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Voir article spécialisé la crise moderniste
Le concile Vatican II a inauguré l'abandon de l'antisémitisme chrétien par la déclaration Nostra Ætate, finalisé par le retrait de l'expression juif perfide des prières du Vendredi saint.
À propos de ce qu'ils considèrent comme des dérives commises au cours de son histoire et aujourd'hui encore, quelques-uns, autour de Hans Küng considèrent la repentance du 12 mars comme un joli geste médiatique qui n'a pas été suivi d'actes majeurs tendant à la concrétiser à l'exception de l'abandon de la théologie du Vetus Israël/Verus Israël déjà initiée par le théologien Marcel Simon et portée à la connaissance du grand public par la déclaration conciliaire Nostra Ætate (28 ict. 1965)
Si les catholiques écrivent volontiers pour se féliciter de cette reconnaissance de dette, les points de vue juifs sont rares sur cette question quoique dans chaque rencontre officielle ou diplomatique entre le Vatican et une quelconque autorité juive, celle-ci ne manque jamais de s'en féliciter.
(L'article-interview de Hans Küng est disponible dans Le Monde des Religions, septembre 2003.)
En outre, le Vatican a reconnu l'État d'Israël.
L'ECAR considère les religions selon la méthode des épicycles chère à Copernic. La question est parfaitement exposée par Ignace Berten (o.p.) dans ce passage d'une conférence donnée au CIL (Conseil Interdiocésain des Laïcs de Wallonie-Bruxelles) dont on trouvera l'intégralité sous la note [3]
« Comment Vatican II développe-t-il la cohérence théologique de cette ré-interprétation positive des confessions, religions et convictions autres ? À partir d'un modèle de type concentrique. Au centre, se trouve l'Église catholique romaine: celle-ci est l'unique dépositaire de la totalité de la vérité révélée (et donc finalement de la vérité humaine) et de la totalité des moyens de salut. Autour d'elle, il y a des cercles de plus en plus larges, et de plus en plus éloignés de ce foyer de vérité : d'abord l'Église orthodoxe et les Églises de la communion anglicane, avec lesquelles il y a presque unité dogmatique; un peu plus à l'extérieur, il y a les Églises de la Réforme ; puis les grandes religions monothéistes, et ensuite les religions animistes ; et enfin les humanismes agnostiques ou athées. L'éloignement du centre signifie un progressif dégradé de la vérité : plus on s'en écarte, moins on en possède des parcelles (...) Vatican II a profondément changé le regard que les catholiques jettent sur les autres, en dehors de groupes minoritaires intégristes. Il paraît de plus en plus évident, cependant, que le modèle concentrique est lui-même insatisfaisant. Les prétentions de l'Église catholique romaine à posséder la totalité de la vérité paraissent exorbitantes, d'autant plus qu'il est devenu évident qu'elle s'est si souvent trompée dans l'histoire. De plus, on reconnaît bien aujourd'hui que dans la dramatique rupture de la Réforme, Luther avait raison sur un certain nombre de points. En outre, on fait l'expérience de s'enrichir à la rencontre des autres traditions chrétiennes, celles de l'Orient, entre autres, qu'on connaissait si peu. Et aussi dans la rencontre des grandes religions, et chez nous dans la rencontre des convictions séculières humanistes, agnostiques ou athées. Il y a certainement une part de vérité dans certaines critiques athées contre l'Église, et en positif l'expérience morale et spirituelle de l'existence séculière nous apporte aussi son propre éclairage.
« La prétention de l'Église catholique à être le foyer de toute vérité semble de plus en plus insupportable. Certains affirment que la majorité des catholiques n'y croirait plus — on ne sait s'il s'agit de catholiques pratiquants ou de ceux qu'on catalogue ainsi parce qu'ils ont été baptisés un jour et ne se sont ensuite jamais soucié de cette religion. Mais alors, est-ce le relativisme total ? Tout se vaut-il ? C'est en tout cas la plus grande crainte des autorités ecclésiales aujourd'hui. Est-il possible de proposer un autre modèle de compréhension, qui soit radicalement fidèle à la tradition de foi ? »
(à suivre)


