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Un produit phytosanitaire est un produit contenant une ou plusieurs substances
chimiques ou micro-organismes, destiné à :
Il est destiné à protéger ou améliorer la production agricole, ainsi qu'à l'entretien des zones non cultivées.
Le terme de produit phytosanitaire est couramment employé dans un sens proche de produit phytopharmaceutique, défini par la règlementation communautaire, ou de produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures défini par la règlementation française, ou encore de pesticide.
| Sommaire |
On parle de :
Le terme de produit phytosanitaire exclut les substances nutritives du type engrais,
sauf quand il s'agit de mélanges d'engrais et de produits phytosanitaires.
L'application des produits phytosanitaires peut présenter des risques pour l'utilisateur, lequel doit respecter un certain nombre de règles de précaution, telles que :
Les produits phytosanitaires peuvent avoir des conséquences sur le manipulateur et l'environnement. Une façon de limiter les risques est :
La France consomme aujourd'hui 100 000 tonnes de produits phytosanitaires, ce qui la place au deuxième rang des utilisateurs mondiaux derrière les États-Unis.
Le produit phytosanitaire est généralement mis au point par les firmes agro-pharmaceutiques.
Dans la majorité des pays, sa mise en vente et son utilisation sont soumises à une autorisation préalable (l'homologation ou
autorisation de mise sur la marché) de l'autorité nationale compétente (en France le Comité d'homologation des produits antiparasitaires, et en Belgique le
Comité d'agréation).
Pour être homologué, un produit doit suivre un parcours visant à démontrer l'innocuité (absence de toxicité) du produit pour :
Après dépôt par une firme d'une demande d'homologation pour une spécialité commerciale, sont établies :
Par exemple, une partie des tests concerne la toxicité aiguë (effet d'une absorption brutale et massive) ou la toxicité chronique (absorption lente et récurrente), l'apparition de mutations, formation de tumeur (effet cancérogénique) malformation dans la descendance (effet teratogénique)...
Les effets sur l'environnement sont testés à travers de l'analyse de leur influence sur les poissons, les oiseaux, les insectes, les microorganismes, mais aussi le processus de dégradation du produit dans l'air, l'eau et le sol.
Le produit est soit autorisé, soit reporté, soit refusé. Le produit autorisé, l'est pour un ou plusieurs usages précis, définis par une plante cible (par exemple une culture de blé), un parasite cible (le puceron) et un type de traitement (des parties aériennes par exemple).
En dépit du processus long et complexe des homologations, certains produits autorisés il y a quelques années sont à présent interdits en raison de leur dangerosité démontrée ultérieurement (pollution rémanente des eaux, apparition de résistance de souches, influence métabolique à long terme...).
En France, à la fin de l'année 2003, de nombreux produits phytosanitaires jusqu'alors autorisés (donc considérés efficaces et non-toxiques) ont été ajouté à la liste des produits interdits (remise en cause de la toxicité). Voir la liste [1] . L'utilisation de produits phytosanitaires retirés du marché est interdite et soumise à contrôles. La loi française prévoit des sanctions pénales qui peuvent dépasser les 30.000 euros et aller jusqu'à six mois d'emprisonnement.
Un exemple typique de changement de classification est celui de l'atrazine, utilisé massivement en France et dans de nombreux
autres pays comme un herbicide d'une grande efficacité pour le désherbage du mais. L'atrazine (et avec, toute la famille des triazines) est a présent reconnue comme à
l'origine de pollutions majeures des nappes souterraines et des eaux de surfaces qui sont polluées à 50 % en France (par rapport
aux normes édictées pour les triazines). Par exemple, en Bretagne, comme dans le Sud-Ouest et l'Île de France, il est courant de
trouver, dans des prélèvements d'eau potable, des taux de triazine dix fois plus élevés que le seuil autorisé de 0,1 microgramme
par litre.
Jusqu'en 2002, la famille des triazines était le produit phytosanitaire le plus employé en
France, utilisée à 80% en termes de surface par les producteurs de maïs conventionnel. Elle avait été introduite en 1962 et était caractérisée par une excellente efficacité et un faible coût.
En raison de sa toxicité et de sa pollution rémanente dans les eaux (molécule extrèmement peu biodégradable), l'atrazine et la famille des triazines) a été bannie en Allemagne et en France en 2001 (mise en application en juin 2003 pour la France) après des années d'utilisation (1962-2003).
Ce revirement pourrait être soit lié à une prise de conscience progressive de la dangerosité de certains produits phytosanitaire, ou éventuellement par les deux condamnations de la France par le Tribunal européen pour avoir manqué à ses obligations en matière de qualité de l'eau. De nombreux autres produits sont en discussion, tel l'arsénite de soude (produit cancérigène très utilisé en viticulture). Le programme européen global de réforme écologique de l'agriculture prévoit d'interdire d'ici 2008 près de 400 produits jugés dangereux pour la santé de l'homme qui avaient été cependant agréés par la directive de 1991. [2]
Un exemple de cas très débattu au début du XXIe siècle est celui du Gaucho, accusé par les apiculteurs d'être à l'origine de la diminution importante de certaines populations insectes (abeille). Voir l'article sur le Gaucho pour plus d'information.
Voir DDT.
Les produits apparaissant sur le marché au début du XXI siècle sont moins persistants que leurs prédécesseurs, et sont utilisés à des doses parfois très faibles (0.6 mg de matière active/m² pour une sulfonylurée utilisée pour le désherbage du blé).
En Europe, la qualité des eaux destinées à la consommation humaine autorise une concentration maximale de produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides) de 0.1 microgramme/l par substance ou de 0.5 microgrammes/l pour toutes substances (directive européenne 80/778/CEE, décret du 03.01.1989).


