d'attendre les questions et les conseils de l'interlocuteur avant de raccrocher. Tout ce qui concerne les victimes (la régulation médicale) est fait par le Centre 15, c'est lui qui décide (en théorie) des moyens envoyés. Les réponses peuvent être :

A consulter :

Devoir de secourir

Le nouveau code pénal condamne l'entrave aux mesures d'assistance et l'omission de porter secours, et notamment l'« abstention volontaire de porter assistance à personne en péril », (concept plus connu sous le nom de non-assistance à personne en danger).

Lorsqu'une personne est consciente d'un danger, elle doit donc tout faire pour combattre ce danger et aider les victimes dans la mesure de ses connaissances et de ses moyens, sans toutefois mettre en danger sa vie ou celle des autres. Le minimum est de d'assurer une protection — baliser l'accident, supprimer le danger (p.ex. couper le courant, arrêter un appareil...), mettre les personnes alentours en sécurité — et de prévenir ou faire prévenir les secours publics. Lorsque l'on provoque soi-même un accident, on doit de la même manière porter secours et prévenir les secours.

La passivité face à une situation, par exemple en n'avertissant pas une personne de la présence d'un danger, peut aboutir à la notion de « mise en danger d'autrui », ou, dans une moindre mesure, la notion « d'atteinte à l'intégrité physique par manquement à une obligation de prudence ». Le code pénal punit également « Le délaissement, en un lieu quelconque, d'une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique ».

Par ailleurs, l'entrave à l'intervention des secours publics est également condamnée, notamment, les usagers de la route doivent céder la priorité aux véhicules d'intervention d'urgence.

A consulter :

Protection pénale du sauveteur

La question cruciale pour le sauveteur est « puis-je être condamné si je fais un mauvais geste ? »

Il faut distinguer deux types de condamnation :

L'article 122-7 du code pénal précise que l'on ne peut être poursuivi pénalement si l'on mène une action proportionnelle au risque. Il convient donc de bien évaluer le risque avant d'agir, ce qui, bien sûr, est loin d'être évident en situation de stress, notamment en présence d'un risque imminent. Mais par exemple, on ne peut pas vous reprocher d'avoir vidé un extincteur sur un feu naissant, d'avoir tiré le signal d'alarme en présence d'un malaise, alors que ces comportements sont condamnés s'il n'y a pas de risque. On ne pourra pas non plus vous poursuivre pour coups et blessure si vous avez cassé des côtes en pratiquant un massage cardiaque sur une personne en arrêt cardio-respiratoire, ou d'avoir aggravé un traumatisme en tournant une personne inconsciente sur le côté (position latérale de sécurité) — ceci parce que ces gestes sont proportionnels au risques (en l'occurrence, dans les deux cas cités, risque de décès).

Un simple citoyen, même formé aux premiers secours, n'a pas les connaissances nécessaires ni le recul pour juger quels sont les risques liés à l'état de santé d'une victime et les gestes proportionnés à ce risque. Pour cette raison, il convient de s'abstenir d'agir (c'est-à-dire ne pas toucher à la victime) pour les personnes non formées, et de se conformer strictement aux gestes enseignés pour les personnes formées ; en effet, la commission pédagogique nationale (l'Observatoire National du Secourisme — ONS) a longuement étudié ce problème, et les gestes enseignés lors de la formation aux premiers secours sont proportionnés au risque. Encore faut-il avoir bien identifié la situation (par exemple être sûr que la victime est en arrêt cardio-respiratoire avant d'attaquer la réanimation, être sûr que la victime est inconsciente avant de la tourner en PLS).

Mais n'oubliez pas que dans tous les cas, formés ou pas, confiants ou pas, vous pouvez toujours — et devez — assurer une protection (baliser, supprimer le danger, éloigner les badauds) et prévenir les secours.

L'article 122-7, qui dégage la responsabilité pénale du secouriste, ne concerne pas sa responsabilité civile pour le cas où un dommage corporel ou matériel résulterait de l'intervention. Par exemple, si vous marchez sur des lunettes, on pourra vous demander le remboursement ; toute ou partie de ces risques civils peuvent être pris en charge par votre assurance.

Protection pénale de la victime

La victime étant en position de faiblesse (détresse physique et/ou psychologique), la loi la protège bien évidemment. Il convient donc de n'effectuer que les gestes auxquels on est formé, et pour les situations définies dans la formation.

Si vous effectuez un geste inapproprié (c'est-à-dire non proportionné au risque) et que celui-ci cause un dommage physique ou matériel, alors vous n'êtes plus protégé par l'article 122-7 du code pénal. Vous pouvez au contraire être condamné pénalement pour ces faits pour manquement à une obligation de prudence.

L'action de secours doit bien entendu respecter les libertés individuelles. Notamment, si une victime est consciente, on ne peut pas agir contre son consentement, ou contre le consentement du représentant légal dans le cas d'un mineur (parent, tuteur) ; une personne a le droit de refuser d'être soigné. Cela ne signifie pas qu'il faille recueillir le consentement avant de faire le geste, mais il faut s'interrompre en cas de refus ; il est par ailleurs conseillé d'expliquer ce que l'on fait (annoncer les gestes et leur pourquoi) à la victime et à son entourage afin qu'ils comprennent bien pourquoi le geste est important. En cas de refus de la victime ou de son représentant légal, il faudra tout de même prévenir les secours en expliquant le problème.

Toutefois, si la victime n'est manifestement pas en possession de ses moyens (par exemple en cas de traumatisme crânien ou d'intoxication, ou bien c'est un majeur non capable), ou si la victime a un comportement susceptible de mettre en danger sa vie (inconscience du danger, tentative de suicide) ou celle des autres (inconscience du danger, agressivité), on peut avoir à prendre des mesures de protection contre son gré. Il faudra alors impérativement le signaler aux secours lors de l'appel. On est alors protégé par l'article 122-7 du code pénal, voire même en cas d'inaction, on pourrait se voir reprocher une abstention volontaire de porter secours (sauf si la mesure de protection mettrait en danger la vie du témoin, comme par exemple un forcené armé). Mais une telle action doit être réservée aux cas de réel danger, après épuisement des tentatives de discussion.

Par ailleurs, il faut veiller à protéger la vie privée de la victime, et à ne pas révéler de détails sur l'intervention. Une intervention de premiers secours est stressante, il est tout à fait légitime d'en parler à des proches, dans le cadre privé, pour se soulager. Par contre, l'évoquer à haute voix en public, ou donner des détails à des journalistes, est tout autre chose...

Dans tous les cas, même en absence de condamnation pénale, on peut vous demander le paiement de dédommagements pour le préjudice commis.


A consulter :

Bilan

Il y a un délicat équilibre entre

L'important est de systématiquement assurer la protection et l'alerte aux secours publics, et pour les personnes formées aux premiers secours, se conformer strictement aux gestes enseignés sans se prendre pour Superman ni pour le docteur Carter d'Urgences...

Si vous êtes formés, sachez que les gestes enseignés ont été soigneusement étudiés par l'Observatoire National du Secourisme, il ne faut donc pas hésiter à les mettre en œuvre, et donc d'abord à vous former — face à une urgence vitale, les actions enseignées sont largement proportionnées au risque (décès)...

Voir aussi

Liens externes



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