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Pyrrhon d'Élis (en grec Πύρρων) (-360/-270) philosophe sceptique originaire d'Élis, ville provinciale du nord-ouest du Péloponnèse. Il est considéré par les sceptiques anciens comme le fondateur de ce que l'on a appelé le pyrrhonisme.
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Nous ne savons à peu près rien de sa vie, et les renseignements dont nous disposons ne s'accordent pas.
Il est le fils de Pleistarque, ou, selon Pausanias (IV, 24, 4), de Pistocrate. Vivant dans la pauvreté, il reçut une formation de peintre, mais il était un artiste médiocre. Il fut l'élève de Bryson, un disciple de Socrate et d'Euclide de Mégare, puis d'Anaxarque qu'il suivit en Inde dans la campagne d'Asie d'Alexandre. Il y étudia avec les sophistes nus, et en Perse, où il fut instruit par les Mages. Il semble avoir connu Calanus (Plutarque, Vie d'Alexandre, 69).
À son retour à Élis, il mena une vie simple et régulière, indifférent et serein, avec sa sœur Philista en vendant des cochons de lait. Il aimait à rester seul pour méditer. D'après Diogène Laërce, son égalité d'âme ne fut prise en défaut que deux fois : il s'enfuit devant un chien, et il se mit en colère contre sa sœur.
On suppose qu'il était devenu agnostique et s'abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu'une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l'existence de toute chose, disait que nos actions étaient dictées par les habitudes et les conventions et n'admettait pas qu'une chose soit, en elle-même, plutôt ceci que cela. Son attitude semblait ainsi résignée et pessimiste ; il répétait souvent le vers d'Homère :
Il est à ce titre considéré comme le créateur du scepticisme (ou plus exactement du pyrrhonnisme), mais il ne semble pas avoir eu l'intention de créer un courant de pensée philosophique.
Pyrrhon n'a rien écrit, mais son disciple Timon de Phlionte, et les sceptiques tardifs comme Énésidème, Nouménios et Nausiphane, nous ont laissé de nombreux rouleaux dans lesquels ils discutaient de la méthode pour parvenir à l'état d'incompréhension (acatalepsie) et au bonheur de ne savoir absolument rien, de ne pas avoir la moindre certitude sur notre existence et sur l'existence d'autre chose ou sur la possibilité de son existence. Les quelques fragments de Timon qui nous sont parvenus nous décrivent Pyrrhon :
Le philosophe Épicure, qui l'admirait de loin, était toujours curieux de connaître ce que Pyrrhon venait de dire ou de faire. Quant aux Éléens, ils étaient tellement fiers de Pyrrhon qu'ils le couvrirent d'honneurs. Il était très estimé de ses concitoyens et fut nommé grand prêtre. Il fut aussi fait citoyen d'honneur d'Athènes.
Sa doctrine eut cependant des opposants : Des détracteurs de Pyrrhon dirent de lui que voyant un arbre sur son chemin, il ne détournerait pas sa route faute de certitude concernant la réelle existence de l'arbre.
L'enseignement de Pyrrhon suscita de nombreuses perplexités qui donnèrent lieu à des développements d'ordre méthodologique, résumés en plusieurs tropes. Pyrrhon ne les connaissait peut-être pas, nos sources ne nous permettant pas de décider sur ce point. Il en existe plusieurs séries ; dix tropes sur la relativité sont attribués à Ænésidème, et cinq autres sur la certitude à Agrippa.
Le scepticisme antique :
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