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Représentation des durées dans le solfège occidental

Si la durée des temps, régulièrement délimités par les pulsations, est ordinairement constante (sauf exceptions), la durée des notes ou des silences ne l'est pas nécessairement. La notation musicale doit donc pouvoir exprimer, non seulement des durées égales au temps, mais aussi, des durées qui lui sont supérieures ou inférieures. La représentation des durées musicales est principalement assurée par les éléments suivants : les figures, l'unité de temps, la liaison et les divers types de points.


Sommaire

Figures de notes et de silences

Le découpage temporel d'une séquence musicale peut prendre deux formes, selon le type de notes jouées par l'instrument considéré :

Deux classes de symboles existent, l'une pour représenter les notes jouées (les figures de notes), l'autre pour représenter les moments de silence entre certaines notes (les figures de silences).


Forme des figures

A chaque figure de note correspond par conséquent une figure de silence de même durée.

La notation proportionnelle des figures de notes date approximativement du XIIe siècle. Jusqu'au XIe siècle, la notation musicale n'intègre que les hauteurs (de manière tout à fait approximative d'ailleurs) par un système d'accents appelés neumes. Les neumes ne prennent pas en compte le rythme : en effet, celui-ci est supposé découler du rythme libre du texte chanté.
Au cours de la deuxième moitié du XIe siècle, les neumes évoluent de manière à indiquer des durées différentes à partir de leur forme : désormais, les valeurs rythmiques sont déterminées plus rigoureusement. Au cours des XIIe, XIIIe et XIVe siècle, on emploie la notation carrée. Ce premier type de notation proportionnelle est constitué de figures noires en forme de carrés ou de losanges, et tracées à la plume d'oie (il sera définitivement associé à la notation du plain-chant). Au XVe siècle, on utilise la notation blanche : les notes sont toujours carrées, mais à côté des figures noires, apparaissent des figures blanches. Ce n'est qu'au XVIe siècle, grâce aux progrès de l'imprimerie musicale, que se généralise progressivement le système de notation actuel, appelé notation arrondie.
Figures de notes et de silences

Remarques :

Exemple de hampes, inférieures, puis, supérieures :
Position de la hampe des notes
En ce qui concerne le placement des notes sur la portée, il faut savoir qu'on a pris l'habitude, pour faciliter la lecture et limiter les débordements, de placer la hampes au-dessus, lorsque la tête de la note se trouve dans la partie inférieure de la portée, et au-dessous, dans le cas inverse. D'autre part, lorsque deux parties sont écrites sur la même portée, la direction des hampes permet de clairement distinguer les parties en question.

Valeur relative des figures

Dans le tableau précédent, chaque figure vaut en durée, la moitié de la figure supérieure, et le double de la figure inférieure. Par exemple, la croche vaut la moitié de la noire, le quart de la blanche, etc. mais aussi, le double de la double croche, le quadruple de la triple croche, etc. De ce principe, nous pouvons déduire les deux tableaux suivants :

Valeur relative des figures de notes
Valeur relative des figures de silences
Il ne faut pas se laisser abuser par la terminologie des diverses figures qui peut facilement induire en erreur.
Dans le domaine des figures de silences, les termes demi, quart, etc., font référence à la valeur de la figure concernée : c'est ainsi que la demi-pause vaut bien la moitié d'une pause, le quart de soupir vaut bien le quart d'un soupir, etc.
Au contraire, dans le domaine des figures de notes, les termes double, triple, etc., ne font pas référence à la valeur de la figure concernée (la double croche, par exemple, vaut la moitié d'une croche, et non pas le double, en dépit de son nom !), mais à sa description : le mot croche en effet, doit être compris comme l'abréviation de crochet. Ainsi la croche est la figure de note dotée d'un simple crochet, la double croche est la figure de note dotée d'un double crochet, etc.

Liens

Quand plusieurs notes à crochets se succèdent, il est possible de les réunir par des barres (appelés liens) remplaçant les crochets.

Les liens des notes à crochets peuvent regrouper des figures de notes appartenant à un même temps, une même partie de temps, un même groupe de temps, ou encore, une même mesure, ceci afin de permettre une plus grande clarté dans la notation.

Dans la musique instrumentale, on emploie couramment les liens. Dans la musique vocale, on a pris l'habitude d'employer les crochets, lorsqu'à chaque note est affectée une syllabe différente; au contraire, lorsqu'une même syllabe est affectée à plusieurs notes à crochets, on utilise plutôt les liens.

Liens des notes à crochets


Unité de temps

Quelle est la figure de note qui joue le rôle de l'unité de temps ? Autrement dit, quelle est la figure dont la durée est égale au temps ?

Les figures de notes les plus couramment employées comme unité de temps, sont : la blanche, la noire et la croche (simples ou pointées). Mais absolument rien n'empêche l'utilisation d'autres figures ! Pourquoi n'a-t-on pas pris l'habitude d'affecter à la même figure le rôle de l'unité de temps ? S'il n'y a pas de réponse claire à cette question, on peut cependant avancer trois types de justifications à cette pratique.
1. Tout d'abord, au cours des siècles, l'évolution de la notation est allée en direction des figures de plus en plus petites (la quadruple croche est donc une invention récente, alors que la carrée est beaucoup plus ancienne, et d'ailleurs, quasiment abandonnée de nos jours). Le choix de l'unité de temps a suivi cette évolution : si au XXe siècle c'est souvent la noire ou la croche qui sont choisies comme unités de temps, au XVe ou au XVIe siècle, c'était plutôt la ronde ou la blanche.
2. Ensuite, il faut savoir que les compositeurs ont conservé des habitudes de notation (en ce qui concerne notamment certains mouvements de danse) : le menuet, par exemple, est presque toujours noté avec la noire pour unité de temps; la gavotte, au contraire, avec la blanche pour unité de temps, etc.
3. Enfin, pour de nombreux musiciens, le choix de telle ou telle figure pour unité de temps, a pu permettre d'exprimer une indication sur le tempo ou sur le caractère à donner à l'interprétation : par exemple, la croche pour unité de temps plutôt que la noire pourrait suggérer plus de légèreté, ou plus de rapidité... Le problème est de pouvoir interpréter la signification exacte de l'utilisation de telle unité plutôt que telle autre, signification qui varie bien évidemment en fonction du compositeur !...


Liaison de prolongation

La liaison de prolongation ou liaison de tenue (appelée plus simplement liaison) est un signe en forme d'arc de cercle, reliant deux figures de notes de même hauteur, et ayant pour effet de faire entendre un seul son dont la durée est égale à la somme des durées des figures liées.

La liaison permet donc d'additionner les durées de notes pour obtenir de nouvelles durées ne correspondant pas aux valeurs existantes. Par exemple, pour avoir une durée équivalant à une noire et demie, on pourra lier une noire à une croche, ou encore, pour avoir une durée de sept noires, on pourra lier entre elles, une ronde, une blanche et une noire, etc.

Liaison de prolongation

Il convient de préciser que la liaison ne concerne que les figures de notes. Les figures de silence, elles, n'ont évidemment pas besoin d'être liées pour être additionnées.

Notons également au passage qu'il faut éviter de confondre la liaison avec le legato, qui concerne le phrasé.


Point et double point

Le point et le double point sont des signes permettant de prolonger la durée d'une figure de note ou de silence d'une manière précise et quantifiable (à la différence du point d'orgue).

On notera qu'il existe également un triple point, augmentant la figure après laquelle il est placé des 7/8èmes de sa valeur, mais il est quasiment inutilisé.

Point

Le point, placé après une figure, augmente cette dernière de la moitié de sa durée.

Equivalence des valeurs pointées :

Le point

De ce qui précède nous pouvons déduire que toute valeur pointée vaut le double de la valeur pointée inférieure, et la moitié de la valeur pointée supérieure.

Valeur relative des figures de notes pointées
Valeur relatives des figures de silences pointés

Double point

Le double point, placé après une figure, augmente cette dernière des trois quarts de sa durée.

Double point

En fait, il faut considérer que le second point est au premier ce que le premier est à la figure initiale : l'équivalent de la moitié de la valeur qui précède.


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