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La Saintonge est une ancienne province du duché d'Aquitaine. Elle est aujourd'hui à cheval sur deux départements, la Charente-Maritime et la Charente, et s'étendait en gros, à partir de la côte la plus au nord de la Gironde sur une profondeur de 50 km, depuis le site de Rochefort jusqu'au sud de Jonzac.
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La Saintonge était peuplée par les Celtes Santones, et constitua une civitas prospère de la Gaule romaine. La capitale de la province d'Aquitaine fut établie à Saintes, qui bénéficia d'importants travaux d'urbanisation : pont sur la Charente, arc de triomphe de Germanicus qui marquait l'arrivée de la principale voie romaine de Gaule, partant de Lugdunum (Lyon, capitale de la Gaule romaine), amphithéâtre et thermes.
Saint Eutrope de Saintes, au IIIe siècle, a christiannisé ce territoire qui comprenait aussi l'Aunis. Il fut martyrisé et le blason de la Saintonge représente d'ailleurs la mitre de son premier évêque de Saintes, entourée de trois fleurs de Lys, sur fond bleu.
Elle fut envahie successivement par les Alains, les Vandales au début du IVe siècle et par les Wisigoths en 419. En 507, elle fut conquise par Clovis avec le reste de l'Aquitaine et incorporée au Regnum Francorum. Morcelée en de nombreux fiefs, les seigneuries les plus importantes étaient celles de Saintes, de Saint-Jean-d'Angély, d'Aulnay, de Cognac et de Jonzac.
En 565, un Waddon est mentionné comme comte de Saintonge.
Au Xe siècle, l'Aunis est séparé de la Saintonge qui va dépendre du sénéchal du Poitou jusqu'en 1360.
Aux XIe et XIIe siècle les sires de Châtellaillon jouent un rôle important sur ce territoire, qui passe sous domination anglaise en 1152, par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt. Elle fut reprise en partie (rive droite de la Charente) à Jean sans Terre entre 1204 et 1210,
En 1258, la Saintonge devient une partie du duché de Guyenne, laissé à Henri III d'Angleterre par Saint-Louis, roi de France. En 1371, elle est reconquise en totalité par Bertrand Du Guesclin, et en 1375 la Saintonge est réunie définitivement à la Couronne de France par le roi de France Charles V.
De 1542 à 1549, elle connue de sérieuses révoltes contre la Gabelle jusqu'à l'édit de Henri II, roi de France.
À partir des années 1550, les idées de la Réforme se développèrent rapidement et le protestantisme y devint très actif, avec La Rochelle, dans l'Aunis voisin, devenue une des capitales et place-forte des protestants. La paix de Saint-Germain-en-Laye, le 8 août 1570, reconnaît d'ailleurs La Rochelle comme une des quatre places de sureté, accordées aux Protestants.
Les années 1570 à 1590 furent marquées par les terribles Guerres de religion, et de 1593 à 1595 eut lieu la première révolte des Croquants.
Signé en 1598 par le Henri IV, roi de France, l'Édit de Nantes apporta une vingtaine d'années de paix, jusqu'en 1620. Saint-Jean-d'Angély tombe en 1621, face à Louis XIII roi de France, et en 1628 après le siège de La Rochelle, la Saintonge est de nouveau regroupée avec l'Aunis dans une Généralité.
Dans les années 1630 à 1650, la guerre de Trente Ans fit des ravages et fut accompagnée de révoltes paysannes contre les nouveaux impôts de 1629 à 1643. De 1650 à 1653, la Fronde des Princes touche la Saintonge et provoque la misère des campagnes.
Les années 1660 connaissent une reprise des persécutions à l'égard des protestants, qui aboutissent en 1685, à la révocation de l'Édit de Nantes, qui verra le début de l'exode de nombreux huguenots vers la Nouvelle-France, et l'arrivée de Fénelon, chargé de la « conversion » des protestants locaux.
À partir de 1744, des loges maçonniques d'obédience anglaise se fondent à Saintes, à Rochefort et à La Rochelle, et en 1757 et 1758, les côtes subissent des incursions anglaises. L'année 1785 est marquée par de mauvaises récoltes et la disette, et l'année 1789 par une très forte crise agricole.
De 1790 à 1794, les campagnes sont marquées par des révoltes importantes et par la Terreur (troubles anti-seigneuriaux, révolte vendéenne, menaces anglaises). La province rejoint le nouveau département de Charente-Inférieure, avec Saintes comme préfecture, qui sera tranférée à La Rochelle en 1810.


