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| Royan | |
|---|---|
| Pays | France |
| Région | Poitou-Charentes |
| Département | Charente-Maritime |
| Arrondissement | Arrondissement de Rochefort |
| Canton | divisé en 2 cantons |
| Code INSEE | 17306 |
| Code postal | 17200 |
| Maire Mandat en cours |
Philippe Most |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Pays Royannais |
| Longitude | 01°01'28" Ouest |
| Latitude | 45°37'43" Nord |
| Altitudes | moyenne : minimale : 0 m maximale : 35 m |
| Superficie | 1930 ha = 19,30 km² |
| Population sans doubles comptes |
17 102 (1999) |
| Densité | 886 hab./km² |
Royan est une commune française, située dans le département Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes.
La commune se trouve à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Cet estuaire est le plus grand d’Europe et le seul qui soit resté naturel. Elle se trouve sur un plateau calcaire du crétacé, déposé il y a 140 à 150 millions d'années. La surrection des Alpes et des Pyrénées, il y a 60 à 65 millions d’années, froissa les couches de calcaire. Ce qui format l’estuaire et les falaises entaillées de conches sur la rive Nord de l'estuaire. Sur le littoral de la commune, on trouve cinq conches, dont la plus vaste, la Grande conche se déploie sur près de 2600 m. Vers -6000, ces conches vont être tapissées de sable extrêmement fin (180 µm) qui va les isoler des marais.
Dès la préhistoire, le site de Royan fut occupé : des silex taillés mis au jour par des fouilles en attestent. Les Celtes commencèrent à mettre en valeur la presqu’île (dans l'Antiquité, Royan était une presqu'île entre la Gironde et le vaste estuaire de la Seudre). Les Romains développent la culture de la vigne, l’élevage des huîtres et la technique des marais salants. En 418, les Wisigoths arrivent devant Saintes. Pour se protéger, Royan s'entoure de palissades en 419, date à laquelle il est fait mention de cette ville pour la première fois dans un vieux cartulaire. En été 844, les Vikings remontent la Gironde, pillant tout sur leur passage.
Au début du XIe siècle, un calme précaire revient, la presqu’île lentement renaît sous l’impulsion de petites seigneuries et des abbayes. Entre 1050 et 1075, le prieuré de Saint-Vivien de Saintes construit le prieuré de Saint-Pierre sur le plateau à deux kilomètres du bourg. Ceci fixe un petit hameau. En 1092, l’abbaye de la Grande Sauve installe un autre prieuré, celui de Saint-Nicolas, non loin du bourg. Celui-ci se trouve sur le rocher de Foncillon, au bord de la mer. Accolé au bourg, un petit château protège le fond de la plage de la Grande conche qui sert de port. À la fin du XIe siècle, déjà, l’activité portuaire est importante. Les nombreuses gabares qui empruntent la Gironde y font escale dans l’attente de vents ou de courants favorables. Le seigneur de Didonne en profite alors pour faire payer une taxe à tout bateau s’arrêtant au pied du château.
En 1137, Aliénor d'Aquitaine épouse le roi de France, Louis VII. Royan fait partie intégrante du duché d’Aquitaine et passe sous le contrôle direct du roi de France. Mais en 1152, Aliénor divorce et épouse Henri Plantagenêt qui devient roi d’Angleterre en 1154. Royan passe alors sous contrôle anglais. Le roi d’Angleterre fait consolider les défenses du bourg. Il est alors protégé par de solides murailles et on construit un donjon. Les différentes taxes payées par les navires depuis le XIe siècle sont codifiées par les seigneurs de Royan. Code dont on trouve une trace datée de 1232 sous le nom de “Coutume de Royan”. Le 20 mai 1242, Henri III, roi d’Angleterre, débarque à Royan avec 300 chevaliers. Il est en guerre contre Louis IX (Saint Louis). Battus à Taillebourg, les Anglais conservent, par le traité de Paris, le contrôle du Sud de la Saintonge, dont Royan.
En 1355, pendant la guerre de Cent ans, le Prince Noir, héritier du trône d’Angleterre, occupe la Saintonge. Il renforce les défenses de Royan qui devient un gros bourg administré par douze échevins et douze conseillers. À la fin la guerre de Cent ans, en 1451, la région de Royan est définitivement française, mais en ruines.
En 1458, Marie de Valois (1444-1473), fille aînée illégitime de Charles VII et d’Agnès Sorel épouse Olivier de Coëtivy, comte de Taillebourg. Elle apporte en dot 12 000 écus, et les châtellerries de Royan et de Mornac. En 1501 Charles de La Trémoille par son mariage avec Louise de Coëtivy, devient baron de Royan. Au XVIe siècle, les guerres de religion font rage, et presque tous les grands capitaines de l’époque comme Henri de Navarre, le futur Henri IV, et le sire de Brantôme (qui deviendra prieur de Saint-Pierre de Royan) font la guerre sous les murs de la citadelle. En 1592, Henri IV érige la ville en marquisat au bénéfice de Gilbert de la Trémoille. Au début du XVIIe siècle, le duc d’Epernon estime que « C’est une des meilleures places pour sa grandeur qui fut en France ». Depuis l’Édit de Nantes, Royan est une place forte protestante sous Henri III. De 1620 à 1622, Royan est sous la seule autorité de la Réforme. La forteresse subit deux sièges, l’un en 1622 dirigé par Louis XIII, l’autre en 1623. La citadelle est abandonnée. C’est Richelieu qui, vers 1630, fait raser les remparts et les maisons du bourg. La ville réduite à un faux-bourg reste pendant plus de cent ans traumatisée par ce drame.
Dès février 1790, on élit un conseil municipal et la ville devient chef-lieu de canton. La Terreur est à peine sensible, peu de notables sont inquiétés.
Royan devient un centre de convalescence pour les soldats de la Grande Armée. Des auberges s’ouvrent. Les habitants prennent l’habitude de louer des chambres aux soldats. Aucune rue ne longe la plage, la mer s'insinuant partout, il faut se protéger des vagues de tempêtes, presque chaque maison en face de la plage possède un jardin avec un épais muret. Le port est à sec à marée basse. Une petite digue est construite en 1810.
Vers 1816, les bains de mer se développent, importés d'Angleterre par les derniers émigrés. Royan, grâce à ses plages et son climat, séduit les premiers estivants. Habituellement ville d’accueil, elle recoit des vacanciers en majorité bordelais. En 1819, avec le bateau à vapeur La Garonne, mais surtout à partir de 1821 avec le Gironde et L'Hirondelle, les premiers bateaux à vapeur à roues à aubes font un service régulier Bordeaux-Pauillac-Royan en été. Ces bateaux n'accostent pas à Royan même, mais aux falaises de Foncillon qu'on appelle la Plataine. Le transbordement des voyageurs se fait à l'aide de barques.
Le pavage des rues commence en 1816 et n'est achevé qu'en 1826. En juillet 1819, le maire Raymond Labarthe signe la première ordonnance réglementant les bains de mer, qui interdit de se baigner nu dans les plages avoisinant les maisons et qui réserve la plage de Foncillon aux femmes. On aménage les plages. En 1820, il est interdit de laver les cochons, les chevaux et autres bestiaux à la mer au moment où l’on prend les bains. En 1836, on taille un escalier à même le roc pour faciliter l'appontage des bateaux. Vers 1845, l'ingénieur Botton fait envelopper la falaise de Foncillon à l'intérieur du port. En 1847, l’ingénieur Lessore construit l’ébauche du premier casino. Sous le Second Empire, la ville connaît un grand essor. En 1854, on installe les premiers éclairages publics. Entre 1850 et 1870, le nombre d’estivants passe de 9 000 à 17 000, la population de 3 329 à 4 500 habitants. Royan devient une grande station balnéaire régionale. Commerces, casino réputé, grands cafés la modernisent. Le 28 août 1875, le premier train venant de Paris arrive à Royan, ce qui donne une tout autre dimension à la station. En vingt ans, de 1875 à 1895, la ville devient une des stations balnéaires les plus luxueuses de la côte océane. Le “Tout Paris” s’y donne rendez-vous et sa renommée dépasse largement les frontières françaises. À partir de 1885, de nouveaux lotissements au Parc et à Pontaillac se couvrent de somptueuses villas. Un nouveau casino est inauguré en 1885. Il domine la plage de Foncillon et est l’œuvre de l’architecte bordelais Alfred Duprat. En 1895, on demande à l’architecte parisien Gaston Redon de construire, en bordure de la plage de la Grande conche, un autre casino. Il lui est conseillé de « laisser libre cours à son imagination et de ne lésiner ni sur l’espace, ni sur les proportions ». En août 1895, le plus grand casino de France est inauguré.
Après la guerre de 1914-1918, l’activité balnéaire reprend. En 1922, la Municipalité obtient le classement de la ville comme “Station climatique d’été”. En 1939, Royan compte plus de 12 000 habitants et reçoit près de 200 000 touristes.
Après l’armistice de 1940, Royan se trouve en zone occupée et intégrée aux défenses du “Mur de l’Atlantique”. Pendant l’été 1944, se constitue la “Poche de Royan”. Le 5 janvier 1945, 300 bombardiers anglais déversent plus de 1600 tonnes de bombes sur le centre-ville. Le cœur de la ville, de la gare à Foncillon, est détruit, le port inutilisable, les plages déchiquetées, les casinos en ruines. Tout ce qui a fait le renom de la station balnéaire n’existe plus.
Après la guerre, les destructions sont telles que Royan sert, avec d’autres villes, de laboratoire de recherche sur l’urbanisme. En août 1947, c'est le projet d’aménagement de l’urbaniste Claude Ferret qui est accepté. L’architecture de la reconstruction se veut révolutionnaire. Esthétisme moderne, influencé par le cubisme et par l’école allemande du Bauhaus. L’emploi de structures en béton armé, nouvelles pour l'époque, permet de dégager de nouveaux volumes d’habitation ouverts à l’air et à la lumière. Les grandes lignes droites dominent, des volumes cubiques adoucis par des surfaces ou des lignes courbes. Tout privilégie un dégagement vers la mer alors que vers l’intérieur, la perspective est fermée par le marché. Les travaux durent une dizaine d’années. Au début des années 60, la reconstruction est presque terminée. La ville renaît de ses cendres, plus ordonnée, plus rigoureuse, surtout plus fonctionnelle tout en étant d’une esthétique révolutionnaire pour l'époque.
La ville dispose d’un potentiel d’hébergement important, d’un port de plaisance de près de 1000 places, d’écoles de voile.
C'est le seul monument ancien de la ville. L’abside a été remplacée au XIIIe siècle par un chevet plat. Le clocher carré date de cette même époque. La façade romane a été détruite lors des guerres de religion. Très endommagée pendant les bombardements de 1945, elle a été restaurée pendant la reconstruction de la ville.
Inscrite aux Monuments historiques depuis 1928
Construite en trois ans par l'architecte Guillaume Gillet et les ingénieurs Bernard Lafaille et René Sarger. Elle fut terminée en 1958. Elle est longue de 45 mêtres et large de 22 mêtres. Son toit en selle de cheval a une épaisseur de 10 cm. La voûte parabolique supportée par des piliers en V verticaux atteint 36 mêtres aux extrémités, et 28 mêtres au centre. Le clocher effilé s’élève à 60 mêtres. Il est surmonté d’une croix de six mêtres. Elle est principalement constituée de béton brut.
L'église peut contenir jusqu'à 2 000 personnes.
L’orgue est un « grand seize pieds » construit par Boisseau en étain martelé. Il possède 47 jeux, soit plus de 3500 tuyaux.
Mis en œuvre trop rapidement et avec trop d'économie, le béton s'est dégradé rapidement. Le clocher et le beffroi ont été restaurés de 1994 à 1996. La restauration des vitraux a été terminée en 1999.
Classée monument historique en 1988.
Construit en 1956 par les architectes Hébrard, Baraton et Bauhain. Les éléments architecturaux s’ordonnent autour d’un parvis délimité par un portique d’où surgit un campanile effilé.
Construite en 1952 sans aucun pilier au milieu de la nef. La structure est soutenue par de grands contreforts intérieurs, semi-elliptiques en béton et intégrés aux parois. Au-dessus du portail, un immense tympan en céramique représente l’Assomption.
Construit en 1955 par les architectes L. Simon et A. Morisseau et l'ingénieur René Sarger. C’est une coque ronde en voile de béton de 8 cm d’épaisseur. Elle repose sur treize points d’appui périphériques sans aucun pilier intérieur. il est d'un diamètre de 52,40 mêtres, sa hauteur au centre est de 10,50 mêtres. Il servit de modèle pour la conception du marché de Nanterre et du CNIT de la défense à Paris. Il fut restauré en 2003.
Construit en 1957 par l' architecte Claude Ferret. D'une géométrie cubique adoucie par le mouvement oblique d’escaliers extérieurs et par la subtile imbrication de parois convexes internes. Largement ouvert sur l’estuaire de la Gironde par une paroi toute en verre, il fut agrandi ultérieurement sur les jardins, sous la forme d’un cube transparent.
Dans les quartiers du Parc et de Pontaillac, il existe encore de nombreuses villas balnéaires construites entre 1890 et 1930.


