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Principauté de Sealand


La prétendue principauté de Sealand est une ancienne plate-forme militaire au large du Royaume-Uni dont un aventurier du nom de Roy Bates s'est emparé et qu'il a déclarée unilatéralement état indépendant en 1975. Cette indépendance n'est reconnue par aucune autre nation mais repose sur un vide juridique qui permet d'y abriter expressément des activités par ailleurs illégales sur le territoire britannique (radios libres dans les années 1960, casinos en ligne). Souverain auto-proclamé, Bates, né en 1922 a abdiqué en faveur de son fils Michael en 2000.

Sommaire

Géographie

Le territoire de la principauté de Sealand est le Fort Roughs, une des plates-formes de l’armée britannique, construite au large de l’estuaire de la Tamise. Grand de quelques mètres carrés, le fort assurait la protection contre les raids aériens allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a été désarmé et laissé à l’abandon après le conflit.

La particularité de Fort Roughs sur les autres plates-formes posées pendant la guerre est d'être situé dans les eaux internationales.

Histoire

En 1966, Roy Bates, ancien major de l’armée britannique et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, entend parler de cette plate-forme située dans les eaux internationales. Après avoir consulté avocats et spécialistes du droit de la mer, il découvre que rien, apparemment, ne s’oppose à la prise de possession de la plate-forme. Le 25 décembre 1966, à bord de son bateau de pêche et en compagnie de quelques amis, Bates aborde la plate-forme et en prend possession. Un tribunal de l’Essex leur donne par la suite raison contre le gouvernement britannique.

Le couple entame la création de symboles de souveraineté : un drapeau, une monnaie à l’effigie de la princesse, des timbres-postes, des passeports. Le drapeau, dessiné par Joan Bates, est blanc, rouge (pour son mari) et noir (pour rappeler la piraterie), et porte des queues de sirène et un lion. En matière postale, le prince conclut un accord avec la poste belge et fait imprimer des timbres en Belgique. Pendant plusieurs mois à partir de septembre 1969, la « poste sealandaise » achemina des plis (environ 25 000 en 1969).

La base pouvant accueillir une garnison de 160 à 200 personnes et se trouvant sur la plateau continental, Sealand commence à intéresser des hommes d’affaires. Roy Beates reçoit des projets d’ouverture de casinos, d’hôtels, et même de services de renseignements de pays communistes d’Europe de l’Est pendant la Guerre froide. Mais, jusqu'à présent, un seul de ces projets a été réalisé. En juin 2000, le prince héritier Michael Bates, fils du couple et marin-pêcheur, a signé un accord avec la société étatsunienne HavenCo Ltd pour développer à Sealand un paradis internet offshore ; la principauté abritant contre finance des serveurs informatiques.

Polémiques

Cependant, en novembre 1999, la guardia civil madrilène arrête un petit trafiquant d’essence et est étonnée de découvrir que l’homme possède un passeport diplomatique de Sealand, et qu’il entretient une ambassade sur l’avenue de la Castillana à Madrid. Cet ancien garde civil renvoyé pour détournement des fonds de la guardia civil, est également connu comme le notaire Frant Blake en Allemagne d’où il vend sur internet de faux passeports, diplômes ou certificats de domicile d’entreprises. Après un an d’enquêtes, soixante « citoyens » de Sealand sont arrêtés et accusés de trafic de drogues, escroqueries, détention d’explosifs, vente de 4 000 faux passeports à Hong Kong, de permis de conduire à des trafiquants de drogue au Maroc, trafics d’armes, etc. Aux États-Unis, l’enquête sur la mort du couturier Gianni Versace prouve que l’assassin avait un passeport sealandien.

Le 14 juin 2000, dans le journal Le Monde, le prince, la princesse et le prince héritier (qui gère effectivement Sealand depuis la plate-forme) ont affirmé qu'ils n'étaient pas liés à ces faits, et que le nom de Sealand a été utilisé sans leur autorisation ; le prince certifie que son « pays » n’a jamais ouvert d’ambassade, ni fournit de passeports à quiconque en dehors des réels habitants de Fort Roughs.

Voir aussi

Micro-nation

Site (apparemment) officiel



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