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La sodomie est une forme de rapport sexuel aussi appelée coït anal ou rectal.
Dans certains contextes, notamment les classifications légales de certains États fédérés des États-Unis d'Amérique, le terme « sodomy » inclut d'autres pratiques sexuelles jugées déviantes, notamment le contact entre la bouche et le sexe (cunnilingus, fellation).
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Au cours de la sodomie, la verge du mâle est introduite dans l'anus, puis le rectum, de son ou sa partenaire. Elle est pratiquée entre partenaires masculins ou partenaires mixtes. On a relevé son existence chez certains animaux, notamment chez des primates ou les chiens.
On pratique également la sodomie à l'aide d'un godemichet, sorte de faux pénis, éventuellement monté sur harnais afin de mieux simuler une verge. C'est ainsi qu'une femme peut sodomiser un homme ou une femme.
Contrairement à la vulve et au vagin, l'anus et le rectum ne sécrétent pas de lubrification naturelle facilitant le rapport sexuel. On utilise donc habituellement un lubrifiant artificiel. Autrefois, on utilisait souvent la vaseline pour cet usage, mais celle-ci fragilise les préservatifs, et est peu lavable. De nos jours, on utilise donc plutôt des lubrifiants intimes à base d'eau.
L'anus est normalement resserré, sauf pendant la défécation. En conséquence, la sodomie est douloureuse si on n'a pas pris la précaution de faire se détendre l'anus auparavant.
La muqueuse rectale est fragile et poreuse aux virus et bactéries. Une pénétration trop brutale peut provoquer de petites coupures ou saignements ; par ailleurs, la muqueuse absorbe des substances déposées dans le rectum, phénomène utilisé par l'administration de médicaments comme suppositoires. En conséquence, elle est un terrain propice aux échanges de maladies sexuellement transmissibles, notamment du SIDA. En conséquence, il est très déconseillé d'avoir un rapport anal sans préservatif avec une personne dont on ne sait pas si elle est infectée par de telles maladies.
Le terme de sodomie vient du nom de la ville de Sodome qui, selon la Bible, fut détruite par Dieu pour ses mœurs jugées perverses (cf. l'épisode de Sodome et Gomorrhe). Il faut noter que dans cet épisode, il n'est pas réellement fait mention de la sodomie telle qu'on la définit actuellement : les habitants de Sodome sont en effet caractérisés par un grand appétit sexuel proche de ce que l'Église nomme bestialité. En sorte, les Sodomites (habitants) ne sont pas forcément sodomites (pratiquant de la pénétration anale).
D'une manière similaire, le terme « bougre » (du latin Bulgarus, qui donne l'ancien français bogre) désignait à l'origine les bogomiles (« amis de Dieu » du bulgare Bog « dieu » et mile « ami »), membres d'une secte bulgare hétérodoxe proche des mouvements cathares. On avait accusé ces bogomiles du péché de sodomie afin - entre autres - de les tourner en dérision. « Bougre » en est donc venu à ne plus désigner les seuls Bulgares bogomiles mais aussi par extension les sodomites (le terme était donc injurieux) et, par affadissement, un « gaillard », puis enfin un « individu ».
Certains appellent la sodomie un 99 en référence au 69.
L'historien de l'humanité François Cavanna signale que nous n'avons en revanche à ce jour retrouvé aucune information sur la gomorrhie. Le terme est considéré comme synonyme de sodomie.
Pratique considérée comme déviante puisque ne menant pas à la reproduction, entourée des tabous liés aux fonctions excrétrices (l'anus étant concerné), surtout dans les civilisations où ces fonctions naturelles sont jugées honteuses, la sodomie est reçue de manière très diverse selon les sociétés et les religions. De nos jours, certains pays criminalisent toujours la sodomie entre adultes consentants, allant même jusqu'à requérir la peine de mort. La sodomie est aussi très souvent rapprochée de manière plus ou moins clichéique de l'homosexualité.
Dans certains milieux sociaux ou religieux, la sodomie peut également être une alternative à la pénétration vaginale pour ne pas rompre l'hymen de la femme avant le mariage ou éviter la fécondation, comme chez les Perses, où elle a longtemps été fortement recommandée comme un moyen de contrôler les naissances.
L'Église catholique a longtemps condamné ─ et continue de le faire ─ la sodomie comme faisant partie des pires perversions humaines. Notons qu'on peut considérer qu'il y a là une mauvaise interprétation de la Bible, celle-ci, du moins dans l'épisode de Sodome et Gomorrhe, ne condamnant pas la pénétration anale mais la bestialité. Une légende populaire veut que la sodomie fût comptée au titre de cérémonie d'intronisation des nouveaux membres de l'ordre des Templiers. Le qualificatif « sodomite » fit d'ailleurs partie de l'acte d'accusation lors du procès contre les Templiers.
Autre fait notable, sodomy, en anglais, ne désigne pas seulement la pénétration anale. Dans les expressions comme sodomy law, loi qui régit les pratiques acceptées ou interdites dans tel ou tel État américain, il faut comprendre sodomy comme « pratique sexuelle jugée déviante ». Parmi ces pratiques, outre la sodomie, peut par exemple être comptés la fellation et le cunnilingus. Ces lois, le plus souvent, sont des manières d'interdire l'homosexualité (cf. aussi Homophobie et Persécution des homosexuels). Elles s'appuient sur un cliché faisant des homosexuels mâles des sodomites, alors que cette pratique n'est, bien entendu, pas acceptée par tous les homosexuels et que des hétérosexuels la pratiquent tout aussi volontiers.
En sorte, la sodomie étant jugée comme une pratique le plus souvent homosexuelle, elle est aussi entourée des tabous liés à cette orientation sexuelle, ce qui en fait un sujet particulièrement tabou, d'autant plus que l'image d'un homme pénétré par un autre homme porte une grande atteinte aux stéréotypes sexistes voulant que l'homme soit le pénétrant « actif », le pénétré « passif » étant un inférieur. C'est ainsi que dans l'Antiquité romaine, un homme libre qui sodomisait ses esclaves manifestait sa puissance ; en revanche, un homme libre sodomisé se ravalait à un rang inférieur, et cette position passive était considérée comme honteuse. C'est pour ces raisons qu'on compte, au titre des injures homophobes les plus courantes, des expressions comme (sale) enculé ou va te faire enculer (enculer étant un synonyme vulgaire pour sodomiser), qui rappellent bien que, d'une manière stéréotypée et inconsciente, celui qui se fait sodomiser, surtout un homme, serait moins qu'un homme, un sous-être. Notons cependant que l'injure peut devenir une simple interjection, enculé !, somme toute démotivée et parfois positive voire affectueuse (de même que « quel con, celui-là ! », équivalant parfois à « quel drôle de type » et non seulement à « quel idiot »), bien que vulgaire.
À un juge qui lui demandait s'il était exact qu'il était sodomiste, Paul Verlaine répondit :


