Râm Mohan Roy
Râm Mohan Roy (22 mai 1772 -
27 septembre 1833) est le fondateur
du Brahmo Samaj, un des premiers
mouvements de réforme de l'hindouisme dont l'influence fut évidente dans les
domaines de la politique, de l'administration publique et de l'éducation aussi bien que de la religion.
Dans l'histoire de la réforme sociale en Inde, Râm Mohan Roy est crédité pour la
condamnation de la satî, l'immolation des veuves et la mise en évidence que la
polygamie, bien qu'extrêmement répandue à son époque, était en fait contraire à l'hindouisme, en n'envisageant une deuxième
épouse, sous l'autorité des législateurs hindous, que dans des circonstances très particulières (par exemple si une femme est
stérile ou est atteinte d'une maladie incurable).
Pour les réformes sociales, légales et religieuses qu'il préconise, Roy est toujours guidé par des considérations
humanitaires. Il s'efforce de prouver qu'il n'œuvre pas à détruire les meilleures traditions indiennes, mais qu'au contraire, il
veut les purifier des impuretés qu'elles ont accumulées au cours du temps. Il se place ainsi toujours sous l'autorité des
Veda, des Upanishads et des Brâhmasûtra et condamne l'idolâtrie de façon très virulente. Il affirme que, selon les écritures hindouistes,
le meilleur moyen d'atteindre la félicité est la contemplation spirituelle et le culte de l'Être Suprême, les rites sacrificiels
restant réservés aux dévots de moindre évolution spirituelle.
En 1831, Râm Mohan Roy se rend au Royaume-Uni comme ambassadeur de l'empereur moghol
Muhammad Akbar Shâh. À cette occasion, il visite aussi
la France. Il meurt à Stapleton près de Bristol en 1833 où il est enterré dans
le cimetière d'Arno's Vale. En 1997, une statue est érigée en son souvenir dans le centre
de Bristol.
Peu après la mort de Râm Mohan Roy, le Brahmo Samaj se partage en deux groupes en raison de différents idéologiques parmi ses
chefs. Debendranath
Tagore devient le chef du Adi Brahmo Samaj et Keshab Chandar Sen celui du Brahmo Samaj of India. Cependant, aucun des deux groupes ne parvient à obtenir une large
audience et leur influence devient confidentielle. Malgré cela, le Brahmo Samaj annonce le début d'une renaissance de
l'hindouisme, préparant le terrain pour d'autres mouvements.

