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Problème israélo-arabe

15 mai 1948 : reflet d'une société juive qui s'est organisée pendant le mandat, s'est dotée de toutes les fonctions d'État sauf la souveraineté. De l'autre côté : population arabe sans conscience nationale.

Du « foyer national » à l'État d'Israël

Pendant la période mandataire la population juive s'est organisée en Palestine, le mouvement Ychouv. 1922 : création de l'agence juive pour la Palestine, devient un des principaux organes de la Palestine juive, c'est un gouvernement potentiel. 1935 : cette agence est élue. Ben Gourion en est le président. Il sera Premier ministre du gouvernement provisoire. En parallèle, Ychouv crée des écoles, des hôpitaux, un syndicat et toute une structure sociale se crée. Adhésion à 80% des travailleurs à ce syndicats. Nombreuses entreprises, établissement d'un système économique sans réels contacts avec la société arabe. Dans les années 1930 : création d'une force armée semi-clandestine qui compte 45 000 hommes en 1947. Structuration de tous les organes nécessaires à la viabilité d'un État pendant le mandat anglais.

La dislocation de la Palestine

Mobilisation sous le mandat pour lutter contre le foyer national juif en Palestine, mais la mobilisation se fait surtout au sein d'associations islamo- chrétiennes. Réactions très différentes de celles de la population juive par rapport au mandat. Les populations demandent à la Société des Nations (SDN) « la formation d'un gouvernement national parmi ceux qui résidaient en Palestine depuis avant la guerre, musulmans, chrétiens, et juifs. » Refus de la SDN. Les populations arabes refusent alors toute participation aux institutions mandataires car sinon se serait une légitimation de ce foyer. Refus d'une agence arabe équivalente, boycott d'un conseil consultatif élu pour négocier auprès de la Grande-Bretagne. Acceptation seulement d'un mufti, figure religieuse, à la tête d'un conseil musulman suprême à Jérusalem. 1936 : Haut comité arabe présidé par ce mufti. Les mobilisation arabes n'ont pas pour objectif de créer un mouvement national, contrairement aux populations juives. La situation est différente aussi parce qu'il n'y a pas d'identité nationale, donc la mobilisation se structure avant tout autour de solidarités traditionnelles, pas autour de l'idée d'un État futur. Les clivages entre notables en clans rivaux, entre notables ruraux et urbains, non communication entre les notables et les masses populaires. Même quand il y a des partis politiques, ils ne font que couvrir ces clivages traditionnels. Au milieu des années 30, il y a une radicalisation de la mobilisation ; à partir des campagnes il y a une rébellion important de la campagne de Galidée sous la direction d'un chef local : Al Quassan. La révolte ne se fait pas au nom d'une identité nationale, mais au nom de l'islam, révolte rurale et populaire. La mobilisation gagne ensuite les villes, et il y a un appel à la grève générale jusqu'à la cessation de l'immigration juive. La structure politique existante soutient ces grèves, puis appelle à son arrêt. Appel en accord avec les souverains des pays voisins (Transjordanie, Irak, Arabie saoudite), pour volonté de ménager la force mandataire (faire confiance à la Grande-Bretagne, dans les années 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale.). La lutte est une lutte politique arabe pour la Palestine et non pas une lutte palestinienne. 15 mai 1948 : les populations arabes en Palestine refusent cette décision unilatérale, d'où création d'un gouvernement de toute la Palestine sous la direction du mufti. Ce gouvernement fait appel aux États arabes, car n'a pas de structures ni d'armée. Les forces armées de la ligue arabe franchissent les frontières dès le lendemain de la création d'Israël. L'Égypte cherche à s'assurer le contrôle des territoires proches de ses frontières, surtout les territoires côtiers. La Transjordanie veut s'emparer de la Cisjordanie voire même de Jérusalem. Ce qu'il faut retenir de tous ces éléments c'est que dès le premier conflit, la population palestinienne est réduite à une simple force d'appoint, prisonnière des Arabes. Échec militaire de la ligue arabe et signature de convention bilatérales d'armistice. La Palestine est alors divisée en 3 :

Une position arabe ambiguë

Les Palestiniens s'exilent beaucoup dans les pays arabes. Ces États les acceptent comme réfugiés. Ils ont peur que ces populations entraînent des déséquilibres économiques et politiques, et donc à part la Jordanie, ces États confinent les réfugiés dans des camps dans des situations précaires. Les mouvements de libération de la Palestine mettent en œuvre des guérilla contre Israël à partir des États arabes. La résistance palestinienne a construit ses bases militaires, en plus de la constitution d'État dans l'État, donc les Palestiniens ont plus de mal à se faire accepter par les pays hôtes qui craignent des représailles d'Israël. Septembre 1970 : le roi de Jordanie chasse les combattants palestiniens après des combats meurtriers. Ce septembre noir porte un coup dur à la résistance palestinienne qui doit se replier sur le Liban. Cela pose le problème de qui est-ce qui représente les Palestiniens de Jordanie : l'OLP ou le roi ? Évolution en 1974 : décisions par l'OLP d'instaurer une autorité indépendante, nationale et combattante sur toutes les portions du territoire palestinien qui seront libérés. C'est donc l'apparition de l'autorité nationale. Premier pas vers la revendication d'un État palestinien, sans fixer les frontières pour autant. (donc projet encore flou.) Mais il est clair que l'OLP lutte pour la reconnaissance d'une souveraineté politique sur les territoires occupés par Israël. L'OLP est reconnue comme l'unique représentant légitime du peuple palestinien. Donc, le conflit sanglant est un élément de + dans la précision de la revendication palestinienne. Les combattants repliés au Liban sont pris au piège de la libano-libanaise. Il y a une structuration militaire au Liban + un embryon de société nationale organisée. La société palestinienne est de plus en plus encadrée, il y a des unions, des organismes, il y a un fond national palestinien, des ateliers de production, gestion de cellules d'entraide aux familles de combattants, gestion d'hôpitaux. Ces différentes structures sont nécessaires à la constitution d'un futur État palestinien au Liban. D'autant plus possible qu'ils ont une liberté d'action et que l'OLP bénéficie de la manne pétrolière. Les structures étatiques libanaises sont faibles, et le fractionnement communautaire est fort. L'OLP profite de ces limites de l'État libanais pour assurer son développement. Dans un second temps, le Liban s'avère être un piège, car les combattants sont pris dans les conflits internes au Liban. La question palestinienne a contribué à radicaliser et à précipiter les affrontement libanais. En 1969 en 1973, le Liban s'est confronté aux résistants palestiniens. Éclatement de la guerre et la coalition palestino-islamo progressiste qui affronte les milices de la droite chrétienne. L'OLP est allié de la Syrie mais retournement de la Syrie donc l'OLP se retrouve prise entre Israël et la Syrie. 1982 : invasion du Liban par l'armée israélienne pour briser les structures palestiniennes. Les Palestiniens perdent leur avantage sur le territoire libanais et sont enlisés dans un conflit différent du conflit avec Israël. C'est la fin de la présence palestinienne au Liban et destruction de leurs infrastructures. Comme ils n'étaient déjà plus présents en Cisjordanie, il n'y a plus de présence palestinienne aux frontières. L'état-major de l'OLP s'éloigne pour s'implanter à Tunis. La rupture est encore plus grande entre l'élite de la résistance et la population palestinienne. Il existe des conflits internes à l'OLP : un positionnement pour continuer la lutte armée ; et un autre positionnement pour rechercher une solution politique. La solution politique doit passer par le rapprochement avec les pays arabes comme l'Égypte et la Jordanie. Ce serait un retour en arrière pour les autres.



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