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L'article résume les propriétés phonétiques de l'allemand standard (Hochdeutsch), qui y sont exprimées à l'aide de l'alphabet phonétique international.
| Sommaire |
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Le système vocalique allemand est riche de 16 à 17 voyelles et 3 diphtongues, auxquels s'ajoutent une dizaines de phonèmes d'origine étrangère.
Les voyelles vont par paires constituées d'une voyelle accentuée et d'une non accentuée. Par exemple /i/ se prononce différemment dans stabil ([ʃtabi:l]) et Rind ([ʁɪnt]), /u/ dans Bluse ([blu:zə]) et bund ([bʊnt]), /ö/ dans böse ([bøzə]) et Mönch ([mœnç]). La forme accentuée se retrouve en général dans les voyelles longues et dans certaines voyelles courtes de mots étrangers. Deux voyelles ne font pas partie d'une telle paire, le e atone [ə] et le r vocalisé [ɐ], et le e semi-ouvert [ɛ] fait partie de deux paires [e/ɛ] et [æ/ɛ].
Une autre caractéristique du système allemand est l'inflexion des paires de voyelles /a/ [ɑ/a] en /ä/ [æ/ɛ], /o/ [o/ɔ] en /ö/ [ø/œ], et /u/ [u/ʊ] en /ü/ [y/ʏ]. Cette inflexion résulte essentiellement de la morphologie (par exemple: ich war, ich wäre, die Mutter, die Mütter), mais /ä/, /ü/ et /ö/ se retrouvent également dans de nombreux Fremdwörter (Ästhetik, Büro).
Note : certains grammairiens estiment que prononciation accentuée de /ä/ est [ɛ], comme le consacre la prononciation courante, en particulier dans le Nord de l'Allemagne.
Les diphtongues faisant partie du système vocalique allemande sont fermantes et au nombre de trois : [ɔi] (eu, äu), [aʊ] (au) et [aɪ] (ei).
Un certain nombre de diphtongues, ouvrantes ou fermantes, sont importées de l'anglais (ex. Know-how, Aids).
Les nasales [~ɛ] (in), [~a] (an), [~œ] (un) et [~o] (on) sont importées du français. Elles ont tendance à se dénasaliser dans la prononciation relâchée.
| mode articulatoire |
point d'articulation |
sourdes | sonores | ||
| occlusif | bilabial | p | plus | b | Birne |
| dental | t | Tat | d | Dirndl | |
| vélaire | k | Kohl | g | Garage | |
| glottal | ʔ¹ | ||||
| nasal | bilabial | m | Mutter | ||
| alvéolaire | n | nein | |||
| vélaire | ŋ | Ring | |||
| fricatif | labio-dental | f | fein | v | Wein |
| dental | θ | Thriller | |||
| alvéolaire | s | Straße | z | Silbe | |
| post-alvéolaire | ʃ | Schlacht | ʒ | Garage | |
| palatal | ç | China | ʝ² | Jahr | |
| uvulaire | χ | Ach | ʁ³ | Ring | |
| glottal | h | hell | |||
| affriqué | bilabial | pf͡ | Pfeife | ||
| alvéolaire | ts͡ | Zoll | |||
| post-alvéolaire | tʃ͡ | Tschechien | dʒ‿ | Gin | |
| spirant latéral |
alvéolaire | l | lecken | ||
| ¹ [ʔ], le coup de glotte ne correspond à aucun caractère écrit. Par exemple, Anne se prononce [ʔanə]. Le coup de glotte, ou Knacklaut, se manifeste surtout comme marque de disjonction en empêchant la liaison. | |||||
| ² /j/ est classé, suivant les auteurs, comme une spirante [j] ou une fricative [ʝ]. | |||||
| ³ /r/ a deux prononciations possibles [ʀ] (vibrante uvulaire roulée, par exemple en prononciation autrichienne) et [ʁ] (fricative uvulaire). | |||||
L'accent tonique allemand est un accent d'intensité ; il peut être primaire ou secondaire (d'intensité moindre). Son placement obéit aux principales règles suivantes (il existe cependant des irrégularités) :
La prononciation allemande se déduit en bonne approximation de l'écrit, à l'exception notable de celle des Fremdwörter (mots d'origine étrangère).
Une série de plusieurs consonnes peut être utilisée pour transcrire un seul son. C'est le cas :
Si les lettres en question font partie de deux mots différents d'un Kompositum (mot composé), elles se prononcent séparément :
[p] en fin de syllabe (taub)
[b] sinon (brutal)
[ts] devant ä, e et i (Cäsar)
[k] sinon (Camping)
[ç] dans le suffixe -chen
[x] après a, o, u (lachen)
[k] en tant qu'initiale avant a, o, u ou r (Chor, Christus)
[ç] dans les autres cas (lächeln)
[ks] (Lachs)
[t] en fin de syllabe (Rad)
[d] sinon (Dürre)
[t] (sandte)
[n̩] en tant que terminaison (/n/ vocalisé, c'est-à-dire comme avec un [ə] très léger et non syllabique ; [n̩] compte donc pour une seule syllabe)
[m̩] en tant que terminaison (/m/ vocalisé)
[l̩] en tant que terminaison (/l/ vocalisé)
[f]
[ç] dans le suffixe -ig (billig)
[k] en fin de syllabe (Prag)
[g] dans les autres cas (Gesellschaft)
[h] devant une voyelle (Haar)
muet dans les autres cas (Mahl)
[j]
[k]
[l]
[m]
[n]
[p]
[f]
[ŋ] (lang)
[kv] ou [kw] (Quelle)
[ʁ] devant une voyelle (Remis)
muet dans la terminaison -er en fin de mot ou devant consonne (Fahrer, Hart), -er étant
prononcé [ɐ] (voir plus bas)
[z] devant et entre les voyelles (Hase)
[s] en fin de syllabe ou après une consonne (Glas)
[ʃ] devant p et t ou en début de syllabe (Strand)
[ʃ]
[s]
[s]
[t]
[t] sinon
[tsj] dans les suffixes -tion, -tiär et -tial (Aktion)
[ti] sinon (Timo)
[ts]
[f] sinon (Vater)
[v]
[ks]
[ts]
Les voyelles sont brèves ou longues. Les brèves sont lâches tandis que les longues sont tendues (cf. tension vocalique).
Les consonnes peuvent être redoublées à l'écrit pour indiquer que la voyelle précédente est courte mais il n'existe pas de consonnes longues. Les voyelles peuvent aussi être redoublées ou suivi d'un h diacritique (Dehnungs-h) pour indiquer qu'elles sont longues. On retiendra que, dans une syllabe, une voyelle est généralement longue lorsqu'elle est
et toujours longue lorsque
Dans les mots d'une seule syllabe, la voyelle est le plus souvent longue. Il existe des exceptions.
Ci-dessous sont données la prononciation des voyelles et des diphtongues. Lorsqu'une version courte et une version longue coexistent, la courte est listée en premier.
[a]
[a:]
[aɪ]
[aʊ]
aɪ
[ɛ]
[ɛː] ou [æː]
[ɔɪ]
[ɛ], [ə] (quand il est atone, comme dans les terminaisons -en, -em, -el, sauf si on vocalise la
consonne)
[e:]
[aɪ]
[ɐ] (terminaison atone en fin de mot ou devant consonne ; on obtient une diphtongue par coalescence quand le phonème précédent est une voyelle : Werk [vɛɐk])
[ɔɪ]
[aɪ]
[ɪ]
[i:]
[i:]
[ɔ]
[o:]
[œ]
[øː]
[ʊ]
[u:]
[ʏ]
[yː]
[ʏ] ou [y]
[y:]
Les mots d'emprunt sont généralement prononcés d'après leur prononciation dans leur langue d'origine. Les particularités phonétiques les plus courantes concernent les lettres ou groupes de lettres suivants :
[ɛə] dans des mots anglais (Jobsharing)
[ɛ] ou [e] dans des mots français (Portemonnaie)
[ã] dans des mots d'origine française (balancieren)
[ã:] dans des mots d'origine française (Balance)
[ʃ] dans des mots d'origine française (Chauvi)
[tʃ] dans des mots d'origine espagnole (macho)
[dʒ] dans la transcription de mots arabes, russes, etc. (Falludscha)
[ø:] ou [œ:] dans des mots d'origine française (Friseur)
[ɛ̋] dans des mots d'origine française (Interieur)
[ɛ̋:] dans des mots d'origine française (Satin)
[ɔI] dans des mots d'origine anglaise (Joint)
[wa] dans des mots d'origine française (Loire)
[õ] dans des mots d'origine française (Fondue)
[õ:] dans des mots d'origine française (Fonds)
[au] dans des mots d'origine anglaise (Black-out)
[u] dans des mots d'origine française
[ou] dans des mots d'origine anglaise (Show)
[θ] dans des mots d'origine anglaise (Thriller)
[v] dans des mots d'origine étrangère (Rive, Joint-venture)
[aɪ] dans des mots d'origine anglaise (Style)
Note : la prononciation populaire tend à supprimer les nasales françaises.
On notera les ambiguïtés suivantes :
L'orthographe traditionnelle recèle ainsi quelques chausses-trapes, y compris parmi les mots de même famille dont le radical connaît plusieurs graphies :
La réforme de l'orthographe a supprimé une partie de ces particularités.
Un coup de glotte débute les mots allemands commençant par une voyelle y compris à l'intérieur d'un mot composé ; il en résulte que les mots sont détachés les uns des autres. (En français au contraire les mots ont tendance à être liés). Par exemple, se prononcent différement :


