Stefan Zweig
Stefan Zweig est un écrivain autrichien. Né à Vienne le 28
novembre 1881, il se suicida à Petropolis au Brésil le 22 février 1942 avec sa seconde femme.
Issu d'une famille de la bourgeoisie viennoise, il parcourut l'Europe au cours de nombreux voyages. Il se prit d'amitié avec
notamment Romain Rolland, Sigmund Freud (dont il rédigea l'oraison funèbre), Emile Verhaeren. Polyglotte accompli, il traduisit de nombreuses œuvres de Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Keats… Ce fut un nationaliste prussien lors de la Première Guerre mondiale (Jérémie 1916) qu'il transforma ensuite retroactivement en pacifisme. Il part en 1934 en Angleterre à cause des persécutions antisémites et aussi pour compléter sa biographie sur Marie Stuart. Il attira la colère des nazis lors de l'adaptation cinématographique
de l'un de ses ouvrage (brûlant secret 1938) et un autodafé de ses œuvres eut lieu
à Berlin. Il s'établit enfin au Brésil en 1941.
Son œuvre, particulièrement éclectique, comporte quelques recueils de poésies, quelques pièces de théâtre (Thersite
1907, Volpone 1927…). Il est surtout connu
pour ses nouvelles (Amok 1922, la confusion des sentiments 1926, vingt-quatre heures de la vie d'une femme 1934), histoires de passion intense pouvant aller parfois jusqu'au morbide ou à la folie. Son œuvre phare, le joueur d'échecs, a été publiée à titre posthume. Il a écrit
de nombreuses biographies (Fouché, Marie Stuart...) d'une grande acuité psychologique et qui comporte une réflexion sur les problèmes de
son temps (Erasme 1935)
Œuvres
- Cordes d'argent - poèmes, 1901 (titre original: Silberne Saiten)
- L'Étoile au-dessus de la forêt, autour de 1903
- Les Prodiges de la vie, autour de 1903
- Dans la neige, autour de 1904
- L'Amour d'Érika Ewald, 1904
- La Marche, 1904
- La Croix
- Les Guirlandes précoces - poèmes, 1907
- Thersite - théâtre, 1907
- Émile Verhaeren : sa vie, son œuvre, 1910
- La Maison au bord de la mer - théâtre, 1911
- Jérémie - théâtre, 1916
- Amok ou Le Fou de Malaisie, 1922
- La Confusion des sentiments, 1926
- Lettre d'une inconnue, 1927
- La Ruelle au clair de lune, 1927
- Deux grands romanciers du XIXe siècle : Balzac, Dickens, 1927
- Volpone - théâtre, 1927
- Marceline Desbordes-Valmore : son œuvre, 1928
- Dostoïevski, 1928
- Tolstoï, 1928
- Romain Rolland: sa vie, son œuvre, 1929
- Vingt-Quatre Heures de la vie d'une femme, 1929
- L'Agneau du pauvre - théâtre, 1930
- Casanova, 1930
- Joseph Fouché, 1930
- Destruction d'un cœur, 1931
- La Gouvernante, 1931
- Le Jeu dangereux, 1931
- Souvenirs sur Émile Verhaeren, 1931
- Sigmund Freud , 1932
- La Guérison par l'esprit,1932, consagré à l'étude de la monomanie de Mary Baker Eddy
- Marie-Antoinette , 1933
- La Peur, 1935
- Érasme, Grandeur et décandence d'une idée, 1935
- Marie Stuart, 1936
- Le Chandelier enterré (Légende), 1937
- Le Combat avec le démon (Kleist, Hölderlin, Nietzsche), 1937
- Trois poètes de leur vie (Stendhal, Casanoa, Tolstoï), 1937
- Brûlant Secret, 1938
- Magellan, 1938
- La Pitié
dangereuse, 1939
- Essai sur Tolstoï, 1940?
- Amerigo, Récit d'une erreur historique, 1941 (titre original: Amerigo, Die
Geschichte eines historischen Irrtum)
- Le Brésil, Terre d'avenir, 1942
- Le Joueur d'échecs, 1943
- Le monde d'hier, Souvenirs d'un Européen - autobiographie, 1948
- Histoire d'une déchéance
- Le Comédien métamorphosé
- La Femme et le Paysage
- La Nuit fantastique
- La Légende de la troisième colombe
- Au bord du lac Léman
- La Contrainte
- Un mariage à Lyon
- Ivresse de la métamorphose
- Clarissa
- Conte crépusculaire
- La Collection invisible
- Leporella
- Le Bouquiniste Mendel
- Révélation inattendue d'un métier
- Virate
- Rachel contre Dieu
- Les Deux Jumelles
Correspondances
Citations
- « Avoir peur, c'est mourir mille fois, c'est pire que la mort. », Clarissa
- « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. »,
Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
- « Dans toute action qu'on entreprend, il y a quelque chose qui finit, à la longue, par vous déformer. »,
Clarissa
- « Il est rare que la vérité rattrape le terrain perdu sur la légende. », Amerigo
- « Il ne sert à rien d'éprouver les plus beaux sentiments si l'on ne parvient pas à les communiquer. »,
Clarissa
- « Il y a certaines paroles qui ne sont d'une vérité profonde qu'une seule fois. », La confusion des
sentiments
- « L'histoire ne tolère aucun intrus, elle choisit elle-même ses héros et rejette sans pitié les êtres qu'elle n'a
pas élus, si grande soit la peine qu'ils se sont donnée. », Histoire d'une déchéance
- « La pause, elle aussi, fait partie de la musique. », La confusion des sentiments
- « La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant
comme un coin aigu en plein cerveau, n'arrive guère à les émouvoir. », Vingt-quatre heures de la vie d'une
femme
- « La raison et la politique suivent rarement le même chemin. », Marie Stuart
- « La vérité à demi ne vaut rien, il la faut toujours entière. », Vingt-quatre heures de la vie d'une
femme
- « Les idées n'ont pas véritablement de patrie sur terre, elles flottent dans l'air entre les peuples. »,
Correspondance
- « Les hommes sont surtout fascinés par ce qui est le plus éloigné d'eux. », Clarissa
- « Les monomaniaques de tout poil, les gens qui sont possédés par une seule idée m'ont toujours spécialement
intrigué, car plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l'infini. », Le joueur d'échecs
- « Les postes importants sont dangereux pour des hommes moyennement doués ; quand on doit se dépasser soi-même,
cela transforme le caractère. », Clarissa
- « Mais n'est-ce pas déjà l'insulter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ? », Le joueur
d'échecs
- « Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi
elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle. », Le joueur d'échecs
- « N'est-il pas diablement aisé de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un
Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé ? », Le joueur d'échecs
- « Pour pouvoir aider les autres, il faut avoir soi-même ce sentiment que les autres ont besoin de vous. »,
Amok
- « On peut se sacrifier pour ses propres idées, mais pas pour la folie des autres. », La
contrainte
- « On peut tout fuir, sauf sa conscience »
- « Presque toujours, la responsabilité confère à l'homme de la grandeur. », Fouché
- « Qu'est-ce qu'un serment ? Un mot, emporté par le vent. », Thersite
- « Que me sont des trésors, comparés à la lumière du soleil et à des heures vécues en plein
bonheur ? », Thersite
- « Seul l'individu introduit l'indépendance dans le monde, et toujours pour lui seul. »
- « Toute vie qui ne se voue pas à un but déterminé est une erreur. », la vie d'une femme
- « Vieillir n'est, au fond, pas autre chose que n'avoir plus peur de son passé. », Vingt-quatre heures
de la vie d'une femme
- « Vouloir jouer aux échecs contre soi-même est aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre. »,
Le joueur d'échecs
- Autres citations
Voir aussi

