Pronom relatif
Le pronom relatif est un pronom particulier qui se distingue des
autres pronoms (personnels, démonstratifs…) par sa faculté d'introduire une nouvelle proposition (la proposition subordonnée relative).
Il joue donc un double rôle, puisqu'il est à la fois représentant, au même titre qu'un autre pronom, et subordonnant, au même titre
que la conjonction de subordination, par
exemple.
- En tant que pronom représentant, il consiste le plus souvent en une anaphore. Il lui arrive cependant d'être
employé sans antécédent, et de devenir ainsi un référentiel (ou nominal). Le plus souvent cependant, il sert de reprise nominale ou pronominale
(plus rarement adjectivale ou adverbiale) : il remplace un nom ou un pronom de la principale et évite une répétition. C'est
ce lien avec un nom qui justifie qu'on classe une telle proposition dans les expansions du nom.
- En tant que subordonnant, il relie la subordonnée à la principale et prend la fonction voulue dans cette seule subordonnée.
Dans les langues flexionnelles, le pronom relatif peut
adopter la forme voulue par son cas. En français, par
exemple, le pronom relatif sujet est obligatoirement qui, le complément du nom dont, le COD que, etc.
Morphologie du pronom relatif
Parmi les langues romanes, le français est intéressant à étudier en ce qu'il possède un jeu de pronoms relatifs déclinables selon leur fonction. C'est une des rares classes lexicales à avoir conservé cet archaïsme hérité du latin qu'est la flexion casuelle. En sorte, le pronom relatif s'y décline selon la fonction voulue et, plus rarement, selon le genre, qui connaît dans ce cas une opposition animé ~
inanimé (seulement quand le pronom est précédé d'une préposition) ou masculin ~ féminin.
Formes simples
Dans la grammaire
scolaire, on explique que chaque forme du pronom relatif simple est un pronom (on
fait apprendre la liste des pronoms relatifs : qui, que, quoi,
dont, où). Or, de ces cinq mots, d'une part, qui, que et quoi sont
des formes différentes du même mot, invariables en genre et en nombre mais variables en fonction, d'autre part, dont et
où, invariables, sont des mots différents (où est du reste facilement considéré comme un adverbe).
- Le suffixe -e indique la fonction C.O.D. et que le suffixe -i, la fonction sujet.
- Le pronom indéfini quiconque peut être parfois analysé comme pronom relatif simple. Dans ce cas, il équivaut
à la forme qui, employée sans antécédent :
- Quiconque travaille doit réussir = Qui travaille doit réussir.
- Si un pronom relatif simple reste bien invariable vis à vis du genre et du nombre de son antécédent, il ne transmet pas
moins, et le genre, et le nombre, et la personne, de cet
antécédent :
- C'est pas moi qui m'en suis occupée, dit-elle.
- Et non pas : « C'est pas moi qui s'en est occupé, dit-elle. », car le pronom relatif
qui a pour antécédent moi (première personne du singulier, genre féminin).
Formes composées
Il existe aussi des formes composées, maintenant univerbées : le quel est devenu lequel. Ces formes connaissent une flexion interne,
indice de leur statut d'anciennes locutions. Ces formes se fléchissent selon le nombre et le genre :
- masculin → singulier : lequel, pluriel : lesquels ;
- féminin → singulier : laquelle, pluriel : lesquelles.
Les formes agglutinées sont
notables :
- à + lequel, etc. → auquel, auxquels, auxquelles (mais
à laquelle) ;
- de + lequel, etc. → duquel, desquels, desquelles (mais
de laquelle).
Syntaxe du pronom relatif
Pronom relatif et antécédent
Le pronom relatif est habituellement une anaphore. Le plus souvent, son antécédent (un nom,
mais également, un autre pronom, un adjectif…), précède immédiatement ce pronom relatif :
- L'enfant qui traverse la rue est l'un de mes élèves.
- Le pronom relatif qui a pour antécédent le syntagme nominal L'enfant.
- Toi qui sais le latin...
- Le pronom relatif qui a pour antécédent le pronom personnel Toi.
- Là où il est, il ne souffre plus.
- Le pronom relatif où a pour antécédent l'adverbe de lieu Là.
- Étourdi que tu es !...
- Le pronom relatif que a pour antécédent l'adjectif étourdi.
- Parfois cependant, l'antécédent ne précède pas immédiatement le pronom relatif :
- Je les entendis très distinctement qui appelaient au secours.
- Le pronom relatif qui a pour antécédent le pronom personnel les.
- Exceptionnellement, le pronom relatif est employé sans antécédent. Dans ce cas, le pronom en question (qui,
quiconque ou bien où) n'est plus une anaphore mais un représentant référentiel :
- Qui dort dîne. J'aime qui m'aime. Quiconque travaille finit par réussir. Elle a décider d'aller
où il va.
- On peut considérer que le pronom relatif qui a pour antécédent sous-entendu : celui,
et que le pronom relatif où a pour antécédent sous-entendu : l'endroit, ou encore :
là.
Pronom relatif et proposition relative
- À cause de son rôle de subordonnant de la proposition
relative, le pronom relatif anaphorique se trouve généralement placé en tête de celle-ci.
- - Il peut cependant être précédé d'une préposition :
-
- L'enfant à qui tu as parlé est l'un de mes élèves.
- Le pronom relatif qui (antécédent : enfant) est C.A.T. du verbe a
parlé.
- - Parfois, il peut même être précédé de tout un syntagme nominal faisant partie intégrante de la proposition relative :
-
- La société pour le compte de laquelle il travaille a fait faillite.
- Le pronom relatif laquelle (antécédent : société) est complément du nom
compte. La subordonnée relative complète est pour le compte de laquelle il travaille.
- Il faut veiller à ne pas confondre la fonction du pronom relatif et la fonction de la subordonnée relative.
- - La fonction du pronom relatif (à l'intérieur de la proposition subordonnée relative) est l'une des fonctions possibles du
nom (sujet, attribut, complément…).
- - Mais la fonction de la proposition subordonnée relative est presque toujours complément du mot qui précède ce pronom
relatif, ou plus précisément, complément de l'antécédent. La proposition subordonnée relative est donc le plus
souvent un satellite de cet antécédent (une expansion du nom). Cependant, en l'absence d'antécédent (la subordonnée relative est
alors dite relative substantive ), on analyse certaines propositions relatives comme étant sujet ou C.O.D. du
verbe de la principale :
-
- Je sais où il habite.
- Proposition principale : Je sais. Proposition subordonnée relative : où il
habite, C.O.D. du verbe sais. À l'intérieur de cette subordonnée, le relatif où est
C.C. de lieu du verbe habite.
- La proposition subordonnée relative succédant nécessairement à son antécédent, ce positionnement produit très souvent un
enchâssement de la relative dans la principale :
- Les vacances que j'ai passées au Maroc sont inoubliables.
- Proposition principale : Les vacances… sont inoubliables. Proposition subordonnée relative
enchâssée : que j'ai passées au Maroc. Le pronom relatif que est C.O.D. du verbe
ai passées.
Syntaxe du pronom « qui »
La fonction du pronom relatif qui varie selon que celui-ci est ou non précédé d'une préposition.
« Qui » non précédé d'une préposition
- Lorsqu'il n'est pas précédé d'une préposition, le pronom relatif qui est le plus souvent sujet du verbe de la proposition relative :
- L'enfant qui m'a parlé est le fils de mes voisins.
- Le pronom relatif qui (antécédent : enfant) est sujet du verbe a
parlé.
- qui → sujet : [[Je vois le chat] [<qui> est énorme]] (<qui> est sujet de
être) ;
- Quand le pronom relatif qui est employé sans antécédent, il représente exclusivement une
personne et c'est l'équivalent du pronom relatif quiconque :
- Qui part à la chasse perd sa place = Quiconque part à la chasse perd sa place.
- Le pronom relatif qui (ou quiconque) est sujet du verbe part. La
proposition relative Qui / Quiconque part à la chasse est sujet du verbe perd.
- On peut comparer : « J'aime qui je veux aimer » à « J'aime ceux que je veux
aimer ».
« Qui » précédé d'une préposition
Lorsqu'il est précédé d'une préposition, le pronom relatif
qui devient complément du verbe, et remplace nécessairement un animé (une personne ou un objet
personnifié) :
- L'enfant à qui j'ai parlé est le fils de mes voisins.
- Le pronom relatif qui (antécédent : enfant) est C.A.T. du verbe ai
parlé.
- [[L'homme [<à qui> je parle] connaît Boubou] (<à qui> est COI de
parler) ;
- Si l'antécédent est un inanimé (un objet ou un animal non personnifié), il faut utiliser lequel. Si au contraire l'antécédent est neutre (un élément linguistique
sans genre ni nombre : une proposition, une phrase, une idée…), il faut utiliser quoi.
- Notons que si la combinaison de qui est correcte, il est préférable d'utiliser à sa place le pronom relatif
dont :
- L'homme de qui je t'ai parlé / L'homme dont je t'ai parlé.
- Le pronom relatif qui précédé d'une préposition peut également être employé sans antécédent. Ici encore, il
peut être remplacé par quiconque :
- J'offre ces vieux livres à qui les voudra.
- Le pronom relatif qui est C.A.T. (C.O.S.) du verbe voudra.
Syntaxe du pronom « que »
Le pronom relatif que est toujours une anaphore, et n'est jamais précédé d'une préposition
(sinon, il faut utiliser qui, quoi...).
Sa fonction est le plus souvent, complément d'objet direct :
- L'enfant que tu vois est l'un de mes élèves.
- Le pronom relatif que (antécédent : enfant) est C.O.D. du verbe
vois.
- que → COD : [[Je ne supporte pas ce chat] [<que> tu as adopté]] (<que> est
COD de adopter) ;
Parfois cependant, il peut remplir d'autres fonctions :
- J'aime ce beau pays qu'est la France.
- Le pronom relatif qu' (antécédent : ce beau pays) est attribut du sujet la
France.
- Je ferai ce qu'il faudra.
- Le pronom relatif qu' (antécédent : ce) est sujet réel du verbe faudra.
- Complément d'objet indirect (C.A.T. ou C.O.S.) :
- C'est à cet homme que j'ai parlé.
- Le pronom relatif que (antécédent : homme) est C.A.T. du verbe ai parlé. Autre
forme : « C'est l'homme à qui j'ai parlé. »
Syntaxe du pronom « quoi »
Précédé d'une préposition, le pronom relatif quoi ne peut jamais représenter une personne.
- On notera qu'à l'origine, le pronom quoi (relatif ou interrogatif) est la forme tonique du pronom
que :
- Que veux-tu ? / Tu veux quoi ?
« Quoi » non précédé d'une préposition
Lorsqu'il n'est pas précédé d'une préposition, le pronom relatif quoi est normalement employé sans
antécédent. Il ne peut dans ce cas être sujet :
- Quoi que je dise, j'ai toujours tort.
- Le pronom relatif quoi est C.O.D. du verbe dise.
« Quoi » précédé d'une préposition
Le pronom relatif quoi est le plus souvent précédé d'une préposition. Il est alors complément prépositionnel
(C.O.I., C.C., complément de nom, etc.) et son antécédent est normalement neutre (ce…) :
- C'est ce à quoi je faisais allusion.
- Le pronom relatif quoi (antécédent : ce) est, soit C.O.I. de la locution verbale
faisais allusion, soit complément du nom allusion.
- préposition + quoi (à quoi, pourquoi ─ noter l'univerbation ─, sans quoi) →
divers compléments du verbe (seulement pour des antécédents inanimés comme ce, rien) : [Sais-tu
ce [<à quoi> je pensais] ?] (<à quoi> est COI de penser) ;
- Remarquons que de quoi n'est pas correct : dans ce cas, il convient d'utiliser dont.
- Même précédé d'une préposition, le pronom relatif quoi peut être employé sans antécédent :
- Tu sais à quoi je pense ?
- Le pronom relatif quoi est C.O.I. du verbe pense.
Syntaxe du pronom « dont »
Toujours anaphorique, le pronom relatif dont remplace tout complément (animé ou inanimé) précédé de la
préposition de. La fonction du pronom relatif dont ne peut donc être que complément
prépositionnel, soit :
- L'enfant dont tu es le père s'appelle Alexia.
- Le pronom relatif dont (antécédent : enfant) est complément du nom
père.
- Complément de l'adjectif :
- Alexia est l'enfant dont vous êtes si fiers.
- Le pronom relatif dont (antécédent : enfant) est complément de l'adjectif
fiers.
- Complément circonstanciel (C.C.) :
- C'est la région dont je viens.
- Le pronom relatif dont (antécédent : région) est C.C. de lieu du verbe
viens.
- Complément d'agent (C.A.G.) :
- Voici les élèves dont ce professeur était tant aimé.
- Le pronom relatif dont (antécédent : élèves) est C.A.G. du verbe était
aimé.
- Complément d'objet indirect (C.O.I.) :
- L'enfant dont je te parle est l'un de mes élèves.
- Le pronom relatif dont (antécédent : enfant) est C.O.I. du verbe
parle.
- dont → complément du nom, COI → dont : [[Le chat
[<dont> le pelage est roux] se nomme Boubou]] (dont est complément du nom pelage : « le pelage de
dont », mis pour le chat), [[Le chat [<dont> je t'ai parlé] se nomme Boubou]]
(dont est COI de parler).
- Lorsqu'un pronom relatif doit être précédé d'une préposition autre que de, la forme choisie doit donc être
qui (pour un animé), où pour un lieu, lequel pour un inanimé (autre qu'un lieu) ou quoi pour un
neutre.
Syntaxe du pronom « où »
Le pronom relatif où est le plus souvent complément circonstanciel de lieu (dans le registre soutenu, il ne s'emploie que pour des lieux concrets)
ou de temps. Il peut être précédé ou non d'une préposition.
« Où » non précédé d'une préposition
Lorsque le pronom relatif où n'est pas précédé d'une préposition, on peut cependant considérer que son
représenté est en fait précédé d'une préposition telle que à, en, ou
dans :
- J'ai beaucoup aimé le pays où j'ai passé mes vacances.
- Le pronom relatif où (antécédent : pays) est C.C. de lieu du verbe ai
passé (= j'ai passé mes vacances dans ce pays).
- Je me souviens de l'époque où je passais mes vacances chez ma grand-mère.
- Le pronom relatif où (antécédent : époque) est C.C. de temps du verbe passais (= je passais mes vacances chez ma
grand-mère à cette époque)
- où → complément circonstanciel de lieu : [La maison [<où> Boubou est né] est maintenant
rasée] (<où> est complément circonstanciel de lieu de naître).
- Le pronom relatif où non précédé d'une préposition peut exceptionnellement s'employer sans
antécédent :
- Allez où vous voulez.
- Le pronom relatif où est C.C. de lieu du verbe voulez.
« Où » précédé d'une préposition
A l'instar de qui, quoi et lequel, le pronom relatif où
peut être précédé d'un préposition (d', par, jusqu', vers…) :
- Les chemins par où il est passé et le pays d'où il vient, me sont inconnus.
- Le pronom relatif où (antécédent : chemins, puis pays) est C.C. de
lieu des verbes est passé, puis vient.
- Le pronom relatif où précédé d'une préposition peut exceptionnellement s'employer sans
antécédent :
- Je sais par où il est passé.
- Le pronom relatif où est C.C. de lieu du verbe est passé. Notons que la subordonnée
relative où il est passé, C.O.D. du verbe sais, peut être également analysée comme une
proposition subordonnée interrogative indirecte (où peut être analysé à la fois comme un pronom relatif et comme
un adverbe interrogatif).
Syntaxe du pronom « lequel »
Exclusivement anaphorique (il ne peut donc être employé sans antécédent), le pronom relatif lequel peut en
principe représenter tout élément de la 3e personne. Cependant, si son antécédent peut être indifféremment une personne ou une
chose, il ne peut jamais être neutre.
« Lequel » non précédé d'une préposition
- Le pronom relatif lequel non précédé d'une préposition, ne s'utilise que comme sujet de la relative. Son
emploi est une marque du registre soutenu :
- L'honnête homme, lequel se doit de connaître Homère, se fait rare en ce monde.
- Equivalent de « L'honnête homme, qui se doit de connaître Homère, se fait rare en ce
monde » (registre courant).
- On peut également l'employer dans le registre courant chaque fois qu'il est en mesure de dissiper une équivoque générée par
l'emploi d'un pronom relatif invariable :
- Je me souviens du parfum de cette fleur, lequel est extraordinaire.
- L'emploi du pronom relatif lequel (antécédent : parfum, même genre et même nombre),
supprime l'équivoque que le pronom qui aurait pu produire. En effet, dans : « Je me souviens du
parfum de cette fleur qui est extraordinaire. », on ne sait pas trop si c'est le
parfum ou bien la fleur, qui est extraordinaire…
- Le pronom relatif lequel employé sans préposition peut parfois être analysé comme un véritable
adjectif relatif (représentant anaphorique indiquant une détermination complète), lorsque l'antécédent est
répété :
- J'ai rencontré Julien, le frère de Paul, lequel Julien a fait le tour du monde.
- La relative lequel Julien a fait le tour du monde est complément de l'antécédent Julien
(première occurrence). Le groupe nominal lequel Julien (constitué d'un nom propre précédé d'un déterminant,
adjectif relatif) est sujet du verbe a fait.
« Lequel » précédé d'une préposition
- Précédé d'une préposition, le pronom relatif lequel peut être lui aussi la marque du registre
soutenu :
- Germain, auquel j'ai offert une souris en plastique, a fière allure.
- Equivalent de « Germain, à qui j'ai offert une souris en plastique, a fière allure » (registre
courant).
- On emploie normalement le pronom relatif lequel précédé d'une préposition, à la place de
qui, chaque fois que celui-ci représente une chose et non une personne :
- C'est la voiture avec laquelle il a gagné la course.
- Et non pas : « C'est la voiture avec qui il a gagné la course. »
- S'il doit être précédé de la préposition de, dans le registre courant, on préférera utiliser le pronom
dont plutôt que les formes duquel, de laquelle, etc., jugées un peu lourdes :
- C'est la légende dont il tiré le scénario de son film.
- Préférable à : « C'est la légende de laquelle il tiré le scénario de son
film. »
- Les relatifs composés sont parfois obligatoires en langue soutenue : c'est le cas pour le complément circonstanciel de
lieu, qui ne peut être rendu par où quand le lieu n'est pas concret :
- C'est un passage du roman dans lequel l'auteur exprime tout son amour pour Boubou.
- Préférable à l'écrit, à : « C'est un passage du roman où l'auteur exprime tout son amour pour
Boubou ».
Sujet connexes

