Raisonnement par récurrence
Le raisonnement par récurrence est un raisonnement utilisant le cinquième axiome de Peano appelé aussi principe de récurrence :
- Si un ensemble d'entiers naturels contient 0 et contient le
successeur de chacun ses éléments alors cet ensemble est égal à N
Certains ouvrages rattachent le raisonnement par récurrence à la propriété « tout ensemble non vide d'entiers naturels
possède un plus petit élément ».
Mais ces deux propriétés sont équivalentes.
Récurrence simple
Pour démontrer qu'une propriété P(n), dépendant de n, est vraie pour tout entier naturel
, il suffit de démontrer que
- est vraie
- (pour tout
) (
La première propriété s'appelle l'initialisation, et la seconde l'hérédité.
Démonstrations
Pour démontrer la propriété de récurrence à l'aide du cinquième axiome de Peano, il suffit de travailler sur l'ensemble E
réunion de A : ensemble des entiers naturels inférieurs ou égaux à n0 et B : ensemble des entiers naturels
tels que P(n) soit vraie.
- Cet ensemble contient 0. Soit n un entier de E, ou bien n est strictement inférieur à n0 alors son successeur
appartient à A donc à E, ou bien
alors n
appartient à B. La propriété d'hérédité dit que le successeur de n vérifie P, donc appartient à B, donc appartient à E.
- E vérifie les deux conditions du cinquième axiome de Peano donc E = N.
- Soit maintenant un entier naturel quelconque tel que
, n appartient à E donc à B donc P(n) est vraie.
Pour démontrer la propriété de récurrence à l'aide des ensembles non vides possédant un plus petit élément, il suffit de
raisonner sur l'ensemble B' des entiers naturels supérieurs ou égaux à n0 ne vérifiant pas P.
- Si on suppose B' non vide, il possède un plus petit élément N strictement supérieur à n0, puisque n0
vérifie P (initialisation). Ce N possède un prédécesseur N - 1 supérieur ou égal à n0, N - 1 n'est pas élément de B'
donc il vérifie P, mais alors son successeur N doit vérifier P (hérédité).
- Il y a contradiction donc on ne peut pas supposer B' non vide. B' est donc vide et pour tout
, P(n) est vraie.
Exemple
Pour démontrer par récurrence que
- pour tout
, est un multiple de 7
Il suffit
- de vérifier que si n = 3, est bien un multiple de 7 (728 est bien
un multiple de 7)
- de démontrer que (pour tout
) (si
est un multiple de 7 alors est un multiple de 7 .
-


- est donc somme de deux multiples de 7,
c'est bien un multiple de 7
Précautions à prendre
- Souvent négligée parce que trop facile, l'initialisation ne doit pas être oubliée. En reprenant l'exemple précédent, on peut
démontrer que la propriété « est un multiple
de 7 » est héréditaire, mais elle est pourtant fausse et n'est jamais initialisable.
- L'hérédité doit être démontrée pour tout
.
- Si on prend, par exemple, la suite
, on peut observer que cette suite est croissante à partir de n = 2 car
.
- Si on cherche à démontrer que
pour tout
,
- l'initialisation est facile à prouver car .
- l'hérédité aussi car, la suite étant croissante, si
alors
.
- Or pourtant cette inégalité est vraie seulement pour n = 1. L'hérédité n'a en réalité été prouvée que pour n supérieur ou
égal à 2 et non pour n supérieur ou égal à 1.
Récurrence forte
Il est parfois nécessaire, dans des raisonnements par récurrence, d'utiliser une version plus forte pour l'hérédité :
Pour démontrer qu'une propriété P(n), dépendant de n, est vraie pour tout entier naturel
, il suffit de démontrer que
- est vraie
- (pour tout
) [((pour tout
)
]
Bref, pour démontrer la propriété au rang suivant il faut la supposer vraie pour tous les rangs
inférieurs.
La démonstration de cette propriété est analogue à celle décrite plus haut
Exemple d'utilisation :
Pour démontrer que tout entier naturel supérieur ou égal à 2 possède un diviseur premier.
- On démontre que 2 possède un diviseur premier qui est lui même
- Soit n un entier supérieur ou égal à 2, on suppose que tous les entiers d compris entre 2 et n
possèdent un diviseur premier et on cherche à prouver qu'il en est de même de n + 1.
- ou bien n + 1 est premier alors il possède un diviseur premier qui est lui-même
- ou bien n + 1 est composé et il existe deux entiers d et d' compris entre 2 et n tels que
n = dd'. Alors d et d' possèdent des diviseurs premiers qui sont aussi diviseurs de n.
Articles annexes

