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Le solipsisme (du latin solus, seul et ipse, soi-même)
désigne, d'une part, l'attitude du sujet pensant pour qui sa conscience propre est l'unique réalité, les autres consciences, le
monde extérieur n'étant que des représentations et, d'autre part, une théorie
philosophique qui par l'abstraction du monde externe ou des perceptions qui en proviennent, place l'individu seul devant la
seule connaissance de sa propre existence.
L'utilisation qu'en a fait René Descartes dans ses Méditations (1641) est de loin la plus célèbre : par le solipsisme il fonde la justification de toutes connaissances du monde sensible sur la certitude de sa propre existence (cogito ergo sum, je pense donc je suis) et sur la garantie divine, justifiée par la parfaite bonté de l'être suprême, qui ne peut vouloir berner.
Il préfigure ainsi l'arrivée de la subjectivité dans la philosophie moderne, la subjectivité consistant à mener ses réflexions à partir de l'observateur lui-même plutôt que de préexistants comme Dieu, le monde, l'être ou le langage ainsi que dans les systèmes précédents. Cette idée de subjectivité se généralisera avec les notions de relativité, de principe anthropique et des mondes multiples ou observateurs contingents d'Everett.
« Le solipsisme me paraît une théorie séduisante et je ne comprends pas pourquoi nous sommes aussi peu nombreux à y croire ».


