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Province autonome de Bolzano


La Province autonome de Bolzano, ou Tyrol du sud (all. Autonome Provinz Bozen-Südtirol, ladino : Provinzia autonóma de Balsan-Südtirol), située dans le nord de l'Italie, correspond à la région historique et géographique du Haut-Adige (en allemand Südtirol), qui fait partie de la région administrative du Trentin-Haut-Adige. Ensemble avec le Trentin, le Tyrol du Nord et le Tyrol de l'Est, le Haut-Adige constitue le Tyrol.

Il a environ 470 000 habitants, répartis en 116 comunnes dont les principales sont Bolzano (chef-lieu), Merano, Bressanone, Brunico, Laives et Vipiteno.

Le Tyrol du Sud est la seule région italienne officiellement trilingue ; en fait les deux tiers (69,4 %), des habitants sont de langue maternelle allemande et environ 5 % de langue maternelle ladine des Dolomites. Les italophones (26,3 %) sont concentrés surtout dans le chef-lieu, Bolzano (all. Bozen) et dans les localités de Merano (all. Meran), Bressanone (all. Brixen), Laives (all. Leifers) e Bronzolo (all. Branzoll). les ladinophones (4,3 %) surtout dans le Val Gardena (lad. Gherdëina) et dans le Val Badia.

Le Tyrol du Sud a été annexé par l'Italie à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918. Après une violente tentative d'italianisation de la population allemande durant le fascisme, la République Italienne a reconnu au Tyrol du Sud une vaste autonomie à partir de 1972 (deuxième statut d'autonomie).

Sommaire

Géographie

Le territoire est irrigué par plusieurs cours d'eau : Adige (en allemand Etsch), Isarco (en allemand Eisack), Rienza (en allemand Rienz), Passirio (all. Passeier), Talvera (all. Talfer), etc. Il existe aussi quelques lacs, en partie navigable pour des embarcations de petite taille : lacs de Resia (all. Reschensee), lac de Caldaro (all. Kalterer See), lacs de Monticol (all. Montiggler Seen), lac de Braies (all. Pragser Wildsee), lac de Varna (all. Vahrner See).

Il est limitrophe au nord et à l'est de l'Autriche (Tyrol et Salzbourg), à l'ouest de la Suisse, au sud-est de la Vénétie (province de Belluno), au sud de la province autonome de Trente (Trentin) et au sud-ouest (par le col du Stelvio) de la Lombardie (province de Sondrio).

Montagnes: Dolomites

Habitants

68,4 % de langue allemande
26,3 % de langue italienne
 4,3 % de langue ladine

Communautés de communes
  • Val Venosta
  • Burgraviato
  • Oltradige-Bassa Atesina
  • Bolzano
  • Salto-Sciliar
  • Valle Isarco
  • Alta Valle Isarco
  • Val Pusteria
Provinces et États limitrophes


Histoire

La colonisation bavaroise et en partie lombarde semble remonter à l'an 1200. Le Tyrol du Sud fut le berceau de poètes qui jouèrent un rôle de premier plan dans le développement de la lanue allemande comme Oswald von Wolkenstein et Walter von der Vogelweide.

À partir du IVe siècle, le Tyrol fit partie du Saint Empire Romain et de l'empire autrichien des Habsbourgs, partageant le sort et l'histoire de l'Autriche de manière presque ininterrompue jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

Le Tyrol tomba quelque temps aux mains des troupes françaises de Napoléon et de ses alliés bavarois. Le héros tragique de la lutte armée contre les envahisseurs, Andreas Hofer, fusillé à Mantoue, est resté le personnage le plus populaire de tout le Tyrol, comme peut l'être Giuseppe Garibaldi pour les Italiens. Son irrédentisme fut souvent mis en avant à des époques plus récentes. L'hymne d'Andreas Hofer est devenu l'hymne officiel du Tyrol.

Depuis 1919, il fait partie de l'Italie - bon gré mal gré, étant donné le sentiment populaire qui semblerait en majorité préférer une identité nationale allemande plus qu'autrichienne - à la suite du traité de paix de la Première Guerre mondiale. Vers 1910, les habitants de langue italienne de l'ensemble du Tyrol, y compris le Trentin, représentait, selon les recensements autrichiens, environ 10 % du total de la population.

À partir de 1922, le Sud-Tyrol fut soumis à une tentative (avortée) d'italianisation forcée de la part du régime fasciste, qui favorisa l'immigration depuis les autres régions italiennes et tenta obstinément (mais à de rares exceptions près sans faire usage de la violence) d'imposer l'usage généralisé de la langue italienne, surtout en imposant un enseignement monolingue dans les écoles, ce qui, non seulement provoqua protestations et rancœur de la part des Tyroliens du Sud, mais aussi l'enseignement clandestin dans les écoles des catacombes. Dans le même temps toutefois, le rapprochement entre Hitler et Mussolini, et l'annexion de l'Autriche par le Troisième Reich allégea la pression de la propagande, tandis que des cellules nazies, tolérées par Rome, proliféraient dans le Haut-Adige,

En 1939, un accord entre le régime nazi et le régime fasciste, intéressés pour divers motifs à éloigner le plus grand nombre possible d'Allemands de la région, conduisit aux fameuses Options, qui virent une bonne partie des Sud-Tyroliens, confrontés au pressions fascistes, choisirent d'émigrer vers le troisième Reich, en premier lieu vers les terres conquises à l'Est (Pologne), déchirant des familles entières entre les « Dableiber » (ceux qui décidèrent de ne pas trahir leur terre) et « Optanten » (ceux qui décidèrent de ne pas trahir leur identité culturelle).

Après le 8 septembre 1943, le Haut-Adige fut gouverné directement par les autorités nazies (ce sont les fameux 600 jours) qui permirent à la population de langue allemande de se remettre des outrages subis de la part de l'Italie fasciste. De nombreux Tyroliens du Sud s'engagèrent dans les SS et la Gestapo, collaborèrent aux persécutions contre les juifs (la communauté de Merano fut décimée) et à la chasse aux soldats italiens débandés après après le 8 septembre. Parmi les plus inflexibles gardiens du camp de concentration de Bolzano - étape vers Mauthausen, Auschwitz, etc. - se distinguèrent plusieurs Tyroliens du Sud, y compris des femmes. En outre des individus (Franz Thaler, Josef Mayr Nusser) ou de petits groupes, surtout dans la minorité qui n'avait pas opté pour le Troisième Reich nazi (les Dableiber), s'opposèrent courageusement au Nazifascisme en tentant même carrément la lutte armée.

Lors du second après guerre, le Tyrol du Sud fut à nouveau rendu à l'Italie. Les Alliés imposèrent à l'Italie un traité de protection du Haut-Adige (Accord De Gasperi-Gruber, 5 septembre 1946), en considération des politiques nationalistes anti-allemandes suivies par le gouvernement fasciste. Ce traité italo-autrichien fut la base de la résolution 1497 des Nations unies qui pressa urgemment les deux pays à « reprendre les négociations avec l'objectif de trouver une solution à toutes les divergences relatives à la mise en œuvre de l'accord de Paris du 5 septembre 1946 », dans la mesure où, de fait, le gouvernement italien n'applquait pas complètement ces accords.

Dans les années soixante, s'organisa un mouvement militant visant à la réunification du Tyrol, le BAS (comité pour la libération du Sud-Tyrol). Au début, ses actions étaient dirigées exclusivement contre les biens (monuments fascistes, lignes électriques) et non contre les personnes.

Parmi les représentants les plus en vue de la lutte pour la réunification il y eut Sepp Kerschbaumer et Georg Klotz qui défendirent leur cause en étroite coordination avec les autorités politiques du Haut-Adige (le charismatique Silvio Mangago président de la province, allemand en dépit de son nom) et de l'Autriche (Bruno Kreisky, ministre autrichien des Affaires étrangères de l'époque et chancelier très populaire par la suite).

À la suite de la riposte insensée des carabiniers et de la « justice », disproportionnée par rapport aux faits, la lutte se durcit coûtant la vie à une vingtaine de personnes entre les forces de l'ordre, la population italienne et la résistance autochtone. La lutte continua jusqu'au début des années soixante. Les dernières provocations du début des années quatre-vingt attribuées au mouvement « Ein Tirol » furent perpétrées, en partie au moins, sous l'égide des services secrets italiens cherchant à déstabiliser la situation et à réduire à néant les accords entre les parties italiennee et autrichienne.

Au cours des années, y compris par cette activité terroriste ou lutte de libération selon d'autres, le territoire a obtenu du gouvernement de Rome une autonomie très large et très confortable (les derniers budgets provinciaux s'élevaient à environ 7000-8000 milliards de lires par an), ce dont jouit par ailleurs proportionnellement la population de langue italienne, et qui est en ligne avec la situation du Tyrol sous administration autrichienne.

En 1992, fut approuvé le paquet, ensemble de règles à approuver par le gouvernement qui donnaient à l'Autonomie telle qu'elle fut conclue entre l'Autriche et l'Italie de 1972, son contenu concret.

Avec la libération de la dernière activiste tyrolienne, Karola Unterberger en 2003, on espère que la rude parenthèse historique soit définitivement fermée.

Malgré l'issue globalement positive des événements, beaucoup, non seulement les familiers, se souviennent avec douleur mais aussi avec reconnaissance, du prix élevé en vie humaines, santé, expropriations, exil et prison, qu'un nombre restreint, mais toujours trop élevé de personnes dans les deux populations, dans les forces de l'ordre italienne et autrichienne, ont dû payer comme contribution à l'actuelle cohabitation pacifique et stable sous le statut d'autonomie.

Cette autonomie est basée sur une séparation rigide des populations dans les écoles, sur l'obligation du bilinguisme pour tous les employés publics, sur la répartition des emplois publics proportionnellement à l'importance des groupes linguistiques - règles que beaucoup d'Italiens considèrent comme une forme de discrimination raciale.

Dans les dernières années du XXe siècle et les premières du XXIe siècle, on assiste à la diffusion progressive d'un mal être de la population de langue italienne (qui est passée de 35 % à environ 25 %), avec une évolution ultérieure tout à fait imprévisible.

L'entrée de l'Autriche dans l'Union européenne et son adhésion au traité de Shengen a entrainé un redéploiement des forces armées de la frontière entre les deux Tyrols vers les autres régions d'Italie. Ces troupes étant constituées quasi exclusivement d'Italiens, cela a fortement contribué à ce phénomène.

Parmi les causes objectives du mal être du groupe italien, traditionnellement lié à la droite italienne (MSI d'abord, Alliance Nationale aujourd'hui) s'inscrit aussi la question de sa représentation politique. Depuis l'adoption récente du système électoral majoritaire à double tour, dans les communes de plus de 15 000 habitants, la droite italienne, même dans les communes à forte majorité italienne comme Bolzano, se voit régulièrement dépassée par la gauche qui bénéficie du vote allemand, plus dirigé contre la droite que favorable à la gauche. Les conseils municipaux qui en résultent sont fortement conditionnés par les minorités allemandes locales et peu représentatifs du groupe linguistique localement majoritaire.

Depuis quelque temps, il semble que la population de langue allemande du Sud-Tyrol (au moins pour une partie non négligeable) ait compris la nécessité de solder les comptes du passé et de l'adhésion d'une bonne part de leurs pères et grands-pères au nazisme, comme cela a été fait en Allemagne. On ne peut en dire autant de la population de langue italienne, qui s'oppose de façon entêtée à l'abolition, ou à la démolition de quelques symboles du fascisme, tel un monument à la victoire ornés de faisceaux de licteurs et de visages du Duce ou des toponymes fascistes introduits par le régime et inventés sur un coin de table par un certain Ettore Tolomei.

Organisation territoriale

Les 116 communes de cette provinces se sont regroupées en huit communanutés :

  1. Val Venosta/Vinschgau : Silandro/Schlanders,...
  2. Burgraviato/Burggrafenamt : Merano/Meran,...
  3. Oltradige-Bassa Atesina/Überetsch-Unterland : Egna/Neumarkt, Bronzolo/Branzoll, Laives/Leifers, Ora/Auer, Terlano/Terlan, Appiano/Eppan, Caldaro/Kaltern ...
  4. Bolzano : formé uniquement de la commune homonyme
  5. Salto-Sciliar/Salten-Schlern: Ortisei/Urtijëi, Ritten/Renon, S.Genesio/Jenesien, Sarentino/Sarnthein...
  6. Valle Isarco/Eisacktal : Bressanone/Brixen,...
  7. Alta Valle Isarco/Wipptal : Vipiteno/Sterzing,...
  8. Val Pusteria/Pustertal : Brunico/Bruneck,...

Personnages célèbres

Liens externes



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