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Le Rythme n'est pas une notion spécifiquement musicale. Il est en effet présent, non seulement dans tous les arts, mais également, dans toute activité humaine, animale, végétale ou minérale, bref, dans toute impulsion motrice, depuis l'agitation des électrons dans l'atome, jusqu'au déplacement des planètes dans l'univers : le Rythme naît du Mouvement, le Rythme est le Mouvement.
Premier élément fondamental de la musique, le Rythme musical est étroitement lié aux gestes, rituels ou quotidiens, aux déplacements dans l'espace, à la marche, à la danse. Il est évidemment le domaine privilégié de la durée, mais aussi, celui de l'intensité des sons, c'est-à-dire, d'une part, celui de l'accentuation relative de ces sons, d'autre part, celui de la force que l'interprète affecte à telle ou telle phrase musicale.
Bien qu'étant véritablement de nature rythmique, l'intensité d'une phrase musicale, parce qu'elle se rapproche davantage des questions relatives à l'interprétation, sera étudiée dans cet article.
Pour le musicien, le Rythme des sons concerne donc, d'une part, la succession de leurs durées, d'autre part, leur accentuation relative.
Lorsque les durées qui composent un rythme sont sans aucun rapport entre elles (par exemple, le rythme naturellement irrégulier du langage parlé), on dit qu'on a affaire à un rythme libre. Si au contraire, ces durées sont liées par un rapport de proportion (par exemple, une durée vaut le triple d'une autre, ou encore, la moitié d'une troisième, etc.), permettant de quantifier les valeurs musicales, on dit qu'on a affaire à un rythme à durées proportionnelles.
Pendant une longue période, la musique occidentale chantée a utilisé un rythme libre calqué le plus souvent sur le rythme du texte chanté, et dont le chant grégorien est l'exemple type. Un tel rythme présente l'avantage de n'avoir besoin d'aucun procédé particulier de notation.
Depuis le XIIe siècle, de par le développement de la Polyphonie (Technique musicale propre à la musique occidentale, et consistant à utiliser simultanément des sons de hauteurs différentes), le Rythme musical a nécessité une représentation graphique précise des différentes durées.
C'est ainsi que le rythme musical est devenu rythme à durées proportionnelles, puis, plus précisément, rythme métrique, c'est-à-dire, rythme mesuré. Notons cependant qu'il ne faut pas associer systématiquement le concept de rythme mesuré à celui de mesure.
En effet, d'une part, les rythmes mesurés ne sont pas tous des rythmes à durées proportionnelles (par exemple, le rythme du récitatif, quoique bel et bien mesuré sur le papier, échappe dans la pratique à toute rigidité métrique); d'autre part, les rythmes à durées proportionnelles ne sont pas nécessairement mesurés, en d'autres termes, certains d'entre eux peuvent être notés sans barres de mesure : c'est le cas par exemple, de bon nombre de partitions antérieures au XVIIe siècle.


