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Pronom démonstratif

Le pronom démonstratif est une sous-catégorie de pronom exprimant une idée de monstration. Il permet d'indiquer que l'objet représenté se trouve, soit dans le texte, soit dans l'espace ou le temps, définis par la situation d'énonciation.

Dans la catégorie des déterminants, le correspondant du pronom démonstratif est l'adjectif démonstratif. Le pronom démonstratif équivaut donc à un nom précédé d'un adjectif démonstratif :

Ce chapeau, je l'ai apporté de Dieppe ; celui-là, je l'ai apporté de Chalkidiki.
Le syntagme Ce chapeau est actualisé par l'adjectif démonstratif ce, tandis que le pronom démonstratif celui-là équivaut à ce chapeau-là.
Sommaire

Morphologie

Certains pronoms démonstratifs varient selon le genre et le nombre, alors que d'autres restent neutres. Par ailleurs, à l'instar de ce qui se passe pour l'adjectif démonstratif, les formes du pronom peuvent être renforcées au moyen des particules adverbiales -ci ou -là (pour que voici et que voilà).


Formes simples

- Au singulier : celui au masculin, et celle au féminin ;
- Au pluriel : ceux au masculin, et celles au féminin.


Formes renforcées

Rappelons au préalable qu'il existe deux formes renforcées (ou formes composées), la forme prochaine (en -ci) et la forme lointaine (en -là ou -la).

Du point de vue orthographique, on notera que contre toute attente, le pronom cela s'écrit avec un a sans accent grave.


Représentation

À l'instar de ce qui se passe pour l'adjectif correspondant, le pronom démonstratif peut remplacer un terme du contexte, qui précède (fonction anaphorique) ou bien qui suit (fonction cataphorique) le pronom en question, ou bien désigner un référent, le plus souvent au moyen d'un geste, c'est-à-dire, renvoyer à un élément extralinguistique pris dans la situation d'énonciation (c'est la fonction déictique). Il peut donc être, soit un représentant textuel, soit un représentant référentiel.

En jouant dans le salon, la petite Sandrine a cassé un vase. Fort heureusement, celui-ci n'avait aucune valeur.
Le pronom cataphorique celui-ci renvoie au syntagme nominal un vase, qui constitue son antécédent.
Lorsqu'il est une anaphore ou une cataphore, le pronom neutre peut remplacer un adjectif, un autre pronom, une proposition, une phrase... ou même, plus simplement, toute idée exprimée dans le texte :
Ne commettez pas cette action, cela serait honteux !
Le pronom cataphorique neutre cela a pour antécédent l'idée de commettre cette action.
"Qu'est-ce que c'est que ça ?" Mélanie, sourcils froncés, montrait à sa fille Sandrine le vase cassé au milieu du salon...
Le pronom ça désigne un objet non nommé dans le discours (le vase cassé). En l'absence d'antécédent ou de conséquent, ce pronom ne peut être qu'un représentant référentiel, plus précisément, un déictique.


Accord


Pronom démonstratif variable

J'adore les fleurs, et celles que tu m'as offertes sont particulièrement belles.
Que ceux qui n'ont jamais péché lui jettent la première pierre !


Pronom démonstratif neutre

Tout ceci ne me plaît guère. Ce qui est rare n'est pas forcément cher.


Syntaxe des formes renforcées

Qu'il soit neutre ou bien variable, le pronom démonstratif renforcé s'emploie comme un syntagme nominal et revêt à peu près toutes les fonctions de cette catégorie :

Celui-ci mange une pomme [sujet]. J'aperçois celle-là [C.O.D.]. Tu parles à celles-ci [C.A.T. ou C.O.S.]. C'est le frère de ceux-là [complément de nom]. Il s'est fâché à cause de ceci [C.C. de cause]. Il s'agit de cela [sujet réel]. N'oubliez pas de parler de ça. [C.O.I.]
"Que signifie cela, demanda Rodolphe en tendant à Coralie un morceau de papier ?"
L'objet représenté par le pronom cela est manifestement proche des deux interlocuteurs.
Par ailleurs, la forme lointaine peut prendre une connotation péjorative :
Qui c'est celui-là ?
En allant à la bibliothèque, Natacha a rencontré Blandine : celle-ci a demandé à celle-là de lui prêter sa voiture.
Le pronom cataphorique celle-ci renvoie à la dernière nommée, soit Blandine ; le pronom cataphorique celle-là renvoie à la première nommée, soit Natacha.

Syntaxe du pronom « celui »

Le pronom simple celui (ainsi que ses flexions celle, ceux et celles) est presque toujours un représentant textuel. Il ne s'emploie jamais seul, mais suivi, soit d'une proposition subordonnée relative, soit d'un syntagme nominal prépositionnel. Le pronom simple celui équivaut au nom qu'il représente (l'antécédent) actualisé par un article défini. Le segment qui suit peut donc être analysé comme un satellite (ou une expansion) de cet antécédent, permettant une actualisation complète de celui-ci.

Celui qui parle est mon voisin. [=l'homme qui...] ; Celle à qui j'ai demandé mon chemin... [=la femme à qui...] ; Ceux que j'ai vus... [=les chiens que...] ; Celles dont je t'ai parlé... [=les plages dont...] ; Celui pour qui j'ai fait tant d'efforts... [=l'enfant pour qui...] ; Celle où j'ai passé la nuit... [=la chambre où...]
Dans le syntagme pronominal Celui qui parle (sujet du verbe est), la relative qui parle est complément de l'antécédent Celui ; etc.
Lorsque la relative commence par qui, suivi du verbe être, il se produit souvent une ellipse du relatif et du verbe :
Elle aimait s'occuper des animaux, surtout de ceux abandonnés par leurs maîtres.
Pour : « ...surtout de ceux qui étaient abandonnés par leurs maîtres. »
J'ai emprunté celui de ma sœur. [=le vélo de...] ; Celle pour Jean... [=la serviette pour...] ; Ceux en cuir... [=les souliers en...] ; Celles à manches courtes... [=les chemises à...] ; Celui à côté de ma maison... [=le platane à côté de...]
Dans le syntagme pronominal celui de ma sœur (C.O.D. du verbe ai emprunté), le syntagme nominal prépositionnel de ma sœur est complément du pronom noyau celui ; etc.


Syntaxe du pronom « ce »

Le pronom neutre ce, contrairement à ceci, cela et ça, n'est habituellement employé qu'en combinaison avec d'autres éléments, ou dans des expressions figées.


Pronom « ce » suivi d'une subordonnée

Le pronom démonstratif ce est souvent suivi d'une proposition subordonnée, pouvant être, soit relative, soit interrogative indirecte, soit conjonctive. On considère généralement que ce pronom, alors associé à un subordonnant (pronom relatif, outil interrogatif indirect ou conjonction de subordination, selon le cas) forme avec celui-ci une locution (locution relative, locution interrogative indirecte, ou locution conjonctive, selon le cas) :

Je sais déjà ce dont tu veux me parler. Tu fais ce que tu veux.
Les locutions ce dont et ce que sont des locutions relatives. Chaque subordonnée relative déterminative (« ce dont tu me veux me parler » et « ce que tu veux ») peut ainsi être analysée comme C.O.D. du verbe.
Nous ignorons ce qui te tracasse. Dis-moi ce que tu vois.
Les locutions ce qui et ce que sont des locutions interrogatives indirectes. Chaque subordonnée interrogative indirecte (« ce qui te tracasse » et « ce que tu vois ») peut ainsi être analysée comme C.O.D. du verbe.
Elle s'attend à ce qu'il la quitte.
La locution à ce que est une locution conjonctive. La subordonnée « à ce qu'il la quitte » est une conjonctive complétive C.O.I. du verbe s'attend.


Pronom « ce » combiné avec le verbe « être »

On remarquera tout d'abord que le pronom ce, accepte l'inversion du sujet, en restant toutefois atone, à l'instar du pronom personnel conjoint je :

Serait-ce lui ? Est-ce bientôt fini ?

Le pronom ce connaît divers emplois figés avec le verbe être (très souvent, c'est ou ce sont) :

Locution verbale présentative

Le pronom ce peut faire partie d'une locution verbale dite présentative, permettant de mettre en relief un élément linguistique ou un référent (donc, dans cet emploi, il peut être représentant référentiel ou représentant textuel). Cette locution, constituée de c'est, est souvent en corrélation avec un pronom relatif :

C'est la personne dont je t'ai parlé. C'était la maison j'avais passé mes vacances.

Normalement cette locution présentative reste à la troisième personne du singulier (c'est, ce sera, c'était...). Cependant, dans le registre soutenu, lorsque l'élément qui suit est à la troisième personne du pluriel, il est préférable d'employer : ce sont, ce seront, c'étaient...

Ce sont mes affaires. C'étaient tes parents. Ce furent de magnifiques vacances.
Dans le registre courant : « C'est mes affaires. C'était tes parents. Ce fut de magnifiques vacances. »

Autres combinaisons

C'est magnifique ! Ce sera magnifique ! C'était magnifique !
Ce jardin, c'est une merveille ! Ces pâtes, c'est un délice !


Pronom « ce » dans d'autres emplois

Ce me semble une excellente idée.
Pour : « Cela me semble une excellente idée ».
Ce disant, il se remit à son ouvrage.
Pour : « Disant cela, il se remit à son ouvrage. »
Sur ce, au revoir.
Pour : « Sur ces dernières paroles, au revoir. ».
Elle accompagne les enfants de ses voisins à l'école, s'occupe d'eux, les nourrit parfois, et ce, tout à fait bénévolement.
Le pronom ce représentant phrastique, renvoie à tout ce qui précède, afin que le segment tout à fait bénévolement puisse devenir satellite de l'antécédent.


Articles connexes





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