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Dans l'épopée hindoue du Mahâbhârata, Satî , qui porte aussi le nom de Dakshayani , est l'aînée des filles de Prasuti et Daksha. Elle aime Shiva, mais son père, Daksha, qui s'est disputé avec le dieu, interdit leur mariage.

Satî passe outre et Daksha se venge en invitant tous les dieux sauf Shiva à un sacrifice dédié à Vishnou. Satî se jette dans le feu sacrificiel pour laver l'affront fait à son mari. Shiva, l'ayant appris, se précipite au palais, tue un grand nombre d'invités et décapite Daksha, lui remplaçant plus tard la tête avec celle d'une chèvre. Satî renaît ensuite sous la forme de Pârvatî et retrouve ainsi son époux.
La satî est, par suite, aussi le nom du sacrifice des veuves qui se jettent dans le bûcher crématoire de leur époux.
On remarquera cependant que Satî n'est pas veuve lorsqu'elle se jette dans le feu. De plus, dans l'Atharva-Veda, le quatrième Veda, où sont exposés les rites de la cérémonie funéraire, il n'est fait aucune mention, ni surtout prescription, de la satî : il indique que la veuve doit monter sur le bûcher funéraire, se coucher auprès de son mari, puis redescendre avant que la crémation ne commence.
Les épouses des guerriers rajpoutes étaient familières de la satî. On découvre souvent à l'entrée des fort du Rajasthan des symboles de mains indiquant le nombre de veuves de haut rang ayant pratiqué la satî lors d'un événement historique lié à l'histoire de ce fort (15 au fort de Jodhpur par exemple).
En 1818, on avait compté pas moins de 839 cas de satî au Bengale, dont 544 dans le secteur de Calcutta, lui-même.
Le 4 décembre 1829, le Gouverneur britannique Lord William Bentick, de la présidence du Bengale, soutenu par le réformateur Ram Mohan Roy, promulgue le Sati Prevention Regulation Act interdisant la pratique. Il est rapidement suivi par les autres présidences de l'Inde, Madras et Bombay.
Malgré cela, l'Inde a connu récemment deux cas de satî :
On ne confondra pas la satî et le jauhâr, le sacrifice des femmes rajpoutes dans les situations désespérées.


