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Littéralement, le racisme est une discrimination
fondée sur la croyance en l'existence de races humaines.
On l'a longtemps défini comme un ensemble de pratiques, de croyances ou d'institutions qui opèrent une discrimination négative ou positive entre les êtres humains en fonction de leur appartenance supposée à telle ou telle race. Devant l'échec de la démarche visant à informer de l'absence de réalité objective des races humaines, apparaît l'idée que les penseurs antiracistes ont confondu les causes et la conséquences et que le racisme ordinaire n'a pas grand chose à voir avec la croyance ou non en l'existence objective des races humaines. Le « racialisme » n'aurait donc été inventé que pour tenter de rationaliser un ensemble de pratiques qui auraient des motivations beaucoup plus archaïques. On assiste donc progressivement à un glissement de sens du terme « racisme » qui tend dans le langage courant à désigner toute discrimination fondée sur des critères comme le milieu social, la culture, la langue ou la religion.
Cette analyse est contestée par ceux qui voient dans ce glissement sémantique une démarche de diabolisation des idées politiques prônant des distinctions légales fondées sur la nationalité, voir l'origine culturelle, quand bien même ces distinctions ne feraient jamais appel à un concept racial ou génétique. Ces mouvements font remarquer que le mot racisme est devenu extrêmement négativement connoté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il faudrait donc au contraire conserver au mot racisme un sens extrêmement précis et même différencier différents types de racisme. Ils parlent par exemple de racisme anti-blanc, ce qui est généralement rejeté comme un argument ayant pour objectif de permettre de défendre la notion de racisme acceptable, et éventuellement de faire valoir le racisme dont seraient victimes les xénophobes.
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Le racisme a, au cours de l'histoire, justifié de nombreux massacres et traitements discriminatoires :
Antérieurement au racisme européen des deux derniers siècles, d'autres théories utilisent la notion de transmission héréditaire pour justifier des discriminations. Parmi celles-ci :
Notons que dans les trois derniers cas il s'agit de classes sociales ; passer de l'une à l'autre est difficile.
Le racisme est généralement assimilé à une idéologie se fondant sur l'hypothèse racialiste pour justifier une classification des être humains, justifiant ou même nécessitant la mise en place de différences légales comme la ségrégation sociale et culturelle, ou la discrimination politique par exemple.
Soulignons qu'indépendamment de toute comparaison de la valeur de ces races, le racisme a également désigné le droit pour un groupe de pratiquer un eugénisme visant à se « protéger » contre les conséquences supposées néfastes pour les générations futures d'un métissage.
Une question récurrente agitant les esprits est de définir s'il « existe » ou non des races humaines sur Terre. Cette question n'a pas de sens : nous posons des définitions, en fonction de besoins donnés, et supposer une existence immanente de catégories préexistantes à la raison humaine serait retomber dans la querelle médiévale des réalistes et des nominalistes, ou des essentialistes et des existentialistes du siècle dernier.
Aujourd'hui le terme de race reste toujours d'usage courant dans certains milieux et le racisme se manifeste toujours sur les cinq continents.
Le racisme à l'échelle individuelle est le refus d'une personne plutôt que d'une autre dans le cadre de relations publiques (embauche, admission dans un établissement commercial, refus de vente, etc.), en raison de son appartenance ou de sa non-appartenance à un groupe supposée impliquer une infériorité ou une dangeurosité.
Dans le cadre des relations privées la situation est plus ambiguë. Le fait par exemple d'exprimer (hors propos injurieux) des préférences pour (ou contre) telle ou telle ethnie ou de rejeter un éventuel partenaire conjugal en raison de son origine n'est pas interdit par les pays réprimant le racisme, généralement selon le principe selon lequel chacun est libre de ses choix de vie « tant que leurs manifestations ne troublent pas l'ordre public ». Un telle attitude est pourtant souvent qualifiée de raciste dans l'usage courant. Le racisme individuel consiste également à stigmatiser un individu et à établir une barrière relationnelle entre ce dernier et ses collègues de travail par exemple, en arguant du fait qu'il n'appartient pas à la « catégorie » dominante. (Claude Eymard)
À l'échelle de la cité cela peut s'exprimer de différentes façon. Cela peut être explicite comme les différences légales de traitement des citoyens en fonction de leur race ou caste (cas de l'Apartheid). Ou alors informel, ce qui peut être lié à la pression sociale ; qui embaucherait un vendeur que les clients rejetteraient ?
De nombreuses institutions publiques estiment que l'appartenance raciale ou ethnique influent sur le comportement des individus et qu'il convient donc d'en tenir compte statistiquement. Ainsi en 2000, le recensement aux États-Unis classait les personnes selon leur race : blanche (caucasian (white)), hispanique (hispanic), noire ou afro-américaine (black, african american), amérindienne ou natifs d'Alaska (american indian, Alaska natives), asiatique... (voir l'article en:Race (U.S. Census)).
La loi française fait référence à la notion de « race » ; par exemple dans l'article 211-1 du Code pénal, le génocide est une atteinte « tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».
En raison de la connotation très négative du mot, peu de parti politiques se revendiquent ouvertement comme racistes. De nombreux partis d'extrême droite ont cependant été accusés de véhiculer des discours de ce type. L'apologie du racisme étant parfois condamnée, ils peuvent promouvoir des doctrines dérivées comme l'ethno-différencialisme ou le racialisme.
Voir article détaillé : Mouvements racistes
La lutte contre le racisme peut être entendue à différents niveaux.
La première stratégie consiste à réfuter l'existence même de races et à minimiser les différences entre les êtres humains. L'idée est que le mécanisme de l'exclusion se fonde sur la perception des différences entre les hommes. C'est cet objectif qui a par exemple en grande partie motivée la publication de la « déclaration sur la race » en 1950 par l'UNESCO et qui encourage nombre de biologiste à rappeler régulièrement l'absence de validité scientifique de la notion de races humaines.
Cinquante ans plus tard, force est de constater que cette stratégie d'éducation à démontré son manque de pertinence. L'homme de la rue perçoit intuitivement que « ces gens là ne sont pas comme nous ». Il s'agit d'une pensée autonome qui n'a aucun besoin de justification scientifique. En réalité les tenants de la ségrégation n'ont aucune peine à faire passer au second plan les différences biologiques pour s'en tenir aux différences culturelles causant selon eux des problèmes. Il peuvent très simplement remplacer le mot « race » par celui de « nation », de « peuple », d'« ethnie » ou de « civilisation » sans changer en aucune façon la nature de leurs discours.
En fait la principale faiblesse de cette stratégie repose sur le présupposé selon lequel l'égalité en droits aurait à être démontrée. Pourtant, selon les morales occidentales modernes, cette égalité n'a rien d'une vérité scientifique, c'est au contraire une valeur morale qui n'a pas à être justifiée (voir la Déclaration des droits de l'Homme).
Il s'agit de dénoncer la possibilité, l'utilité, voire la nécessité de mettre en place des distinctions légales ou privées sur la base de l'appartenance à un quelconque groupe. On peut distinguer ici encore deux grand types d'attitudes, que le l'on schématise ici :
Les pratiques racistes constituent une violation des droits de l'Homme et sont réprimées par de nombreux pays.
Pour la plupart des pays occidentaux, la discrimination et le racisme sont beaucoup plus que des délits, punis pénalement, ils représentent également une atteinte aux valeurs qui fondent la démocratie. Celle-ci reconnaît l'égale dignité de chaque citoyen à participer à la chose publique, à poursuivre son bonheur et son épanouissement indépendamment de sa naissance.
En France, par exemple, le législateur n'a cessé au fil du temps, et particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, de compléter le dispositif législatif afin de réprimer plus efficacement toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie. Il a pour cela créé un certain nombre d'incriminations d'une part dans le code pénal, d'autre part dans la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et dans la loi relative à la communication audiovisuelle. Comme l'ont montrée les accords de Nouméa, en matière de lutte contre le racisme, le législateur est toujours fortement dépendant de l'histoire coloniale du pays.


