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Le serbo-croate ou croato-serbe (Srpsko-Hrvatski ou Hrvatsko-Srpski) est une
dénomination d'une langue indo-européenne (certains parlent d'un diasystème), faisant partie du groupe méridional des
langues slaves. Il regroupait à l'origine (seconde moitié du XIXe
siècle) le serbe et le croate, principales
langues de la Serbie, de la Croatie, mais
aussi de la Bosnie-Herzégovine et du Monténégro, largement parlé et compris encore aujourd'hui dans les autres
républiques ex-yougoslaves, République de
Macédoine et Slovénie. Les inventeurs du concept avaient proposé pour
certains le terme illyrien, rejeté par les Serbes. Le dialecte de référence pour la langue écrite était le
štokavien parfois orthographié en français chtokavien, qui compte trois variantes : ijekavien (né en Herzégovine et
largement répandu en Croatie, Monténégro et Serbie occidentale), ekavien (en Serbie et Slavonie orientale) et ikavien (moins
présent). Les deux autres dialectes sont le kajkavien ou kaïkavien (au nord de Zagreb : dans le Zagorje) et
tchakavien čakavien (sur la côte adriatique, en Istrie et Dalmatie). Ces dialectes sont ainsi dénommés par référence à
la forme prise par le pronom interrogatif quoi : kaj (kaï), ča (tcha) et što (chto).
== Rapports entre croate, serbe et bosniaque ==
Le croate est très largement intercompréhensible par les locuteurs du serbe (et vice-versa) ; à partir de la fin du XIXe siècle et durant la période yougoslave (1919-1991), ces deux langues ont été considérées comme les composantes d'un diasystème serbo-croate (ou croato-serbe, voire d'une même langue comportant des variantes régionales.
En effet, le serbo-croate résulte, comme la plupart des langues nationales normées, d'une création politique datant de l’époque où fut élaboré le projet d’union des Slaves du Sud. Son principal promoteur fut dès 1861 l'évêque catholique croate Josip Strossmayer (1815-1905) qui prônait le rapprochement des Serbes et des Croates dans un mouvement yougoslave. En 1866, il fonde l’Académie yougoslave de Zagreb qui deviendra l’université de la capitale croate. Ses contemporains, le croate Ljudevit Gaj et le serbe Vuk Karadzic s’appliqueront à créer et à normaliser une langue serbo-croate (ou croato-serbe). Ils ont fait le choix du dialecte chtokavien, un dialecte slave parlé en Slavonie, dans l’arrière-pays dalmate, et à Dubrovnik, comme base de la future langue. Ce type de démarche, au XIXe siècle, est commun à la plupart des pays d’Europe, de la Norvège à l’Italie, où le souci d’unification politique impliquait la création ou le choix d'une langue commune. En Yougoslavie, le serbo-croate comporte encore de fortes variantes régionales, mais permet une intercompréhension quasi totale.
Il y a actuellement trois langues officielles pour les instances de régulation spécifiques, le croate, le serbe et le bosnien, qui correspondent à des versions différentes d'une même langue pour la plupart des linguistes. Le croate et le bosnien s'écrivent exclusivement avec l'alphabet latin alors que le serbe utilise majoritairement l'alphabet cyrillique. Il y a aussi d'autres différences plus ou moins importantes, telles l'accent, les mouillures la grammaire et le vocabulaire.
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie appelle cette langue BCS (bosno-croato-serbe) et la considère comme la langue principale de toutes les parties bosniaques, serbes et croates.
Elle est aussi parlé par des minorités bosniaques, croates et serbes en Autriche, Hongrie et en Roumanie, ainsi qu'en émigration (Allemagne, Australie, Canada, États-Unis).
C'est une langue hautement flexionnelle à accent de hauteur. Il y a sept cas pour les noms et les adjectifs : nominatif, génitif, datif, accusatif, vocatif, locatif et instrumental.


