Pronom démonstratif
Le pronom démonstratif est une sous-catégorie de pronom exprimant
une idée de monstration. Il permet d'indiquer que l'objet représenté se trouve, soit dans le texte, soit dans
l'espace ou le temps, définis par la situation d'énonciation.
Dans la catégorie des déterminants, le
correspondant du pronom démonstratif est l'adjectif
démonstratif. Le pronom démonstratif équivaut donc à un nom précédé d'un adjectif démonstratif :
- Ce chapeau, je l'ai apporté de Dieppe ; celui-là, je l'ai apporté de Chalkidiki.
- Le syntagme Ce chapeau est actualisé par l'adjectif démonstratif ce, tandis que le pronom
démonstratif celui-là équivaut à ce chapeau-là.
Morphologie
Certains pronoms démonstratifs varient selon le genre et
le nombre, alors que d'autres restent
neutres. Par ailleurs, à l'instar de ce qui se passe pour l'adjectif démonstratif, les formes du pronom peuvent
être renforcées au moyen des particules adverbiales -ci ou -là (pour que voici
et que voilà).
Formes simples
- Les formes simples du pronom démonstratif variable sont les suivantes :
- - Au singulier : celui au masculin, et celle au féminin ;
- - Au pluriel : ceux au masculin, et celles au féminin.
- Il n'existe qu'une seule forme simple de pronom démonstratif neutre : ce (qui s'élide devant un verbe
commençant par une voyelle).
Formes renforcées
Rappelons au préalable qu'il existe deux formes renforcées (ou formes composées), la forme prochaine (en
-ci) et la forme lointaine (en -là ou -la).
- Les formes renforcées du pronom démonstratif variable ont l'aspect d'un composé à traits d'union :
celui-ci, celui-là, celle-ci, celle-là,
ceux-ci, ceux-là, celles-ci et celles-là.
- Les formes renforcées du pronom démonstratif neutre ont l'aspect d'un composé agglutiné :
ceci, cela, ainsi que sa contraction ça.
- Du point de vue orthographique, on notera que contre toute attente, le pronom cela s'écrit avec un
a sans accent grave.
Représentation
À l'instar de ce qui se passe pour l'adjectif correspondant, le pronom démonstratif peut remplacer un terme du contexte, qui
précède (fonction anaphorique) ou bien qui suit (fonction cataphorique) le pronom en question, ou bien désigner
un référent, le plus souvent au moyen d'un geste, c'est-à-dire, renvoyer à un
élément extralinguistique pris dans la situation d'énonciation (c'est la fonction déictique). Il peut donc être, soit un représentant textuel, soit un représentant référentiel.
- À l'écrit, le pronom démonstratif est toujours un représentant textuel (anaphore ou cataphore) :
- En jouant dans le salon, la petite Sandrine a cassé un vase. Fort heureusement, celui-ci n'avait aucune
valeur.
- Le pronom cataphorique celui-ci renvoie au syntagme nominal un vase, qui constitue son
antécédent.
- Lorsqu'il est une anaphore ou une cataphore, le pronom neutre peut remplacer un adjectif, un autre pronom, une proposition,
une phrase... ou même, plus simplement, toute idée exprimée dans le texte :
- Ne commettez pas cette action, cela serait honteux !
- Le pronom cataphorique neutre cela a pour antécédent l'idée de commettre cette action.
- À l'oral, le pronom démonstratif est le plus souvent un représentant référentiel :
- "Qu'est-ce que c'est que ça ?" Mélanie, sourcils froncés, montrait à sa fille Sandrine le vase cassé au
milieu du salon...
- Le pronom ça désigne un objet non nommé dans le discours (le vase cassé). En l'absence d'antécédent
ou de conséquent, ce pronom ne peut être qu'un représentant référentiel, plus précisément, un déictique.
Accord
Pronom démonstratif variable
- Quand le pronom démonstratif variable est un représentant textuel, il s'accorde avec le genre et le nombre
de son antécédent ou son conséquent :
- J'adore les fleurs, et celles que tu m'as offertes sont particulièrement belles.
- Quand le pronom démonstratif variable est un représentant référentiel, il désigne obligatoirement des
êtres humains, et s'accorde dans ce cas avec le sexe de son référent :
- Que ceux qui n'ont jamais péché lui jettent la première pierre !
Pronom démonstratif neutre
- Comme d'habitude, le neutre est toujours accordé au masculin singulier :
- Tout ceci ne me plaît guère. Ce qui est rare n'est pas forcément cher.
Syntaxe des formes renforcées
Qu'il soit neutre ou bien variable, le pronom démonstratif renforcé s'emploie comme un syntagme nominal et revêt à peu près
toutes les fonctions de cette catégorie :
- Celui-ci mange une pomme [sujet]. J'aperçois celle-là [C.O.D.]. Tu parles à
celles-ci [C.A.T. ou C.O.S.]. C'est le frère de ceux-là [complément de nom]. Il s'est fâché à
cause de ceci [C.C. de cause]. Il s'agit de cela [sujet réel]. N'oubliez pas de parler de
ça. [C.O.I.]
- Dans la représentation référentielle, les formes renforcées permettent théoriquement d'apprécier le relatif éloignement dans
l'espace ou le temps, par rapport à la situation d'énonciation. Mais dans le langage courant, cette distinction a tendance à
s'estomper. De plus, la forme lointaine est plus employée que la forme prochaine :
- "Que signifie cela, demanda Rodolphe en tendant à Coralie un morceau de papier ?"
- L'objet représenté par le pronom cela est manifestement proche des deux interlocuteurs.
- Par ailleurs, la forme lointaine peut prendre une connotation péjorative :
- Qui c'est celui-là ?
- Dans la représentation textuelle cataphorique, lorsque deux formes renforcées (la forme prochaine et la forme lointaine) sont
employées successivement dans un segment de texte, le premier antécédent (le plus éloigné des deux pronoms) est celui de la forme
lointaine, tandis que le second est celui de la forme prochaine :
- En allant à la bibliothèque, Natacha a rencontré Blandine : celle-ci a demandé à celle-là de lui
prêter sa voiture.
- Le pronom cataphorique celle-ci renvoie à la dernière nommée, soit Blandine ;
le pronom cataphorique celle-là renvoie à la première nommée, soit Natacha.
Syntaxe du pronom « celui »
Le pronom simple celui (ainsi que ses flexions celle, ceux et celles) est
presque toujours un représentant textuel. Il ne s'emploie jamais seul, mais suivi, soit d'une proposition subordonnée relative, soit
d'un syntagme nominal prépositionnel.
Le pronom simple celui équivaut au nom qu'il représente (l'antécédent) actualisé par un article défini. Le segment qui suit peut donc être analysé comme un
satellite (ou une expansion) de cet antécédent, permettant
une actualisation complète de celui-ci.
- Lorsque le pronom celui est suivi d'un pronom
relatif (qui, que, dont ou où), on considère généralement que ces deux pronoms forment une
locution relative (au sein de laquelle d'ailleurs, peut s'insérer une préposition) :
- Celui qui parle est mon voisin. [=l'homme qui...] ; Celle à qui j'ai demandé mon
chemin... [=la femme à qui...] ; Ceux que j'ai vus... [=les chiens que...] ; Celles
dont je t'ai parlé... [=les plages dont...] ; Celui pour qui j'ai fait tant d'efforts... [=l'enfant
pour qui...] ; Celle où j'ai passé la nuit... [=la chambre où...]
- Dans le syntagme pronominal Celui qui parle (sujet du verbe est), la relative qui
parle est complément de l'antécédent Celui ; etc.
- Lorsque la relative commence par qui, suivi du verbe être, il se produit souvent une
ellipse du relatif et du verbe :
- Elle aimait s'occuper des animaux, surtout de ceux abandonnés par leurs maîtres.
- Pour : « ...surtout de ceux qui étaient abandonnés par leurs maîtres. »
- Lorsque le pronom celui est suivi d'une préposition
(fréquemment, la préposition de), on a affaire à un syntagme pronominal dans lequel un syntagme nominal est
complément du pronom noyau :
- J'ai emprunté celui de ma sœur. [=le vélo de...] ; Celle pour Jean... [=la serviette
pour...] ; Ceux en cuir... [=les souliers en...] ; Celles à manches courtes... [=les
chemises à...] ; Celui à côté de ma maison... [=le platane à côté de...]
- Dans le syntagme pronominal celui de ma sœur (C.O.D. du verbe ai emprunté), le syntagme
nominal prépositionnel de ma sœur est complément du pronom noyau celui ; etc.
Syntaxe du pronom « ce »
Le pronom neutre ce, contrairement à ceci, cela et ça,
n'est habituellement employé qu'en combinaison avec d'autres éléments, ou dans des expressions figées.
Pronom « ce » suivi d'une subordonnée
Le pronom démonstratif ce est souvent suivi d'une proposition subordonnée,
pouvant être, soit relative, soit interrogative indirecte, soit conjonctive. On considère généralement que ce pronom, alors
associé à un subordonnant (pronom relatif, outil interrogatif indirect ou conjonction de subordination, selon le cas) forme
avec celui-ci une locution (locution relative, locution interrogative indirecte, ou locution conjonctive, selon le
cas) :
- Je sais déjà ce dont tu veux me parler. Tu fais ce que tu veux.
- Les locutions ce dont et ce que sont des locutions relatives. Chaque subordonnée relative
déterminative (« ce dont tu me veux me parler » et « ce que tu veux ») peut ainsi être analysée comme C.O.D.
du verbe.
- Nous ignorons ce qui te tracasse. Dis-moi ce que tu vois.
- Les locutions ce qui et ce que sont des locutions interrogatives indirectes. Chaque
subordonnée interrogative indirecte (« ce qui te tracasse » et « ce que tu vois ») peut ainsi être analysée
comme C.O.D. du verbe.
- Elle s'attend à ce qu'il la quitte.
- La locution à ce que est une locution conjonctive. La subordonnée « à ce qu'il la quitte » est une
conjonctive complétive C.O.I. du verbe s'attend.
Pronom « ce » combiné avec le verbe « être »
On remarquera tout d'abord que le pronom ce, accepte l'inversion du sujet, en restant toutefois
atone, à l'instar du pronom personnel conjoint je :
- Serait-ce lui ? Est-ce bientôt fini ?
Le pronom ce connaît divers emplois figés avec le verbe être (très souvent,
c'est ou ce sont) :
Locution verbale présentative
Le pronom ce peut faire partie d'une locution verbale dite présentative, permettant de mettre en relief un
élément linguistique ou un référent (donc, dans cet emploi, il peut être représentant référentiel ou représentant textuel). Cette
locution, constituée de c'est, est souvent en corrélation avec un pronom relatif :
- C'est la personne dont je t'ai parlé. C'était la maison où j'avais passé mes
vacances.
Normalement cette locution présentative reste à la troisième personne du singulier (c'est, ce sera,
c'était...). Cependant, dans le registre
soutenu, lorsque l'élément qui suit est à la troisième personne du pluriel, il est préférable d'employer : ce
sont, ce seront, c'étaient...
- Ce sont mes affaires. C'étaient tes parents. Ce furent de magnifiques vacances.
- Dans le registre courant : « C'est mes affaires. C'était tes parents. Ce fut de magnifiques vacances. »
Autres combinaisons
- Le pronom ce peut être un représentant référentiel indéterminé :
- C'est magnifique ! Ce sera magnifique ! C'était magnifique !
- Le pronom ce peut être un représentant textuel (anaphore ou cataphore) formant un pléonasme :
- Ce jardin, c'est une merveille ! Ces pâtes, c'est un délice !
Pronom « ce » dans d'autres emplois
- Dans la langue littéraire, le pronom ce remplace parfois le pronom neutre renforcé :
- Ce me semble une excellente idée.
- Pour : « Cela me semble une excellente idée ».
- Ce disant, il se remit à son ouvrage.
- Pour : « Disant cela, il se remit à son ouvrage. »
- Sur ce, au revoir.
- Pour : « Sur ces dernières paroles, au revoir. ».
- Elle accompagne les enfants de ses voisins à l'école, s'occupe d'eux, les nourrit parfois, et ce, tout à fait
bénévolement.
- Le pronom ce représentant phrastique, renvoie à tout ce qui précède, afin que le segment tout à fait
bénévolement puisse devenir satellite de l'antécédent.
Articles connexes

