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Si Mohand U Mhand est un poète algérien d'expression berbère de la fin du XIXème siècle. Il serait né entre 1843 et 1850 à Icheraouien en Grande Kabylie (actuelle commune de Tizi Rached) et appartient à la tribu des Nat Iraten.
L'œuvre de Si Mohand est directement inspirée de sa vie. Son enfance est placée sous le signe de la violence et de l'exil. Il assiste à l'arrivée des troupes françaises du général Randon en Kabylie et à la destruction de son village. À la place, les Français construisent une ville fortifiée devenue Fort National (Larba Nat Iraten).
Installé dans un hameau voisin, le jeune homme se destine ensuite au droit musulman. Mais la révolte de 1871 met un terme à ses projets. Son père est exécuté, son oncle déporté avec les kabyles du Pacifique en Nouvelle-Calédonie et la famille dispersée.
Déraciné et seul, Si Mohand devient un poète errant. Il emprunte à son expérience les thèmes de l'exil, de l'amour de sa terre natale, de l'amour et du destin. Le poète aurait par ailleurs juré de ne jamais répéter deux fois le même poème, de sorte que seule la mémoire populaire a permis de conserver son œuvre.
Les Isefra (le mot signifie les « poèmes » en berbère), ont été publiés sous forme de recueils à plusieurs reprises, notamment par Mouloud Feraoun en 1960 et par Mouloud Mammeri en 1969.


