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Prompt secours > techniques de prompt secours > Relevage
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| Prompt secours |
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En prompt secours, le relevage est l'opération qui
consiste à metre une victime sur un brancard pour permettre son transport (brancardage) vers la structure de soins lorsque celle-ci est proche (par exemple
hôpital de campagne dans le cas d'une catastrophe ou
poste de secours préventif sur une manifestation), ou vers le
véhicule d'évacuation (ambulance, hélicoptère). Le terme « relevage » est trompeur, dans la majorité des cas, la victime est en
position allongée durant tourte la manœuvre.
Note : les méthodes d'extraction d'un véhicule sont décrites dans l'article Prompt secours routier.
| Sommaire |
Comme pour tous les gestes de premiers secours et de prompt secours, le premier pincipe est de ne pas aggraver l'état de la victime. Le relevage ne se fait donc que lorsque la victime est transportable (état stable), ce n'est pas un geste d'urgence. Toutefois, lorsque l'urgence ne peut être traitée qu'à l'hôpital, il peut arriver que l'on rélève une personne en état instable (voir la notion d'« heure d'or »), ceci dépendant de l'organisation des secours dans le pays. D'une manière générale, on ne fait un relevage qu'après autorisation de la régulation médicale (samu en France) ou du responsable médical sur place, ou si le bilan révèle que la victime ne présente aucun traumatisme et est consciente (selon le degré d'autonomie du chef d'équipe). On recontrôlera systématiquement les fonctions vitales après le relevage pour vérifier que l'opération n'a pas provoquée d'aggravation.
Il faut minimiser les mouvement que subit la victime (et donc éviter d'aggraver les blessures), et s'attacher à respecter la rectitude de l'axe tête-cou-tronc ; donc en général, on se contente de lever la victime au minimum pour glisser le brancard dessous (techniques des « ponts »). On utilise parfois des intermédiaires de relevage ou « portoirs » comme des sangles, une planche ou plan dur, un matelas immobilisateur à dépression, un portoir à lattes (brancard Sicard et Mans) ou une civière à lame (ou à aubes). En absence de traumatisme, on peut utiliser un portoir souple pour dégager la victime et l'ammener jusqu'au brancard.
Les équipiers doivent faire attention à ne pas se blesser, en particulier le dos, car il doivent porter une charge lourde dans une position inconfortable. Il faut donc travailler le dos droit et soulever en utilisant un mouvement des cuisses.
Les équipiers doivent s'assurer qu'ils sont dans une position stable, afin de ne pas être déséquilibré lors de la manœuvre : les pieds doivent être écartés, non parallèles (en « 09h05 ») et décalés (un pied légèrement en avant par rapport à l'autre). Les mouvement sont coordonnés par les ordres donnés par le chef d'équipe.
Le chef doit choisir la position des équipiers en fonction de leur gabarit et de leurs capacités physiques. Le relevage est une opération fatiguante, il convient donc d'enchaîner les étapes, mais sans brusquerie ; il faut donc s'entraîner à ces techniques.
Si la victime est sous inhalation de dioxygène, on interrompera cette inhalation le temps du relevage. Si la victime a des soins plus complexes en cours, on se conformera aux consignes du médecin ou de l'infirmier sur place (par exemple tenir la perfusion, continuer à ventiler une victime intubée...).
Il est nécessaire de préparer tout le matériel avant de commencer la manœuvre.
S'il s'agit d'un brancard normalisé, celui-ci doit être déplié, les compas doivent être verrouillés et sa solidité testée (on appuie sur toute la toile avec son genou en pesant de tout son poids). S'il s'agit d'un brancard sur roues, il faut le sortir du véhicule et l'abaisser à sa position la plus basse.
Selon les cas, on positionnera une couverture ou un matelas immobilisateur à dépression sur le brancard ; si le MID est positionné par défaut sur le brancard, on l'enlève s'il n'est pas nécessaire, afin de ne pas l'abimer et d'alléger le brancard.
Si l'on utilise une couverture, celle-ci doit être roulée afin de ne pas gêner la manœuvre et de pouvoir être rabatue sur la victime une fois posée ; la victime sera ainsi enveloppée et protégée du froid également par en dessous. Pour cela,
Les coins de la couverture doivent dépasser, ils serviront à tirer la couverture pour recouvrir la personne.
Si le brancard est muni d'un matelas, celui-ci fournit déjà une isolation par-dessus, on se contente donc de poser la couverture sur la victime après le relevage. De même si le temps de parcours est court, on peut se contenter uniquement de couvrir le dessus.
Si l'on utilise un MID, il faut bien répartir les billes uniformément, poser un drap propre, et s'assurer que la pompe est bien en position aspiration.
Les techniques sont décrite pour une victime plat-dos. Si la personne doit être relevée dans une autre position, se référer au dernier paragraphe.
Les techniques de pont peuvent se faire avec un brancard normalisé ou à roues (avec ou sans matelas immobilisateur à dépression), un plan dur (planche) ou tout dispositif rigide qui peut se glisser sous la victime.
Ntons que dans le cas d'un malaise ou d'un traumatisme bénin, on peut demander la collaboration de la victime : on peut tout simplement poser le brancard à côté d'elle et lui demander de se mettre dessus, en l'aidant. On peut également envisager une aide à la marche.
La méthode la plus sûre et nécessitant le moins de personnel consiste à utiliser une civière à aubes (scoop stretcher). En effet, elle permet d'effectuer un relevage à deux équipiers tout en assurant un soutien de la colonne vertébrale de la victime.
Cette méthode est logiquement utilisée dans les pays où les équipages d'intervention se composent de deux personnes. Par contre, elle nécesite de disposer de cette civière en nombre suffisant. Or, dans de nombreux contextes (structurels ou accidentels), il y a carence de matériel mais pas d'hommes. Par ailleurs, la civière à lame ne permet pas les relevages jambes relevées ou en position semi-assise. La connaissance des autres méthode de relevage reste donc indispensable.
Voir l'article détaillé Civière de relevage à lames.
Le pont amélioré est la méthode de référence, car c'est celle qui permet de prendre le plus de précautions, mais elle nécessite la présence de cinq équipiers (dont le chef). Le relevage peut nécessiter la présence d'un sixième équipier pour s'occuper de la surveillance d'un traumatisme spécifique.
Le brancard est positionné dans l'axe de la victime, si possible du côté des pieds de la victime (ce qui permet au chef d'être dans l'axe de la victime), sinon du côté de la tête.
Préparation
Les équipiers 1 à 3 doivent faire attention à écarter suffisamment les pieds pour que le brancard puisse passer entre leurs jambes.
Si le chef choisit la prise occipito-mentonnière, le genou relevé doit être du côté de la main qui se glisse sous la nuque ; ainsi, lorsqu'il soulèvera la tête, il pourra appuyer son coude contre sa cuisse pour soutenir l'effort.
Exécution

Pont amélioré, le brancard venant par la tête ; l'image du haut représente une vue trois-quart en plongée,
l'image du bas une vue de dessous avec la position des pieds et des mains
Si le brancard approche par la tête, chef se positionne au niveau de la tête mais sur le côté de la victime afin de laisser la place au brancard de passer ; il est en diagonale par rapport à l'axe de la victime. La seule prise possible est l'occipito-mentonnière ; la main du côté des pieds de la victime est engagée sous la nuque (toute autre prise aurait tendance à faire tourner la tête de la victime), et c'est donc le genou du chef qui est du côté des pieds de la victime qui est levé. Le reste de la technique est strictement identique à la technique précédente.

Pont amélioré, le brancard venant par la tête ; l'image du haut représente une vue trois-quart en plongée,
l'image du bas une vue de dessous avec la position des pieds et des mains
Le pont simple est une variation du pont amélioré sans le maintien de la tête. Il ne peut donc être utilisé que lorsque l'on est sûr que la victime ne présente pas de traumatisme du rachis. Cette technique ne nécessite que quatre équipiers (dont le chef).
Le chef cumule en fait la fonction de l'équipier n°1 : il enjambe la victime en s'appuyant sur un équipier et en regardant les pieds ; il met une main sous la nuque de la victime, l'autre main sous le dos, entre les homoplates. Il se lève avec les autres équipiers, et le brancard passe entre ses jambes. Le reste de la manœuvre est identique.
Lorsque la victime présente un traumatisme particulier, mais sans suspicion de traumatisme rachidien, on peut effectuer un pont simple avec cinq personnes, le chef étant alors sur le côté pour s'occuper spécifiquement de la partie blessée. Par exemple, en cas de suspicion de fracture du jambe, il peut s'occuper de soutenir la jambe attelée.

Pont simple ; l'image du haut représente une vue trois-quart en plongée, l'image du bas une vue de dessous avec
la position des pieds et des mains
Avec la méthode du pont néerlandais, ou pont de translation, on positionne le brancard à côté de la victime et on déplace la victime sur le brancard. Cette méthode est utile lorsque l'on ne peut pas faire glisser le brancard dans l'axe (par exemple on n'a qu'un accès latéral à la victime, ou bien le terrain est accidenté ou sabloneux et ne permet pas de faire glisser le brancard) ; mais la mobilisation de la victime étant plus importante, on augmente le risque de traumatisme. En cas de suspicion de traumatisme de la colonne vertébrale, on envisagera d'abord un pont amélioré utilisant une planche sur un terrain accidenté ou sabloneux, ou l'utilisation d'une civière à lame en cas d'accès difficile.
Lorsque l'on est sûr que la victime ne présente pas de traumatisme grave, on peut utiliser le pont néerlandais à trois équipiers (dont le chef) pour économiser le nombre d'équipiers engagés.
Préparation
Les équipiers 1 et 2 sont donc en fente latérale, la jambe côté victime fléchie, la jambe côté brancard tendue.
Exécution

Pont néerlandais à quatre secouristes ; l'image du haut représente une vue trois-quart en plongée, l'image du bas
une vue de dessous avec la position des pieds et des mains
Dans le pont néerlandais à trois, le chef cumule le rôle du premier équipier. Il se place à la tête, met un pied à l'intérieur du brancard pour maintenir la hampe ; il place une main sous la nuque, une autre sous le dos, entre les homoplates. Seul l'équipier qui est au bassin enjambe le brancard.

Relevage par un pont néerlandais à trois secouristes ; l'image du bas est une vue de dessous avec les positions
des mains et des pieds.
Lorsque la victime ne présente pas de traumatisme instable (en particulier pas de fracture), il est possible de la tourner sur le côté, ce qui peut faciliter la mise sur le brancard si l'on n'a pas de civière à lame. Ces méthodes peuvent aussi s'utiliser dans des cas d'urgence, lorsque l'on n'a pas le temps d'amener du matériel.
Notamment dans le cas de personnes obèses, les relevages traditionnels sont très fatiguants et présentent des risques de blessure du dos pour les sauveteur, car ils sont penchés en avant. Le rotation de la victime se fait elle sans effort, et permet de glisser un dispositif, portoir souple ou plan dur, qui permet de lever dans de bonnes conditions, le dos droit et avec une bonne prise (poignées).
Le relevage à la cuiller est une opération qui consiste à porter la victime à plusieurs équipiers en la plaquant sur la poitrine. Cette méthode ne peut être utilisée que si la victime ne présente pas de traumatisme instable (en particulier pas de fracture). Elle est assez inconfortable pour la victime, qui se retrouve sur le côté, il faut donc bien expliquer la manœuvre avant de la débuter.
L'avantage est de pouvoir transporter la personne jusqu'au brancard lorsque l'on ne peut pas approcher celui-ci de la victime. Le fait de plaquer la victime contre la poitrine permet de réduire les efforts fournis par les équipiers, et de travailler dos droit. Cependant, on peut la plupart du temps effectuer un relevage avec un plan dur, un portoir souple ou une civière à lame ; on réservera donc le relevage à la cuiller aux cas où ces portoirs ne sont pas disponibles. Il convient si possible de choisir des équipiers de même taille. La technique peut se faire de deux à quatre équipiers (chef compris).
À trois équipiers, la mise en place se fait de la manière suivante :
La manœuvre se fait ensuite de la manière suivante :
Pour la pose, l'équipe peut se faire aider par un ou deux équipiers qui se placent de l'autre côté du brancard et réceptionnent la vicitme, soulageant l'équipe porteuse.
Cette technique peut aussi s'utiliser pour un dégagement d'urgence en cas de suspicion de traumatisme de la colonne vertébrale, par exemple dans le cas d'une victime inconsciente menacée par une montée rapide des eaux (inondation).
La technique consiste à tourner la victime sur le côté, à plaquer le plan dur contre son dos, puis à retourner l'ensemble ; la victime se retrouve donc à plat-dos sur la planche. La rotation se fait à trois personnes, à la manière de la PLS à trois : l chef maintient la tête en position latéro-latérale, un équipier se met au niveau du buste et maintient l'épaule et la hanche opposées à lui, un autre équipier maintient les chevilles.
Cette méthode peut être utilisée en urgence par seulement deux équipier (dont le chef). Par exemple dans le système états-unien, une personne victime d'un arrêt cardio-circulatoire n'est pas traitée sur place mais évacuée en urgence (scoop and run) par les secouristes paramédicaux (paramedics). La victime ne présentant en général pas de traumatisme (cas de la mort subite par infarctus du myocarde), ils se permettent d'utiliser cette méthode impliquant une mobilisation importante de la victime, mais permettant un relevage rapide avec peu de moyens. Le relevage se fait alors après l'éventuel délivrance d'un choc électrique par un défibrillateur semi-automatique. Les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire sont provisoirement interrompues durant le relevage.
Cette technique n'est pas utilisée en France, car c'est l'« hôpital qui vient à la victime » (stay and play, le smur se déplace avec un médecin et tout le matériel permettant la prise en charge sur place).
Le relevage avec un portoir souple s'inspire de la méthode utilisée pour changer les draps d'un patient impotent.
Le portoir est positionné contre la victime. On met un drap sur le portoir souple, puis on rabat un tiers du portoir vers le milieu, en faisant attention à ce que les poignées soient sous la partie rabattue.
La victime est tournée sur le côté, à l'opposé du portoir, en utlilisant la méthode de la PLS à trois. Le portoir est glissé contre le dos de la victime, puis la victime est remise plat-dos. La victime est tournée sur son autre côté, ce qui libère la partie pliée ; on déplie le portoir et le drap, et on remet la victime plat-dos. Le drap est rabattu sur la victime de chaque côté.
On peut ainsi lever la victime dans de bonnes conditions.
Une victime inconsciente sera fréquemment médicalisée, et donc remise plat-dos (ses voies aériennes sont maintenues libres par intubation oro-trachéale). Cependant, dans certains cas, la médicalisation n'est pas nécessaire (cas par exemple d'une intoxication alcoolique), le relevage peut donc se faire avec la victime en position latérale de sécurité (PLS).
On utilise pour cela un pont amélioré, avec les modifications suivantes :
Lorsque l'on pose la victime sur le brancard, son dos doit être contre la hampe. Le matelas « coquille » doit être moulé pour stabiliser la victime, en laissant un espace libre devant le visage.
Un certain nombre de victime se trouvent debout mais doivent être transportée allongées. Cependant, il n'est pas toujours possible de demander à la victime de s'allonger, notamment lorsque l'on suppose un traumatisme de la colonne vertébrale : en effet, certains intervenants étatsuniens estiment que 17 à 25 % des victimes d'un traumatisme du rachis sont trouvée debout, marchant sur les lieux de l'accident [1] , et dans ce cas, un allongement classique solliciterait les vertèbres (traction des muscles, répartition du poids) et risquerait d'aggraver le traumatisme (paralysie, voire décès).
La première étape consiste à s'assurer de la coopération de la personne ; celle-ci peut être agitée en raison du choc psychologique ou d'un éventuel traumatisme crânien. On lui pose un collier cervical en position debout.
Si l'on dispose d'un matelas immobilisateur à dépression, l'idéal est de le mouler autour de la personne et de faire le vide (« coquiller » debout) ; on pourra ainsi incliner la personne et la poser sur le brancard sans solliciter les vertèbres.
Si l'on ne dispose pas de MID, on peut utiliser un plan dur :
Si une victime est assise sur une chaise et ne présente pas de traumatisme particulier,
Si la victime est assise par terre, il faut un sauveteur pour tenir les jambes, en faisant un pont.
Si la victime présente un problème cardiaque, il faut éviter qu'elle ne lève les bras. On peut alors se servir d'un anneau de sangle que l'on fait passer sous les fesses et derrière le dos de la victime, en passant sous ses aisselles. La tête n'est alors plus maintenue.
Si la personne n'est pas trop lourde, on peut aussi mettre un sauveteur face à la victime, et faire passer la sangle dans le dos du sauveteur, ce qui lui permet de lever seul le haut du corps.
Si la victime présente une suspicion de traumatisme du dos, il faut lui glisser une planche contre le dos avant de l'incliner (après avoir posé uncollier cervical) ; si elle est sur une chaise, on inclinera la chaise en maintenant la victime.


