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littérature |
Robert Desnos (4 juillet 1900 à Paris - 8 juin 1945 au camp de
concentration nazi de Terezin, Tchécoslovaquie, du typhus) est un poète français.
Mauvais élève, mais attiré par la littérature, il publie des poèmes dans Le Trait d’union et compose Le Fard des Argonautes en alexandrins soigneusement rimés. Il fait la connaissance de Benjamin Péret chez un ami commun. Le 25 septembre 1922, il commence des expériences d’écriture automatique, notamment sous hypnose.
Il poursuit des amours impossibles avec Yvonne George, cette chanteuse et comédienne toujours entourée d’une foule d’idolâtres. Pour la rejoindre, il s’initie à l’opium. Pour elle, il écrira les poèmes À la mystérieuse. C’est le moment où il écrit La Liberté ou l’Amour, ouvrage qui sera condamné pour obscénité par le tribunal de la Seine.
En 1926, il compose The Night of Loveless Nights (« La Nuit des nuits sans amour »), un poème lyrique et déchiré sur la solitude, curieusement écrit, comme Le Fard des Argonautes, en quatrains tout à fait classiques, beaucoup plus proches de Baudelaire que de Breton.
En 1936, il s’efforce d’écrire un poème par jour pendant un an (certains d’entre eux ont été réunis dans État de veille).
L'un des membres les plus actifs du groupe surréaliste, « prophète » du mouvement selon André Breton, Robert Desnos déclarait lui-même avoir fait « acte de surréalisme absolu ». Résolument tourné vers l'amour et la liberté, et d'abord séduit par l'audace des expériences poétiques dont André Breton est l'animateur, il retourne à la fin de sa vie à des formes plus traditionnelles, ne négligeant pas le vers rimé, tout en lui offrant des perspectives inusités et un élan original et unique.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il continue à écrire dans la presse, utilisant sa plume de journaliste pour essayer d'inviter ses concitoyens à la dignité et à l'espoir. Cela lui vaut, entre autres, l'inimitié de Louis-Ferdinand Céline qui tenta de le faire passer pour juif, à une époque où être juif équivalait à être condamné à mort. Résistant actif, il est membre d’un réseau de renseignements et de l’équipe des Éditions de Minuit, fondées par Vercors.
Le 22 février 1944, il est arrêté par la Gestapo. Il est incarcéré à Compiègne, puis à Buchenwald, où il restera plus d’un an. Libéré, il s'éteint de misère, d’épuisement et du typhus, non sans nous laisser à travers sa correspondance avec sa femme Youki, encore une fois une leçon de courage, d'amour et de liberté. « Ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète ».
Robert Desnos est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.


