Sports médiévaux
Chronologie des Sports Médiévaux en Europe
- 802. Le Capitulare missorum generale carolingien interdit aux clercs la pratique des « jeux
vains », c’est-à-dire le sport. Depuis l’antiquité, la pratique sportive populaire n’a pas disparu, et malgré l’interdit
religieux, les clercs eux-mêmes pratiquaient ses acitivités.
- 842. Première mention de tournoi. Cet authentique art martial consiste à livrer une véritable bataille, mais
« sans haine ». Les combats se pratiquaient à armes réelles provoquant de très nombreux accidents mortels. Préparation
militaire très efficace, ces Conflictus Gallici auraient pris naissance en Gaule durant l’Antiquité tardive pour s’exporter
ensuite avec succès… Nombre de chevaliers sont adoubés à l’issue de tournois. La violence « sans haine » des tournois
est souvent plus importante qu’à la guerre où le but du jeu est plutôt de faire des prisonniers afin d’obtenir des rançons.
- Mars 1000. A l’occasion de la Pâques, un grand tournoi rassemble la fine fleur de la chevalerie champenoise
à Troyes. Nombreux morts et blessés.
- 1066. Guillaume le Conquérant prend pied en Angleterre. Introduction probable de la Soule française (sans
doute picarde) outre-Manche.
- 1130. Au concile de Clermont, le Pape Innocent II interdit énergiquement la pratique du tournoi. La
chevalerie française ne tient aucun compte de cette interdiction…
- 1147. Première mention de la soule en France. Le jeu oppose deux équipes qui se disputent un ballon qu’il
faut déposer dans un but. C’était certes viril, très viril même, mais tous les coups n’étaient pas permis, comme on le croit trop
souvent. La soule, qui passe aujourd’hui pour brouillonne et violente, était en fait très codifiée et pas si barbare que les
fameuses « lettres de rémission » le laissent entendre. Les cas évoqués par ces sources sont tous, par définition, des
affaires judiciaires, avec leurs cohortes de blessés et même de morts donnant, à tort, l’image d’une mêlée ultra violente. Comme
le signalent ainsi nombre de plaignants, « ce n’est comme cela qu’on pratique la Soule ».
- 1174. Publication en Angleterre de La Vie de Saint Thomas Beckett de William Fitzstephen qui mentionne la
pratique courante des jeux de ballons outre-Manche (soule / football).
- 2 juin 1175. Tournoi de joutes nautiques à Lyon à l’occasion du millénaire de la persécution des
Chrétiens.
- 1179. Au concile de Latran, le Pape Alexandre III condamne la pratique du tournoi. Malgré la multiplication
de ces interdits, le tournoi reste l’activité la plus prisée par les chevaliers qui peuvent y montrer leur force et leur
endurance. La chevalerie française, qui truste les victoires en tournoi comme sur les champs de bataille ne conçoit pas de mettre
un terme à cet « art de vivre ».
- 19 août 1186. Le Duc de Bretagne Geoffroy II Plantagenêt trouve la mort dans un tournoi à Paris.
- 12 avril 1204. Lors de la 4e croisade, Byzance (Constantinople) tombe aux mains des Latins ; c’est la
fin des courses de chars… Les Latins pillent la ville et Venise fait notamment main basse sur le fameux quadrige de bronze doré
de l’hippodrome de Byzance qui orne depuis la place Saint-Marc. A noter que ces courses étaient en déclin depuis un demi-siècle à
Byzance. L’Hippodrome, mal entretenu, est même partiellement détruit dans un grand incendie.
- 1229-1231. Grève à l’Université de Paris des étudiants et des professeurs dont beaucoup rejoignent
l’Angleterre. A l’occasion du Carnaval, une activité sportive est très brutalement interrompue par les prévôts du Roi… Le cas
n’est pas isolé ; rebelote en 1253…
- 1240. Soixante morts lors d’un tournoi à Neuss.
- Juin 1245. Le Concile de Lyon condamne la pratique du tournoi.
- 1260. Le Roi de France Saint-Louis interdit la pratique du tournoi.
- Juin 1260. Jean de Chatillon, Comte de Blois, accorde à la paroisse de Chouzy le droit d’organiser un match
de soule à l’occasion de la Pentecôte. Ce texte de 1260 reste en usage pendant plus de cinq siècles. A l’image de Chouzy, les
paroisses de France obtiennent de leurs seigneurs des jours dédiés aux jeux sportifs, tandis que dans les villes franches, ce
sont les édiles qui organisent les jeux. Ces matches constituent une forme de calendrier « officiel », tandis que les
parties disputées à la fin de la journée de travail (ou parfois pendant celles-ci…) sont considérées comme des entraînements ou
des matches « officieux ». Certaines parties « officielles » drainent des joueurs ou des équipes parfois
géographiquement très éloignées ; dans ces cas, les frais de déplacement et d’hébergement sont parfois pris en charge par
les organisateurs. La soule, mais aussi la paume ou les barres, la crosse ou les quilles sont ici concernés par cette
organisation. Ainsi, pendant plus de quatre siècles, le sport connaît en France une explosion sans équivalent dans son histoire
malgré les interdits religieux et royaux, sans grands effets, qui perdurent. Ces derniers sont toutefois bien moins virulents
qu’outre-Manche…
- 1261. Byzance est reprise par les Grecs, mais l’Hippodrome, à moitié détruit, ne permet pas la reprise des
courses de chars. La fin des fastueux programmes sportifs et la mise sous siège incessante de la ville jusqu’à la prise par les
Turcs donnent aux Byzantins, désormais « peuple sans divertissements », une humeur austère et une tristesse
profonde.
- 1270. A Aigues-Mortes, en attendant l’embarquement pour la Terre Sainte, les Croisés s’affrontent en tournoi
de joutes nautiques sur des barques légères.
- 1292. 13 artisans spécialisés dans la confection des balles de jeu de paume sont recensés à Paris qui compte environ 200.000 habitants ! Ce nombre important (8
libraires seulement à Paris) de Paumiers implique à l’évidence une pratique importante du jeu. Le Livre de Taille de 1292 nous
signale également 7 escrimeurs (maître d’armes) et 1 billardier (fabriquant de billards). Notons que la Paume se pratiquait en
individuel (1 contre 1) ou en double (2 contre 2), mais aussi à 3 contre 3 ou 4 contre 4. La façon de compter les points (15, 30,
40 et jeu) est toujours utilisé au tennis. L’origine de cette forme de comptage n’est pas clairement établie. Le port d’un gant
de cuir afin de protéger la main qui frappe la balle se généralise en cette fin du XIIIe siècle. La paume se pratique à l’origine
en plein air, mais dès le XIVe siècle les terrains de jeu sont couverts d’un toit donnant naissance aux salles de Jeu de Paume,
aussi appelés « tripots ».
- 1307-1327. Règne d’Edouard II, Roi d’Angleterre, qui promulgue en 20 ans pas moins de 40 interdictions de
tournois et de joutes…
- 13 avril 1314. Le Maire de Londres proclame l’interdiction de la pratique du football (soule) « en
raison des grands désordres causés dans la Cité ».
- 1315. Première trace de régates d’aviron. La course a lieu à Venise.
- 5 juin 1316. Décès du Roi de France Louis X après une partie de jeu de paume : il a pris froid après un
match.
- 1317. Première mention en France du jeu de quille.
- 1319. Le Roi de France Philippe V interdit la pratique des jeux et recommande à ses sujets celle du tir à
l’arc. Il faut en effet pratiquer quasi quotidiennement pour pouvoir bander efficacement les longs arcs militaires de cette
époque.
- 1331. Le Roi d’Angleterre Edouard III interdit la pratique du football (soule) et recommande à ses sujets la
pratique exclusive du tir à l’arc.
- 1337. Bertrand Du Guesclin (1320-1380), alors âgé de 17 ans, gagne un tournoi de lutte bretonne (Gouren). Le
futur Connétable de France remporte plus tard d’autres tournois de lutte bretonne et pratique également la soule.
- 1337. Le Roi d’Angleterre Edouard III interdit à ses sujets la pratique de tous jeux, ordonnant la pratique
intensive du tir à l’arc.
- 10 avril 1349. Tournoi de joutes nautiques à Marseille.
- 12 juin 1365. Ordonnance du Roi d’Angleterre Edouard III qui interdit la pratique du football (soule).
- 1366. Ordonnance municipale de Kilkenny interdisant la pratique du Hurling (forme de jeu de la crosse).
- 3 avril 1369. Le Roi de France Charles V interdit la pratique des jeux (dés, soule, paume, etc) sous peine
d’amende et recommande la pratique du tir à l’arc.
- 1369. Ordonnance du Roi de France Charles V qui officialise les compétitions de tir à l’arc et à l’arbalète.
De telles compétitions sont attestées en France dès le siècle précédent, mais leurs caractéristiques nous sont inconnues.
- 1378. Naissance de Vittorino de Rambaldoni, pédagogue italien qui passe pour être l’un des pères de
l’éducation physique moderne.
- Mai 1389. Le Roi de France Charles VI se distingue lors d’une joute équestre. Froissart, qui nous rapporte
ce fait, est peut-être complaisant ; Charles VI n’en n’est pas moins un authentique passionné et un jouteur plutôt solide.
Il transmet le virus à sa descendance. La joute équestre est une version individuelle du tournoi mettant face à face les
chevaliers qui se chargent. Ce nouveau sport à la mode nécessite bien des adaptations, tant au niveau des armures qu’au niveau
des lances, bien plus courtes que celles utilisées à la guerre. Apparition d’une barrière, la lice, le long de laquelle galopent
les chevaliers en sens inverses, dont l’usage se généralise seulement au XVe siècle.
- Mai 1390. Joutes équestres à Saint-Inglevert qui durent tout le mois.
- 1394. Se moquant ouvertement des interdits religieux, des chevaliers s’affrontent en tournoi déguisés en
clercs !
- 22 janvier 1397. Ordonnance du Prévôt de Paris qui rappelle l’interdiction de la pratique du jeu de paume notamment. Les joueurs ne tiennent évidemment aucun compte de cet
interdit…
- 22 juin 1397. Le Prévot de Paris interdit la pratique du jeu de paume tous les jours, sauf le dimanche « parce que plusieurs gens de métier et autres du petit
peuple quittaient leur ouvrage et leur famille pendant les jours ouvrables, ce qui était fort préjudiciable pour le bon ordre
public ». Encore une fois, les joueurs ne tiennent aucun compte de cet interdit et des parties ont lieu tous les jours, au
grand désespoir des autorités…
- 1414. Un an avant la fameuse bataille d’Azincourt qui marque le triomphe définitif des archers (Anglais) sur
la cavalerie lourde formée dans les tournois (Français), le Roi d’Angleterre rappelle l’interdiction de la pratique du football
(soule) et ordonne à ses sujets de pratiquer le tir à l’arc.
- 1415. Conséquence de la bataille d’Azincourt, le Duc d’Orléans est emprisonné pendant deux décennies en
Angleterre. A l’occasion de cette captivité à Winfield dans le Norfolk, le Duc introduit le jeu de Paume en Angleterre qu’il
pratique quasi quotidiennement. Quatre siècles plus tard, le descendant du chatelain de Winfield, Walter Clopton Winfield,
invente le tennis…
- 1422. Interdiction par les autorités municipales d’Arras, alors sous occupation anglaise, de la pratique de
la soule.
- 1427. Sensation à Paris alors sous occupation anglaise : une femme nommée Margot la Hennuyère se
distingue en battant les meilleurs spécialistes parisiens du jeu de
paume ! Elle s’incline toutefois face aux joueurs les plus physiques.
- 1440. Raoul, évêque du Trégor, interdit la pratique de la soule dans son diocèse… Le texte de Raoul précise
que ce jeu était pratiqué depuis longtemps en Bretagne.
- 1440-1468. Age d’or du pas d’armes, forme épurée du tournoi. Ce jeu martial consiste pour un chevalier ou un
groupe de chevaliers à tenir une position face à des assaillants en surnombre. On pouvait ainsi assister à des confrontation à 1
contre 10, voir bien plus. Certaines parties auraient même mis aux prises un chevalier face à une centaine
d’assaillants !
- 1468. Le Roi de France Charles le Téméraire est contraint de menacer de mort les participants d’un tournoi
pour qu’ils cessent la partie donnée en l’honneur de son mariage… Les amateurs de tournois, activité ultra-violente qui cadre mal
avec l’air du temps, devront désormais se contenter des joutes.
- 1457. Première mention du golf en Ecosse. C’est un décret royal en interdisant la pratique… Le Roi
d’Angleterre James II renouvelle son interdiction du football (soule) mais cite également le golf comme « jeu
interdit ». James II précise que ces activités interfèrent avec la pratique du tir à l’arc…
- 1459. Première mention d’une salle de jeu de paume à
Londres.
- 1477. Le Roi d’Angleterre Edouard IV rappelle que la loi anglaise proscrit la pratique des « jeux
interdits » comme le football (soule) ou les dés, ajoutant que la pratique du tir à l’arc était pour toute personne robuste
un devoir national.
- 1478. Première mention du « criquet » (cricket) en France (Saint-Omer). C’était le nom donné au
baton (wicket) qui servait de but. Ce sport est très pratiqué en France jusqu’au XVIIIe siècle.
- 1485. Concile de Sens qui rappelle l’interdiction de la pratique du jeu de paume pour les religieux.
Chronologie du Sport

