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Rap

Le rap est un genre musical est apparu au début des années 1980 aux États-Unis. Aux premières heures les MC's servaient juste à supporter les DJ's et les parties rappées étaient simplement appelées MC-ing. L'apparition du rap en France date du début des années 1990, avec des groupes qui ont instauré ce style nouveau, tels que NTM, IAM, Ministère Amer ou MC Solaar (voir Rap français).

Sommaire

La genèse

Les premiers enregistrements rap datent du début des années 1970 avec quelques groupes confidentiels dont les Last Poets ainsi que Gil Scott Heron. Il s'agit à cette époque de déclamation de discours sur des rythmes battus par des tambours africains avec la négritude comme thème de prédilection.

En 1979, le premier tube rap sort en 45 tours, c'est Rapper's Delight du Sugarhill Gang. Les rappeurs y sont accompagnés par un orchestre funk et il ne s'agit que d'une vulgaire caricature de la révolution qui se prépare dans les rues New-Yorkaises. On peut noter aussi la parution de Magnificient Seven en 1980 du groupe punk anglais The Clash.

En 1982, The Message de Grandmaster Flash fut la révolution annoncée. Ce fut le premier tube hip hop, une culture de rue qui était alors composée principalement de danse et de DJ-ing. Il est d'ailleurs curieux que, malgré le fait que ce soit le rappeur Melle Mel qu'on entend sur l'enregistrement, le titre est crédité du nom de Grand Master Flash (le DJ - concepteur sonore). Le rappeur n'avait pas le rôle de premier plan qu'il a aujourd'hui.

Les années 1980 furent celles de l'explosion du rap avec des groupes politiques comme Public Enemy ou entertainment comme Run-DMC. Dans la lignée du Do It Yourself des punks New-Yorkais (le hip hop fut d'abord surnommé le « punk noir »), les rappeurs rappaient sur des rythmes synthétiques et brutaux, issus de boîte à rythmes bon marché).

Il s'agit d'une véritable musique populaire de rue qui développait ses propres thèmes : d'une part sous l'influence de la Zulu Nation d'Afrika Bambaataa qui voyait dans le hip hop le moyen d'éloigner les jeunes des drogues et des gangs et d'émuler leur créativité, d'autre part en tant que témoignage d'une vie difficile.

L'âge d'or

La fin des années 1980 est désignée comme l'âge d'or du rap. À New York, la guerre des crews se termine. Les crews réunissaient des rappeurs (souvent des dizaines) du même quartier, réunis autour d'un producteur charismatique. Le plus célébre était le Juice Crew de Queensbridge, emmené par le célèbre Marley Marl à qui on attribue l'invention du sampling (échantillons extraits d'autres morceaux puis inclus dans les boucles). Le Juice Crew a fait de nombreux beefs (luttes) avec les lyricists (paroliers) des autres quartiers. On se souvient surtout de KRS-One, du South Bronx, qui a osé défier le Juice Crew par chansons interposées dont le célèbre The bridge is over qu'il est venu chanter devant eux dans une salle de Queensbridge.

L'âge d'or, c'est donc l'émergence à New York des duos DJ-MC comme Gangstarr (DJ Premier et Guru), EricB & Rakim ou Pete Rock & CL Smooth qui continuent l'œuvre de Marley Marl ; et en Californie d'une nouvelle scène Gangsta avec surtout les Niggas With Attitude (NWA).

NWA se présentait comme un groupe revendicatif et violent, sur certains points politisés à la manière des groupes New-Yorkais comme Public Enemy. Le culte du Gangsta (gangster) naquit avec le tube Straight Outta Compton.

Le rap à New York

En 1993, le rap tout entier était braqué vers la Californie et ses histoires de gunfights (fusillades ) lorsque New York entre sur la scène avec l'excellent album Enter the Wu-Tang du Wu-Tang Clan. Ce groupe, qui fait parti d'un crew d'environ 50 rappeurs emmené par le producteur RZA, est devenu célèbre en utilisant une imagerie issue des films de kung fu.

L'année suivante, le jeune Nas de Queensbridge enregistre Illmatic, un autre album mythique qui fédère les meilleurs producteurs New-Yorkais d'alors : DJ Premier de la Gangstarr Fondation, Q-Tip des Native Tongues (crew pacifique réunissant des disciples d'Afrika Bambaataa), Large Professor et Pete Rock.

Pour certains, le Wu-Tang et Nas ne seront jamais à la hauteur des espoirs soulevés avec ces albums. Cependant, leur succès commercial est indéniable.

Le rap et les affaires

Le hip hop déçoit et se meurt, mais le rap continue de vendre. À l'est comme à l'ouest, on découvre qu'on peut devenir très riche en faisant danser. C'est ainsi que Jay-Z a fait une carrière fulgurante. C'est de nouveau l'ouest qui attire l'attention avec le retour d'un ancien de NWA, Dr Dre. Après avoir sorti en 1992 l'album The Chronic, très bien accueilli, il propulsa les carrières de Snoop Dogg, Xzibit ou Eminem.

Note : attention à ne pas systématiquement identifier l'ouest et le gangsta rap, il y a aussi un mouvement underground avec par exemple le Likwit Crew, mais il est plus discret.

La survie du rap conscient

Face aux majors, ce sont des petites structures, labels indépendants ou crews, qui font aussi vivre le rap aujourd'hui.

Le label le plus symbolique de cette résistance fut Rawkus qui réunit de 1995 à 2000 des artistes mythiques comme Company Flow ou Reflection Eternal. Après avoir déposé le bilan, Rawkus a été renfloué et existe toujours, mais n'est plus que l'ombre de lui-même. Mais ce label rayonne encore aujourd'hui car on lui doit la découverte des Soulquarians (même si un seul Soulquarian a effectivement signé chez Rawkus : Mos Def), un crew de chanteurs et de rappeurs dont il faut surtout retenir ?uestlove et ses Roots ainsi que le couple Common - Erikah Badu.

De Rawkus est aussi issu le label Defenitive Jux, créé par les membres démissionaires de Company Flow. Ce label est centré sur le producteur El-P et ses compositions d'avant-garde, sinistres et synthétiques (voir Abstract hip-hop).

Aujourd'hui, ces petites structures font aussi vivre le rap et offrent une alternative au rap labellisé "mtv", trop commercial pour certains - par exemple les labels Galapagos 4 de Chicago et Big Dada de Londres.


Liens internes

Liens externes

Rap Nigerien: *[1]

Labels et crews



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