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Prostitution


La prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) est une activité consistant à accepter ou obtenir, en échange d'une rémunération (ou d'une promesse de rémunération), des relations sexuelles. Bien que cette activité soit pratiquée par les membres des deux sexes elle est le plus souvent le fait des femmes. Nous utiliserons donc le terme de prostituée, mais cela concerne aussi les hommes (prostitution hétéro- ou homosexuelle le plus souvent) par des gigolos. La prostitution est aussi appelée « le plus vieux métier du monde ».

Sommaire

Histoire

Dans la Grèce antique, les hétaïres, littéralement, compagnes, sont des prostituées de luxe qui prodiguaient une distraction intellectuelle, culturelle mais aussi sexuelle à l'aristocratie. Aspasie (Ve siècle avant J.-C.), amante scandaleuse de Périclès, en est une figure.

Grâce aux ruines d'un lupanar de Pompéi, la prostitution à l'époque romaine ne fait plus aucun doute. La profession était moins discréditée que dans l'Occident actuel bien que n'étant pas aussi respectée que les courtisanes hetairai grecques. Il est difficile d'avoir une image unique de la prostitution à l'époque romaine. Le proxénétisme, lenocinium fut souvent l'objet d'interdiction et de punition. Néanmoins la présence de prostituées, lenones atteste du contraire. L'empereur fit même taxer la profession pour augmenter les recettes de l'État. Bien que tolérée, cette pratique n'était pas exempte de risques. Un papyrus du IVe siècle relate un procès entre une vieille femme ayant livré sa fille à la prostitution et l'assassin de cette dernière à qui elle demandait réparation. Certaines époques où l'adultère était puni de mort ont vu des dames de la haute société s'inscrire sur le registre des prostituées pour éviter la condamnation.

La prostitution pendant la période médiévale fait l'objet d'un traitement inégal, la ville de Marseille, à elle seule présente plus d'un revirement de réglementation qui va de la prohibition la plus sévère à une certaine complaisance en passant par une taxation par les autorités. Saint Thomas d'Aquin pensait que si on supprimait la prostitution, le désir incontrôlable des hommes pouvaient menacer le reste de la société et les honnêtes femmes et leur couple en particulier. Tullia d'Aragon et Rosa Vanozza furent des hautes figures de ce temps, la dernière prenant sa retraite à trente ans avec le pape Alexandre VI et lui donnant 4 enfants. Un ordre de Sainte-Marie-Magdeleine fut instauré pour la réinsertion des prostituées. Mais cette époque fut aussi riche en persécutions : Jeanne d'Arc frappant les ribaudes qui suivaient son armée est un exemple. Les prostituées furent souvent les compagnes des soldats.

La France moderne et contemporaine a souvent utilisé la réglementation plus que la prohibition. Ainsi en janvier 1796, sous l'impulsion du Directoire, Napoléon fit établir le registre de la prostitution parisienne. En 1802, on établit la visite médicale obligatoire des prostituées pour endiguer l'épidémie de syphilis de l'époque. Le filles de rue sont alors dites « en carte » et celle des maisons closes sont dites « à numéro ». Les insoumises sont punies. Cette position a duré jusqu'en 1946, date à laquelle Marthe Richard fit fermer les 1500 bordels français, qui avaient notamment collaboré avec l'occupant pendant la guerre.

Les prostituées sacrées

La prostitution a des origines anciennes et inconnues. Hérodote parle dans son premier livre des prostituées sacrées, quelquefois nommées harots des temples d'Ishtar et d'autres divinités des civilisations de Mésopotamie. Le Code d'Hammourabi, notamment la loi 181, fait référence à une hiérarchie de prostituées sacrées sans faire ouvertement référence à une rémunération par les fidèles. La présence de bordels près de ces temples fait encore l'objet de controverses.

Bien que le témoignage de Hérodote soit quelquefois mis en doute, la présence de prostituées sacrées dans la Genèse XXXVIII avec l'histoire de Tamar et le Deutéronome XXIII:18 laisse deviner la présence de telles pratiques. La « grande prostituée » de la Bible réfère sans doute aux prêtresses des cultes rivaux.

Dans le culte de Cybèle, la déesse-mère de l'orient, il existait une prostitution sacrée particulière. Le parèdre de Cybèle, Attys, s'étant émasculé pour plaire à la déesse, les prêtres de Cybèle en faisaientt autant. Ces eunuques portaient le nom de Galles, et étaient connus dans toute l'antiquité pour se livrer à une prostitution sacrée dans le temple et ses abords.

Le monde indien possède lui aussi sa prostituée sacrée, la devadasi.

Les politiques actuelles vis à vis de la prostitution

La prostitution intéresse les autorités sur le plan fiscal, moral et sanitaire. Les politiques des pouvoirs temporels et religieux sont connues et expérimentées depuis longtemps. Les deux principales tendances sont l'abolitionnisme et la réglementation.

La réglementation s'est souvent faite par le biais de lois et de registres de prostituées. C'est la position actuelle des Pays-Bas et de l'Allemagne où toutes les entreprises de 15 employés et plus, y compris les bordels, doivent maintenant obligatoirement «avoir à l'emploi» des apprenties sous peine de pénalités financières.

L'abolitionnisme prévaut dans des pays comme la Suède et la plupart des États américains. Ces politiques sont notamment contournées par les moyens modernes de communication et les possibilités de tourisme sexuel. Il est de plus difficile de prouver qu'une relation sexuelle à eu lieu suite à un échange d'argent liquide.

Les pratiques

Les moyens de rencontre utilisés pour des relations sans rémunération comme les agences matrimoniales et les forums de rencontres peuvent aussi être détournés : la véritable nature de la relation est dévoilée au dernier moment.

Enjeux contemporains

La prostitution est souvent perçue comme un problème car elle est souvent aux mains de la criminalité organisée. Même les julots casse-croûte (souteneurs individuels) sont obligés de faire de la délinquance pour montrer leur virulence. Les prostituées peuvent alors être victimes d'une forme d'esclavage. De nombreuses prostituées sont aussi consommatrices de drogues. Les prostituées sont également concernées par les maladies sexuellement transmissibles et les convoitises que provoquent leurs revenus.
Pour les riverains, la prostitution de rue est souvent très mal vécue car elle diminue le prestige du quartier et donc la valeur des propriétés.

En terme de flux de populations, la prostitution entraîne, de véritables hémorragies de jeunes femmes des pays dont elles sont issues vers leur pays de travail, souvent distants de plusieurs centaines de kilomètres. Les réseaux criminels utilisent en outre des techniques de contrainte comme la confiscation de papiers d'identité, le chantage familial, la surveillance par des souteneurs, et l'interdiction de quitter le giron mafieux. Il arrive que les prostituées soient l'objet de trafic et soient vendues. Elles peuvent également être droguées de force : une fois dépendantes de la drogue, elles sont plus faciles à surveiller.

Les pays communistes « purs et durs » affirment souvent ne pas connaître ce type d'activité.

Voir aussi: Dominant professionnel

Liens externes




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